As­sises : l’ar­chi­tecte meur­trier in­cri­mine des mé­di­ca­ments

Un ar­chi­tecte de re­nom avait tué sa femme d’un coup de cou­teau à la gorge en 2011 à SaintRa­phaël. Il a fait ap­pel d’une peine de 18 ans de ré­clu­sion. Il est ju­gé en ap­pel à Nice de­puis hier

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Var - CH­RIS­TOPHE PER­RIN chper­rin@ni­ce­ma­tin.fr

Il est ar­ri­vé au pa­lais de jus­tice de Nice en cos­tume-cra­vate, sa­coche en main, ano­nyme au mi­lieu de la foule des ju­rés et des ex­perts. Li­bé­ré au prin­temps der­nier mal­gré sa condam­na­tion en no­vembre 2014 à Dra­gui­gnan à dix-huit ans de ré­clu­sion pour le meurtre de sa femme, Ignace Gri­fo, ar­chi­tecte de re­nom de la ré­gion pa­ri­sienne, au­réo­lé du pres­ti­gieux prix de Rome, s’est ins­tal­lé à cô­té de ses avo­cats (Mes Sous­si, Lauze et Pa­ra­vi­ci­ni) de­vant le box des ac­cu­sés prêt à être ju­gé une se­conde fois.

«C’était ma lu­mière »

Aux pre­mières ques­tions du Benoît De­lau­nay, le pré­sident de la cour d’as­sises d’ap­pel des Alpes-Ma­ri­times, l’ac­cu­sé, sil­houette mas­sive, lu­nettes épaisses, l’af­firme haut et fort: « Ca­the­rine, c’était ma lu­mière. c’était vrai­ment la femme de ma vie.» Sa voix s’étouffe en en san­glots vite ré­pri­més. Ca­the­rine, 53 ans, lui avait in­di­qué de­puis quelques se­maines sa vo­lon­té de le quit­ter. Le couple était en va­cances dans sa villa du bou­le­vard Notre-Dame à Saint-Ra­phaël. Il ve­nait de dî­ner au res­tau­rant avec ses deux filles (de 12 et 18 ans) et une amie de la fa­mille, mar­raine de l’aî­née. De nou­velles dis­putes, vio­lentes, ont émaillé la soi­rée du 14 août 2011 jus­qu’à ces deux coups de cut­ter por­tés au cou de la vic­time dans le huis clos de la chambre conjugale. Le lé­giste est for­mel : « La ca­ro­tide a été tran­chée ce qui a désa­mor­cé la pompe car­diaque.» Ignace Gri­fo dit ne plus avoir de sou­ve­nir pré­cis des cir­cons­tances du drame. Il a été re­trou­vé par les se­cours in­cons­cient dans la salle à man­ger après une ten­ta­tive de sui­cide.« Moi, j’al­lais de plus en plus mal, je me met­tais à fu­mer, J’ai dé­mis­sion­né de ma mis­sion d’ar­chi­tecte con­seil de l’Etat. J’avais du dia­bète, des pro­blèmes de som­meil Je pre­nais entre 13 et 14 mé­di­ca­ments par jour.»

Ver­dict jeu­di

Sur le banc de la par­tie ci­vile (Mes Bon­ne­vialle-Hal­ler et Co­lom­ba­ni), San­dra, sa fille aî­née, lève les yeux au ciel. L’avocat gé­né­ral So­lange Le­gras, in­ter­vient aus­si­tôt: « Pre­niez-vous des mé­di­ca­ments dans les an­nées 80?» «Non », ré­pond l’ar­chi­tecte. « Comment ex­pli­quez-vous ces scènes de violences contre deux de vos pré­cé­dentes com­pagnes ? » «Je suis res­té vingt-deux ans avec Ca­the­rine, il n’y avait pas de vio­lence dans notre foyer. » « On y re­vien­dra...» pré­vient l’ac­cu­sa­tion, d’un air en­ten­du. Les avo­cats de la dé­fense ont pro­duit dès l’ou­ver­ture des dé­bats une ex­per­tise sur les ef­fets du Stil­nox, un mé­di­ca­ment qu’avait ava­lé l’ac­cu­sé la nuit pré­cé­dant le drame. L’ac­cu­sé dit avoir fait ap­pel pour que la cour et les ju­rés s’at­tardent da­van­tage sur son état de santé au mo­ment du crime. Le pro­cès se pour­suit au­jourd’hui avec l’au­di­tion des ex-com­pagnes de l’ac­cu­sé. Le ver­dict est at­ten­du jeu­di.

(Pho­to DR)

Ignace Gri­fo, condam­né à  ans de ré­clu­sion pour le meurtre de sa femme, est ju­gé en ap­pel cette se­maine à Nice.

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