« En 37 ans, j’ai chan­gé trois fois de mé­thode »

Ber­nard Cou­lomb, Pré­sident de la cave co­opé­ra­tive des vi­gne­rons du Plan-de-la-Tour

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - L’info Du Jour -

Membre d’un grou­pe­ment de vi­ti­cul­teurs qui fait fi­gure d’exemple dans le Var et qui a pour vo­ca­tion de créer une sy­ner­gie entre les co­opé­ra­teurs du Plan-de-la-Tour, Ber­nard Cou­lomb dé­fend une agri­cul­ture plus saine.

Clai­re­ment, que si­gni­fie être en­ga­gé dans l’agroé­co­lo­gie ? Pour moi, c’est une évo­lu­tion de tech­niques. Au dé­but, je la­bou­rais tout. En­suite je suis pas­sé au désher­bage to­tal. Et au­jourd’hui je suis dans cette lo­gique qui consiste à dé­ve­lop­per l’en­her­be­ment des vignes (lire par ailleurs), ré­duire l’uti­li­sa­tion des pro­duits phy­to­sa­ni­taires, res­pec­ter la struc­ture des sols et fa­vo­ri­ser les ap­ports de com­post qui aident à lut­ter contre l’éro­sion. En  ans de vigne j’ai donc chan­gé trois fois de mé­thode !

Quel est l’ob­jec­tif de votre grou­pe­ment ? Pour mé­moire, il a été ini­tié par le maire du Plan-de-la-Tour, Flo­rence Lan­liard (elle-même vi­ti­cul­trice, Ndlr). La fi­na­li­té se­ra de ré­di­ger une charte com­mune pour les co­opé­ra­teurs. Elle ne de­vrait pas voir le jour avant trois ans car pour être cré­dible et dé­mon­trer ce que nous avan­çons, il faut faire de nom­breux es­sais. C’est à ce prix que nous convain­crons nos co­opé­ra­teurs et au-de­là, nous l’es­pé­rons, les vi­ti­cul­teurs du Var.

Ci­tez-nous un exemple concret d’es­sai en cours ? Ce jeu­di, je dé­bute le se­mage de trèfle sou­ter­rain sur mes par­celles. L’avan­tage c’est qu’il n’y a pas be­soin de le cou­per, car il ta­pisse le sol. Autre avan­tage, il sèche au mois de juin donc il ne consomme pas d’eau, celle-ci pro­fi­tant uni­que­ment à la vigne.

Comment fi­nan­cez-vous vos re­cherches ? Nous sommes af­fi­liés au GIEE du Var (Grou­pe­ment d’in­té­rêt en­vi­ron­ne­men­tal et éco­no­mique). Il nous per­met d’avoir des aides pour me­ner à bien nos es­sais - les graines pour l’en­her­be­ment des vignes en font par­tie - ou ache­ter du ma­té­riel pour culti­ver plus propre. Al­lons en­core plus loin, croyez-vous en la bio­dy­na­mie ? Oui mais c’est quelque chose de très com­plexe. Il faut être un peu scien­ti­fique pour l’ap­pli­quer (sou­rire). On tra­vaille avec la lune, des pré­pa­ra­tions à base de plantes, que du na­tu­rel, les grains sont qua­si­ment triés un par un... Une tech­nique très mi­nu­tieuse et qui pour l’ins­tant ne peut donc s’ap­pli­quer qu’à de très pe­tites ex­ploi­ta­tions.

(Pho­to Ph. Ar­nas­san)

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