«Les ur­gen­tistes savent s’adap­ter à la si­tua­tion»

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Le Dossier Du Dimanche - Le centre hos­pi­ta­lier in­ter­com­mu­nal Tou­lon La Seyne, c’est 4 000 sa­la­riés, 400 mé­de­cins, trois­sites(LaSeyne,Sainte-Mus­seàTou­lo­net Cle­men­ceauàLaGarde),ain­si­que­la­di­rec­tion de l’hô­pi­tal d’Hyères. Les urgences en chiffres : 10 000 pas­sages en­vi­ron à La Seyne,

Comment le centre hos­pi­ta­lier gère-t-il un week-end clas­sé noir sur les routes du dé­par­te­ment? Il n’y a pas de di­men­sion­ne­ment par­ti­cu­lier des ser­vices de l’hô­pi­tal pour ce type d’évé­ne­ments, mais nous sommes en si­tua­tion de “mon­tée en charge ” si be­soin. L’été est une pé­riode pa­ra­doxale chez nous, puisque nous avons des per­son­nels en congé et en même temps une ac­ti­vi­té en hausse en pré-hos­pi­ta­lier (SAMU, Smur) et aux urgences. Nous avons des pics de fré­quen­ta­tion as­sez im­por­tants: de  à  pas­sages par jour aux urgences par exemple !

Avec un nombre de va­can­ciers plus im­por­tant en août, re­voyez-vous vos ef­fec­tifs à la hausse ? Il n’y a pas de va­ria­tion de notre ac­ti­vi­té entre juillet et août. En re­vanche, nous pré­pa­rons tout par­ti­cu­liè­re­ment des évé­ne­ments gé­né­ra­teurs de sur­ac­ti­vi­té.

C’est-à-dire ? Lors­qu’il s’agit de ma­ni­fes­ta­tions par­ti­cu­lières, comme l’Ame­ri­ca’s Cup à la ren­trée, à Tou­lon.

Exemple aus­si avec les feux d’ar­ti­fice du  août? Vu le contexte, peut-être qu’il y au­ra une or­ga­ni­sa­tion spé­ci­fique, ce qui n’était pas pré­vu, et ne nous a pas en­core été de­man­dé… Lorsque l’on a des concen­tra­tions de po­pu­la­tion fortes, avec un risque par­ti­cu­lier ef­fec­ti­ve­ment, nous sommes plus vi­gi­lants.

Ce­la se tra­duit comment? Par un dis­po­si­tif par­ti­cu­lier avec le Smur no­tam­ment, et on peut être ame­né à ren­for­cer nos ser­vices d’ur­gence. C’est ce que nous avions pré­vu le soir de la fi­nale du RCT à Pa­ris… Dans ce cadre-là, on ren­force d’une équipe Smur et nos urgences.

L’at­ten­tat de Nice a-t-il des consé­quences sur vos or­ga­ni­sa­tions? Ça monte en charge de­puis les pre­miers at­ten­tats de Pa­ris. Nos or­ga­ni­sa­tions se sont ren­for­cées, nous ap­pre­nons à nous pré­pa­rer à ce type d’évé­ne­ments. Lors d’un week-end comme ce­lui-ci, le gros risque, c’est le sur­ac­ci­dent? Sur un week-end de chas­sé­croi­sé, on est ef­fec­ti­ve­ment pré­pa­ré à faire ren­trer des ren­forts par­ti­cu­liers. On tra­vaille éga­le­ment avec l’hô­pi­tal mi­li­taire Sain­teAnne sur la prise en charge des trau­ma­ti­sés sé­vères. On est ha­bi­tué à gé­rer les gros ac­ci­dents, et sans ren­for­cer nos moyens, nous sommes en ca­pa­ci­té de prendre en charge un nombre im­por­tant de vic­times. Nous sommes aus­si en ca­pa­ci­té de faire ren­trer du monde, d’ou­vrir des lits, etc. L’ADN hos­pi­ta­lier est en per­ma­nence prêt à ac­cueillir un nombre “anor­mal” de vic­times…

Il y a tout de même des li­mites à la prise en charge? Bien sûr. Mais en cas de crise im­por­tante, le dé­par­te­ment ne fonc­tionne ja­mais seul. La zone sa­ni­taire est cal­quée sur la zone de dé­fense. Plus la crise est im­por­tante, plus on mo­bi­lise, de l’éche­lon lo­cal à l’éche­lon ré­gio­nal, voire na­tio­nal. Les hos­pi­ta­liers savent s’adap­ter et s’or­ga­ni­ser. Le mé­tier d’ur­gen­tiste, c’est aus­si de s’adap­ter à la si­tua­tion !

