« Tou­lon, c’est ja­mais fa­cile »

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Sports - PAUL MASSABO

La Ro­chelle, après avoir été lea­der du Top 14, se re­trouve, suite à sa dé­faite contre le Stade Fran­çais (31-26), à la deuxième place du cham­pion­nat. Un clas­se­ment qui n’est en rien dû au ha­sard, tant les Ro­che­lais offrent un rug­by sé­dui­sant et ef­fi­cace de­puis la re­prise de la sai­son. Mais Pa­trice Col­la­zo, le ma­na­ger qui mène ses hommes de­puis leur re­mon­tée au sein de l’élite avec passion et ap­pli­ca­tion, ne veut pas en­tendre par­ler de la beau­té de son rug­by pro­po­sé. «Un rug­by sé­dui­sant, je ne sais pas ce que c’est. D’ailleurs, notre es­thé­tique en a pris un coup dans la gueule, la se­maine der­nière, à Pa­ris (dé­faite 31-26). Pour moi, le rug­by, c’est avan­cer, ga­gner des mètres et mettre de la vi­tesse. Mais ça com­mence d’abord par la pre­mière col­li­sion. Dans ce Top 14, il y a de la place pour toutes les formes de jeu. Mais en pre­mier lieu, il faut po­ser les bases, en sa­chant que ça passe avant tout par le com­bat et l’en­ga­ge­ment phy­sique. Et là, on doit vrai­ment s’at­tendre à un match en­ga­gé. » L’an­cien joueur de Tou­lon regrette les manques de lec­ture du jeu et d’adap­ta­tion en fonc­tion du scé­na­rio de la rencontre, à l’image de la se­maine der­nière au stade Jean-Bouin. On sait ce qui n’a pas fonc­tion­né contre les hommes de Que­sa­da. Et d’ex­pli­quer : « Ce­la pour­rait être pire contre Tou­lon si on n’avait pas dé­brie­fé. Il nous ap­par­tient de se ré­adap­ter. Après, mal­gré notre dé­chet, il ne faut pas tout je­ter. On a réus­si à mettre deux fois qua­rante points à la mai­son et à bien faire les choses contre Gre­noble, Brive et Castres.»

Ne pas re­gar­der dans le ré­tro

Col­la­zo n’est pas le type d’en­traî­neur à ti­rer des plans sur la co­mète. Il pré­fère gar­der les pieds sur terre plu­tôt qu’écou­ter les uns et les autres in­ter­pré­ter, ana­ly­ser des si­tua­tions à sa place et à celle du staff. Il n’est pas du genre à re­gar­der dans le ré­tro. «Si­non, les huit mois à ve­nir pour­raient pa­raître longs. Nous, on es­saie avant tout de se re­gar­der». Il ne se berce donc pas d’illu­sions sur les in­ten­tions de Tou­lon­nais qui font tour­ner pour l’oc­ca­sion leur ef­fec­tif. « Ils se­ront tous là, lâche le tech­ni­cien ro­che­lais, fai­sant ré­fé­rence au ca­pi­taine Ver­meu­len. Tous vou­dront dé­cro­cher une place contre les Sa­ra­cens. Cette for­ma­tion va­roise est la meilleure de la der­nière dé­cen­nie. Elle compte trois titres de cham­pion d’Eu­rope, sans ou­blier la mul­ti­tude de fi­nales dis­pu­tées par leurs joueurs très ex­pé­ri­men­tés, à l’in­verse de nous. Af­fron­ter Tou­lon est tou­jours une rencontre par­ti­cu­lière. Le RCT se met en confi­gu­ra­tion coupe d’Eu­rope. Les Tou­lon­nais pré­sents sur la pe­louse de Mar­cel-De­flandre fe­ront preuve en­core plus d’en­vie que ceux res­tés à la mai­son. On sait que contre eux, être bon ou très bon ne suf­fit pas. On de­vra être très, très bon de la pre­mière à la 80e mi­nute. On l’a vu par le pas­sé. Battre Tou­lon n’est ja­mais fa­cile.»

(Photo Do­mi­nique Le­riche)

Les ma­na­gers des deux for­ma­tions, Die­go Do­min­guez et Pa­trice Col­la­zo, ici en pleine dis­cus­sion, ont joué en­semble sous les cou­leurs du Stade Fran­çais par le pas­sé. Ils se re­trouvent ce soir face à face.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.