Quand nos mai­sons parlent de nous

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Le Dossier Du Dimanche -

Dis-moi comment et où tu vis, et je te di­rai comment te meu­bler. C’est, en sub­stance, l’ob­jec­tif que s’est fixé, chaque an­née, Ikea au tra­vers de son « Life

at Home Re­port » (1). Une en­quête me­née sur un pa­nel de plu­sieurs mil­liers de per­sonnes dans les plus grandes mé­tro­poles mon­diales : Ber­lin, Londres, Mos­cou, Mum­bai, New York, Pa­ris, Shan­ghai, Stock­holm, Syd­ney, To­ron­to, Zü­rich et Ma­drid. C’est la troi­sième édi­tion cette an­née, après celle sur les études com­por­te­men­tales au le­ver, puis une autre sur les rap­ports hu­mains et la nour­ri­ture au­tour de la cui­sine. Cette fois le « Life at

Home » s’est pen­ché ce qui dé­fi­nit un chez-soi. Au ques­tion­naire sou­mis aux vo­lon­taires, Ikea a ad­di­tion­né ses en­quêtes sur l’habitat de proxi­mi­té que le géant sué­dois pré­pare lors d’une nou­velle im­plan­ta­tion géo­gra­phique. Ce se­ra donc le cas, dans les mois à ve­nir, pour Nice et ses en­vi­rons. « Life at Home » fait aus­si ap­pel à des ex­perts en so­cio­lo­gie, psy­cho­lo­gie, art, neu­ros­ciences et de­si­gn. De toutes ces don­nées, mixées, en­tre­croi­sées, est is­su le do­cu­ment de tra­vail sur le­quel planchent dé­sor­mais les di­ri­geants, les de­si­gners, les in­gé­nieurs d’Alm­hult. Afin de dé­fi­nir les be­soins fu­turs des clients de la marque. Mais pas seule­ment. « Life at

Home » am­bi­tionne aus­si de dres­ser le por­trait-ro­bot de nos so­cié­tés à par­tir de nos ha­bi­tats et modes de vie. Et qui mieux qu’une boîte qui, de­puis près de 70 ans, est pré­sente dans pra­ti­que­ment tous les in­té­rieurs, pion­nier du de­si­gn dé­mo­cra­tique et com­pa­gnon n°1 du pre­mier dé­mé­na­ge­ment, pour nous en dire plus, sur la fa­çon dont nous évo­luons chez nous ? Et donc en so­cié­té. Al­lant jus­qu’à faire d’éton­nantes ré­vé­la­tions… Qu’est-ce qui dé­fi­nit un chez-soi? Se­lon le rap­port, quatre choses. L’es­pace sen­so­riel ; les choses que l’on pos­sède ; les re­la­tions que l’on y en­tre­tient et le contexte en­vi­ron­ne­men­tal. Dans les grandes lignes, l’étude ré­vèle par exemple que pour 48% des gens, le do­mi­cile est le lieu où l’on en­tre­tient le plus de re­la­tions. Qu’elles soient réelles ou vir­tuelles via les ré­seaux so­ciaux. C’est d’ailleurs sur cet as­pect des choses que le rap­port se montre le plus per­ti­nent. Car il res­sort, que si cet es­pace de rap­ports hu­mains est si im­por­tant, il est, de fa­çon pro­por­tion­nel­le­ment in­verse, en voie de di­mi­nu­tion ; en rai­son du manque d’es­pace jus­te­ment, mais aus­si de la ra­re­té des biens et de leurs coûts. Dans le même temps, ce qui n’ar­range rien, le modèle du noyau fa­mi­lial est de moins en moins vrai. De plus en plus de gens vivent seuls. Ce qui amène à re­dé­fi­nir le cadre de vie pu­blic-pri­vé qu’im­plique une co­ha­bi­ta­tion, par exemple.

Une vie connec­tée

Comme les ré­seaux so­ciaux, de plus en plus pré­sents dans nos vies connec­tées, qui mo­di­fient la no­tion de so­li­tude : « On peut être seul phy­si­que­ment mais avoir une vie vir­tuelle in­tense.» Et des amis que l’on in­vite à pé­né­trer la sphère pri­vée plus sou­vent qu’on ne le pense. No­tam­ment lorsque l’on «par­tage» des pho­tos de plats cui­si­nés. Il y a même des gens, en Asie pour beau­coup, qui mangent connec­tés. Ce qui ex­plique pour­quoi 49% des son­dés de Shan­ghai pensent qu’il vaut mieux pri­vi­lé­gier une bonne connexion In­ter­net à un vaste es­pace de vie. Ces nou­velles tech­no­lo­gies qui ont éga­le­ment mo­di­fié une idée re­çue : celle qui vou­drait que la té­lé­vi­sion soit l’ob­jet qui ras­semble la fa­mille sur le so­fa. Comme la ra­dio et la che­mi­née au­tre­fois. C’est fi­ni. Cha­cun fait sa vie dans son coin, sur son té­lé­phone ou sa ta­blette. Et ce­la im­pacte au­tant la vie so­ciale que l’amé­na­ge­ment mo­bi­lier. Les ob­jets qui nous en­tourent sont éga­le­ment au coeur de l’en­quête. Puisque seule­ment 22 % des per­sonnes in­ter­ro­gées es­timent qu’ils ont une uti­li­té. Ce qui si­gni­fie pour toutes les autres qu’ils oc­cupent une place sur­tout émo­tion­nelle: en étant liés à des sou­ve­nirs, ou des voyages. Et qui per­mettent, pour 55%, de les dé­fi­nir. 1. « La vie chez soi », étude réa­li­sée au­près de plus de 1 000 per­sonnes son­dées par ville, plus de 12 000 en tout, âgées de 18 à 80 ans.

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