Vous faites face à quelles dif­fi­cul­tés au quo­ti­dien? Les urgences l’été ac­cueillent des va­can­ciers qui, faute de connaître un mé­de­cin sur leur lieu de va­cances, viennent consul­ter aux urgences pour par­fois “de la bo­bo­lo­gie”, qui au­rait pu être trai­tée par la mé­de­cine de ville.

Salle de té­lé­opé­ra­tion, lo­caux de Vin­ci-au­to­routes au péage du Ca­pi­tou, à Fré­jus6 : on sait que l’on vit le plus gros week-end de la sai­son. « Les moyens hu­mains ont été or­ga­ni­sés en ce sens », pré­cise Olivier Can­de­lier, chef du dis­trict Var-Es­te­rel. De­puis ven­dre­di et jus­qu’à ce soir 20 heures, pas moins de cin­quante per­sonnes sont mo­bi­li­sées, aux­quelles s’ajoutent les per­son­nels d’as­treinte et les pa­trouilles, « soit en­vi­ron une per­sonne par ki­lo­mètre de bi­tume », ajoute le chef de dis­trict. Là où d’or­di­naire, l’as­phalte en­glou­tit quelque 30 000 vé­hi­cules/jour il est au­jourd’hui ques­tion de 80 000 voi­tures at­ten­dues aux péages du Can­net-des-Maures… L’or­ga­ni­sa­tion de Vin­ci-au­to­routes est par­ti­cu­liè­re­ment bien rô­dée pour ré­pondre à tous les aléas aux­quels pour­raient être confron­tés les usa­gers. « On double nos per­son­nels en per­ma­nence l’été, y com­pris les mer­cre­dis et les lun­dis », pour­suit Olivier Can­de­lier de­puis la salle de té­lé­opé­ra­tion de Fré­jus. C’est ici en ef­fet, que l’en­semble des postes de péage est pla­cé sous sur­veillance. En règle gé­né­rale, deux in­ter­lo­cu­teurs sont pré­sents pour ré­pondre aux au­to­mo­bi­listes en dif­fi­cul­té à la bar­rière : ils sont quatre ce wee­kend, au plus gros du tra­fic. Le ser­vice lui, fonc­tionne 24 h sur 24. « Ici, pré­cise Gé­rard Le Druillen­nec, as­sis­tant péage, il s’agit de ré­gler les pro­blèmes de lec­tures de carte ban­caire en prio­ri­té, de mon­naie etc. De dif­fi­cul­té de com­pré­hen­sion… » Cha­cun des té­lé­opé­ra­teurs dis­pose, sur son écran, de phrases types tra­duites en dif­fé­rentes langues, pour en­ga­ger au plus vite le dia­logue et… ras­su­rer ! Car au péage, le stress monte vite d’un cran. L’an der­nier sur la même pé­riode, plus de 12 500 ap­pels ont été en­re­gis­trés. Temps de dé­cro­chage : 17 se­condes. Ré­so­lu­tion du pro­blème : moins d’une mi­nute. Alors que les té­lé­opé­ra­teurs en­chaînent les ap­pels, Cé­line est ri­vée à ses écrans de con­trôles. Les lo­caux du Ca­pi­tou abritent éga­le­ment le ser­vice de té­lé-ex­ploi­ta­tion. Sur un mur d’écrans, ar­rivent les images de toutes les ca­mé­ras ins­tal­lées sur les gares de péage du dis­trict, de­puis Bri­gnoles pour l’A8, Pu­get-Ville sur l’A57, jus­qu’aux Adrets de l’Es­te­rel à l’est. Pen­dant huit heures, la jeune femme scrute le moindre in­ci­dent. Une voie qui se ferme, une bar­rière qui ne se lève pas, une voi­ture qui ne re­dé­marre pas… Cé­line trans­met l’in­for­ma­tion. A une équipe en mis­sion ter­rain ou, si la panne est plus im­por­tante, à la main­te­nance qu’elle sol­li­cite. «On ne fait pas que scru­ter un mur d’images, L’été, on double nos per­son­nels en per­ma­nence ” on est aus­si ac­teur », confirme la jeune femme.

Sur les aires d’au­to­route, la pro­pre­té des sa­ni­taires est une prio­ri­té

De l’autre cô­té du mi­roir au­to­rou­tier, di­rec­tion une aire de re­pos, à la ren­contre des agents en prise di­recte avec les hu­meurs des au­to­mo­bi­listes sur la route des va­can-

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