En tan­dem, c’est le Roc av­ven­tu­ra!

Sé­bas­tien Roux et Jo­seph De Poor­tere ont lar­ge­ment rem­por­té pour la deuxième fois consé­cu­tive, l’épreuve va­roise des duos. Une dis­ci­pline exi­geante qui offre aus­si de belles tranches de vie

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Sports - PIERRE-MI­CKAËL AYI

Ils ont rou­lé plein pot. Mal­gré les nom­breuses courses si­mul­ta­nées, les tan­dems sont bien ar­ri­vés à l’heure des pré­vi­sions horaires, hier ma­tin sur la base na­ture de Fré­jus. Un nuage de fu­mée ar­gi­leuse a d’ailleurs ac­com­pa­gné les traces de l’avion de chasse for­mé par Sé­bas­tien Roux et Éme­lien-Jo­seph De Poor­tere, zig­za­guant avec dex­té­ri­té entre les bar­rières de sé­cu­ri­té. Mal­gré sa mi­nute d’avance, le pre­mier équi­page du jour a fi­lé ventre à terre vers le fi­nish. «C’est le tan­dem, une dis­ci­pline très exi­geante où ce n’est ja­mais ga­gné d’avance, ob­ser­vait Roux, ha­ras­sé. On peut pla­cer la roue avant où on veut mais la roue ar­rière peut sau­ter sur un bout de verre et là, c’est fi­ni. On ne maî­trise rien… Il faut tou­jours rou­ler fort, même à l’en­traî­ne­ment, si­non tu n’avances pas. »

« Comme dans un rêve »

Dé­jà vain­queurs l’an der­nier, les amis­de­dixans-« on s’était ren­con­trés à Gre­noble » - ont gar­dé la tête dans le gui­don dès la mon­tée du Car-Brû­lé, pour ne plus se re­le­ver. « C’est là qu’on a construit la vic­toire, plus ser­rée que celle de l’an der­nier, ana­ly­sait De Poor­tere aux anges. On ne s’est ja­mais re­tour­né en­suite, mal­gré quelques crampes sur la fin de par­cours.» « Bra­vo, vous nous avez fait très mal sur la bosse », lui lan­çait Syl­vain Ma­ru­laz, dau­phin très fair­play. «On a sur­tout le meilleur vé­lo, c’est avec lui qu’on a ga­gné le Roc des Alpes (à La Clu­saz en juin der­nier, Ndlr) », ré­tor­quait le jeune lau­réat avec mo­des­tie. Conscient et ra­vi d’être em­bar­qué dans cette folle aven­ture… « C’est comme dans un rêve, on était cuits, mais on n’a pas cra­qué sur ce cir­cuit dur, phy­sique, et tech­nique (42 km, +750 m de dé­ni­ve­lé). » Voi­là Roux qui en­chaîne. « Il fal­lait gar­der les yeux ou­verts, au fi­nal on a fait une seule er­reur qui nous a for­cés à po­ser pied à terre, mais c’est pas­sé par­tout. C’est un sou­la­ge­ment car le tan­dem, c’est l’aven­ture.» La dernière ligne droite a d’ailleurs of­fert un ul­time re­bon­dis­se­ment à la 3e place, où le duo Lon­champtSou­vray a dou­blé sur le fil deux tan­dems au sprint. À voir les mines creu­sées, la course d’usure - la plus im­por­tante d’Eu­rope de la dis­ci­pline - bat­tait son plein. « C’est

La course de l’hu­mi­li­té

La course de l’hu­mi­li­té a même pris de la hau­teur à l’ar­ri­vée d’un équi­page at­tar­dé ac­com­pa­gnant un non-voyant. « Je fais corps avec le vé­lo, pas de faux ré­flexe avec moi, ob­ser­vait le cou­reur ama­teur pa­ri­sien. J’ai eu un pi­lote im­pec­cable, même si on a un peu traî­né dans les bosses (rires). Au dé­but, c’était com­pli­qué de rou­ler en han­di, au­jourd’hui j’ai cinq, six conduc­teurs per­ma­nents donc ça va. Le Roc, ça bouge, ça dé­rape, ça saute, c’est ex­cellent.» « Une course bo­nus comme ça, entre potes, à la fin de l’an­née, c’est su­per sym­pa, concluait De Poor­tere. Le Roc, c’est vrai­ment à part.»

(Pho­tos Phi­lippe Ar­nas­san)

Bra­vant ma­nia­bi­li­té et frei­nages ap­proxi­ma­tifs, les cou­reurs de tan­dems ont en­core dé­li­vré une course très ra­pide, em­prunte de beaux épisodes de so­li­da­ri­té.

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