Dans la peau d’un skip­per

Lors du pas­sage du Tour de France à Hyères, j’ai pro­fi­té d’une ma­ti­née sans course of­fi­cielle pour me glis­ser sur un mul­ti­coque, le temps d’un sem­blant de course

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Sports - SÉ­BAS­TIEN GI­RARD

La lo­gique n’est pas mon fort. Je sa­vais pour­tant que j’al­lais pas­ser toute la ma­ti­née sur un ba­teau de course, le Na­tixis des Bre­tons du Yacht club de Saint-Lu­naire (Îlle-et-Vi­laine). Mais, pour faire bonne fi­gure, j’ai mis un jean. Grosse er­reur. Il ne faut pas avoir peur de se mouiller lorsque l’on prend place sur l’un de ces voi­liers. L’eau est proche et les vagues peuvent vous ré­ser­ver une mau­vaise sur­prise. Au­tant dire que mon jean n’a pas sup­por­té la ma­ti­née sur le ba­teau. Res­té dans mon coin, pour ne pas per­tur­ber le skip­per et ses équi­piers, j’ai pu ob­ser­ver la rou­tine d’un équi­page en pleine course. À chaque vi­rage, il faut s’ha­bi­tuer à être très près de l’eau ou as­sez loin. La dis­tance avec l’eau joue beau­coup sur la pro­pre­té des vê­te­ments. Ne con­nais­sant pas du tout les courses de voi­liers, ma sur­prise était grande lorsque j’ai vu l’un des trois hommes s’al­lon­ger sur l’une des coques du ba­teau. Pen­dant la course, j’ai com­pris la né­ces­si­té de faire ce­la. Il s’oc­cupe de dé­plier ou de re­plier les deux voiles à l’avant.

La dé­tente après le pe­tit ef­fort

Sans for­cer, les équi­pages ont ef­fec­tué un pe­tit tour du bas­sin hyé­rois. Pour cette épreuve ne comp­tant pas pour le clas­se­ment gé­né­ral, l’ob­jec­tif était d’évi­ter les col­li­sions pour ne pas se mettre en dan­ger. Ce­la m’a tout de même per­mis d’ap­pré­cier le tra­vail que l’équi­page doit ef­fec­tuer à bord. Ré­gu­liè­re­ment, les trois hommes changent de po­si­tion sur le ba­teau. Pour suivre le sens du vent, l’ac­ti­vi­té monte d’un cran sur le mul­ti­coque. Les voiles doivent être dé­ployées le plus ra­pi­de­ment pos­sible pour ga­gner quelques se­condes sur les autres concur­rents. Après quelques miles, la course prend fin et l’heure du re­pas sonne pour les équi­pages qui, eux, ne ren­tre­ront pas à terre avant la fin d’après-mi­di. Le temps de la dé­tente est donc ve­nu pour les équi­pages. Al­lon­gés à l’ombre de la voile, pour évi­ter de griller sous le so­leil de plomb, ils laissent les ba­teaux dé­ri­ver tran­quille­ment, en fai­sant at­ten­tion à une éven­tuelle col­li­sion. Sur une eau calme, l’am­biance est à la ri­go­lade.

Une rou­tine im­pres­sion­nante

Pour mettre à l’eau un mul­ti­coque, une bonne or­ga­ni­sa­tion est pri­mor­diale. L’équipe doit sou­le­ver le ba­teau pen­dant qu’une per­sonne vient glis­ser une re­morque de mise à l’eau sous le pré­cieux Diam 24. À cô­té de l’équi­page de Na­tixis ,le Team Lo­ri­na Mo­ji­to Golfe du Mor­bi­han, vic­to­rieux du Tour en ama­teur, a lais­sé tom­ber son ba­teau. L’équipe s’est agi­tée pour ve­nir voir les dé­gâts, fi­na­le­ment mi­nimes. Une mésa­ven­ture qui ne les a pas em­pê­chés de bien fi­gu­rer. Pour le re­tour sur le sable, la ma­noeuvre est la même. Com­mence en­suite le net­toyage mi­nu­tieux du ba­teau pour en­le­ver le sable et le sel ac­cu­mu­lé du­rant la jour­née. Les équi­pages, eux, lavent leurs vi­sages grillés par le so­leil et pleins de crème so­laire.

L’équi­page de Na­tixis s’or­ga­nise pour his­ser les voiles.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.