Bonnet en têtes d’af­fiche

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Dossier - CH­RIS­TO­PHER ROUX

Char­lotte Bonnet n’est plus une no­vice. La chef de file de la na­ta­tion ni­çoise va vivre sa deuxième olym­piade à Rio. A Londres, il y a quatre ans et pour ses pre­mières lon­gueurs dans l’évé­ne­ment le plus­mé­dia­ti­que­de­la­pla­nète, l’Azu­réenne avait brillé grâce à une mé­daille de bronze gla­née sur le re­lais 4x200 m nage libre, aux cô­tés de Ca­mille Muf­fat, Co­ra­lie Bal­my et Ophé­lie Cy­rielle-Etienne. En in­di­vi­duel, la na­tive d’En­ghien-les-Bains n’avait en re­vanche guère sé­duit (20e des sé­ries sur 100 m nage libre avec un chro­no de 55’’12). L’heu­reé­tai­ta­lorsàl’ob­ser­va­tion, une prise de ren­dez­vous pour l’ave­nir. De­puis, la sprin­teuse a ma­tu­ré et af­fiche 21 ans au comp­teur. En août, elle se­ra en­core des courses par équipes et s’ali­gne­ra à nou­veau en so­lo. A son pro­gramme, le 200 m nage libre. Une course où elle ne­vi­se­ra­plu­su­ne­sim­ple­par­ti­ci­pa­tion mais une fi­nale et plus si af­fi­ni­té.

Londres , le dé­clic

Ac­tuel­le­ment en stage avec l’équipe de France à Por­to Alegre, la fi­gure de proue de la na­ta­tion tri­co­lore fé­mi­nine est dans sa bulle. De­puis la re­traite de Ca­mille Muf­fat en 2014, elle se sait at­ten­due et scru­tée. Une si­tua­tion qui rend ses échanges avec les mé­dias peu fré­quents. Plus que jouer avec les mots, Char­lotte en­tend domp­ter les se­condes pour grap­piller du temps sur les meilleures. Un go­tha mon­dial où la pro­té­gée de Fa­brice Pel­le­rin com­mence à poin­ter le bout de son nez. Le 21 mai der­nier, Bonnet a dé­cro­ché sa pre­mière mé­daille in­ter­na­tio­nale en in­di­vi­duel et en grand bas­sin au Cham­pion­nat d’Eu­rope de Londres. « Cette mé­daille est une source de mo­ti­va­tion sup­plé­men­taire pour les Jeux », confiait la na­geu­sea­prè­sun­mo­ment­char­nière de sa car­rière. Ce bronze ar­ra­ché der­rière les fu­sées ita­lienne Pel­le­gri­ni (re­cord­wo­man du monde) et hol­lan­daise Heem­skerk pour­rait ser­vir de dé­clic. La Tri­co­lore a, peut-être, pris conscience qu’elle pou­vait ti­tiller le haut du pa­nier. Avec un chro­no de 1’57’’01 lors des de­mi-fi­nales aux Mon­diaux de Ka­zan l’an der­nier, la Ni­çoise n’était pas par­ve­nue à se his­ser en fi­nale (8e temps en 1’56’’95). Un Top 8 pla­né­taire qu’elle au­rait at­teint en re­vanche cette an­née, en pre­nant en compte son temps réa­li­sé en fi­nale du cham­pion­nat conti­nen­tal (1’56’’51). La par­te­naire de chambre de Co­ra­lie Bal­my doit uti­li­ser les Jeux pour bâ­tir le socle d’une pré­sence du­rable dans la cour des grandes.

Sans pres­sion?

Si l’en­vie de goû­ter à un po­dium est très pré­sente dans son es­prit, Bonnet de­vra aus­si ac­com­pa­gner ses deux par­te­naires de club et « pe­tites soeurs », bi­zuths dans le bas­sin frap­pé des an­neaux : Cloé Hache et Ma­rie Wat­tel. Un rôle qu’elle prend à coeur. De son cô­té, Fa­brice Pel­le­rin n’a ja­mais sou­hai­té mettre de pres­sion sur sa na­geuse. Le boss de l’ONN cherche à dé­dra­ma­ti­ser l’évé­ne­ment aux yeux d’une ath­lète qui na­ge­ra aus­si en pen­sant à Ca­mille Muf­fat, son ex-par­te­naire dis­pa­rue en 2015. « Ce qui s’est pas­sé à Londres (le gain de neuf bre­loques, ndlr) était un mo­ment unique et hors-norme. Il ne se pro­duit pas, nor­ma­le­ment, dans la vie d’un club. Même si c’est le mi­ni­mum qu’on puisse sou­hai­ter à cette équipe (et donc à Char­lotte) , s’il n’y a pas de mé­dailles, ce ne se­ra pas une dé­cep­tion. Tant qu’il y a une évo­lu­tion et de très bons chro­nos. »

Au Bré­sil, la Ni­çoise ten­te­ra de sur­fer sur sa mé­daille de bronze dé­cro­chée le  mai der­nier au Cham­pion­nat d’Eu­rope à Londres. Sa pre­mière bre­loque in­ter­na­tio­nale gla­née en in­di­vi­duel en grand bas­sin.

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