Au­teur de «Les va­cances, c’est un peu la per­mis­sion du sol­dat»

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Le Dossier Du Dimanche - Jean Viard, so­cio­logue

Quel sens don­ner au « chas­sé-croi­sé » ? Bonne ques­tion ! Le coeur des va­cances, c’est août. Il y a ceux qui partent face à ceux qui ar­rivent… Et qui ne sont pas tout à fait les mêmes.

Les va­cances, c’est un ré­gu­la­teur so­cial ? Ce­la tra­duit en tout cas des grandes rup­tures. Et dans nos so­cié­tés, ce­la se joue au­tour du temps libre. C’est le coeur de l’af­fec­tion, le moment où l’on va se concen­trer à nos sen­ti­ments, au couple, aux en­fants beau­coup, aux amis.

Pour­quoi parle-t-on de « réus­sir ses va­cances » ? Parce que c’est un ri­tuel de pas­sage. Sauf qu’il est an­nuel… C’est le moment où les va­cances pri­vées prennent le pas sur les va­cances so­ciales : on coupe la té­lé, on n’écoute plus la ra­dio et s’il y a un at­ten­tat on le sau­ra… de plus loin. En va­cances, je me re­plie sur mon af­fec­tion pour me pré­pa­rer à l’an­née sui­vante. C’est un peu comme la per­mis­sion du sol­dat.

Dans le contexte ac­tuel, ce­la doit être plus pré­gnant en­core ? Le taux de dé­part en va­cances va être très fort, car les gens en ef­fet, en ont be­soin. Et ce même si, en cette pé­riode de crise, on va pri­vi­lé­gier les va­cances dans la fa­mille, faute d’un im­por­tant bud­get. Si on ne peut pas par­tir, alors on va chan­ger son mode de vie, on va avoir des pra­tiques de va­cances chez soi. On va ren­trer cultu­rel­le­ment dans les va­cances. Et c’est une per­mis­sion face à la guerre. On est en guerre, une guerre d’un nou­veau mo­dèle… Et ce n’est pas hon­teux de faire la fête, pour re­trou­ver de la force : face à la souf­france, il faut re­prendre de la force, parce qu’on sait bien que l’an­née pro­chaine se­ra dif­fi­cile.

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