Aa­ron: «Le suc­cès de Li­li nous est un peu tom­bé sur la gueule»

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Rencontre - ALEXANDRE CARINI aca­ri­ni@ni­ce­ma­tin.fr 1.Je­vais­bien,net’en­fais­pas,deP­hi­lip­peLio­ret,avec Kad Me­rad et Mé­la­nie Laurent

Si­mon Bu­ret, Oli­vier Cour­sier. La voix, les cla­viers. Frères de sons pour Aa­ron. Aux Nuits du Sud, comme deux lar­rons en phase. L’un ré­pond à une ques­tion, l’autre achève sa phrase. Duo à l’unis­son. Même si Si­mon, por­te­pa­role d’Aa­ron, est for­cé­ment plus vo­lu­bile. On les ta­quine sur une cer­taine res­sem­blance (taille haute, che­ve­lure à boucles, bagues, look) qui semble te­nir tant de la sym­biose ar­tis­tique que du mi­mé­tisme af­fec­tif. Si­mon ré­torque, un brin nar­quois : « Ah, notre fa­meuse res­sem­blance… Mais vous aus­si, vous por­tez un tee-shirt blanc ! » Plus sé­rieu­se­ment, Oli­vier pré­cise: «C’est sur­tout la cu­rio­si­té et la créa­ti­vi­té qui nous réunissent vrai­ment.» Tous deux sont pas­sés par une for­ma­tion d’art gra­phique. D’où leur uni­vers aus­si vi­suel que mu­si­cal. Avant d’être au­teur et chan­teur, Si­mon a d’abord fait l’ac­teur. Du stu­dio au mi­cro. Tou­jours utile pour oc­cu­per la scène. Avec des voyages et des er­rances, pour ins­pi­rer sa plume oni­rique. Is­su de la ban­lieue pa­ri­sienne où il a ap­pris à « rendre plus belles des choses dures», Oli­vier a d’abord bai­gné dans la cul­ture « graff » du skate. Avant d’être le gui­ta­riste hard­core du groupe Mass Hys­te­ria. Si­mon et Oli­vier. L’image et le son. Le fond et l’ex­pres­sion. Aa­ron. Ja­nus aux deux vi­sages. Leur ren­contre est une nais­sance. Il au­ra suf­fi d’un titre en 2007, U-turn (Li­li), énorme tube mon­dial, pour que le groupe (Aa­ron : Ar­ti­fi­cial Ani­mals Ri­ding on Ne­ver land) ré­colte le suc­cès. À tel point que le réa­li­sa­teur Phi­lippe Lio­ret a chan­gé le pré­nom ini­tial de son hé­roïne, pour lui don­ner ce­lui de cette chan­son, que le duo a com­po­sée pour la B.O. de son film(1). « Aa­ron, ça nous est un peu tom­bé sur la gueule, se sou­vient Si­mon. Le di­manche, on n’était que tous les deux. Et le lun­di, notre chan­son de­ve­nait nu­mé­ro un dans le monde en­tier!» «Heu­reu­se­ment, l’al­bum [épo­nyme au groupe] était dé­jà prêt, nous n’avons pas été pri­son­niers d’un tube, ajoute Oli­vier. On avait dé­jà trou­vé notre iden­ti­té, un uni­vers mu­si­cal que nous avons confir­mé dans le deuxième al­bum (Birds in the Storm).» De­puis, ces deux-là vont bien, ne vous en faites pas. Leur troi­sième opus, We cut the night, signe tou­jours de belles mé­lo­dies voix­pia­no, que les ar­ran­ge­ments mé­ta­mor­phosent en bal­lades pop-elec­tro. Pla­nant. En­voû­tant. Et même dan­sant ! «On es­saie tou­jours de se re­nou­ve­ler, jus­ti­fie le bi­nôme. Ce cô­té dan­sant, on ne l’avait pas ex­ploi­té avant, mais on le res­sen­tait dé­jà en con­cert. Alors on a dé­ci­dé de faire bou­ger un peu les meubles!» We cut the night, sur la place du Grand-Jar­din à Vence. Une com­mu­nion avec Aa­ron... qui a fait tom­ber toutes les bar­rières. Mal­gré les contraintes sé­cu­ri­taires.

Avec sa pop-élec­tro mé­lan­co-mé­lo­dique entre ombre et lu­mière, Aa­ron a ra­vi les Nuits du Sud à Vence. Le duo avait dé­jà été pro­gram­mé… au Nice Jazz Fes­ti­val en  : « Au-de­là de l’hor­reur de ce qui s’est pas­sé à Nice, il est plus que ja­mais im­por­tant de se don­ner la main pour se re­lier, comme en con­cert. Le monde est aus­si bon que mau­vais, mais notre rôle d’ar­tiste, c’est d’être uto­pique. »

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