Bonne sur­prise

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - France - Par DE­NIS JEAMBAR

La classe po­li­tique fran­çaise sus­cite si sou­vent tant de dé­cep­tions que l’on n’at­ten­dait, au fond, pas grand-chose du pre­mier dé­bat, jeu­di soir, de la pri­maire de la droite et du centre. Sur­prise, les sept can­di­dats ont of­fert un échange de qua­li­té aux , mil­lions de spec­ta­teurs qui les ont re­gar­dés, re­cord d’au­dience des émis­sions po­li­tiques cette an­née et preuve que cette pri­maire sou­lève un vé­ri­table in­té­rêt. Tous, à leur ma­nière, ont mon­tré leur com­pé­tence et leur connais­sance des dos­siers. Dé­mons­tra­tion, il est vrai, d’au­tant plus facile que la pu­bli­ca­tion la veille de « Un pré­sident ne de­vrait pas dire ça... », le livre re­la­tant les conver­sa­tions de deux jour­na­listes du Monde avec François Hol­lande de­puis cinq ans, avait of­fert une image dé­so­lante du quin­quen­nat qui s’achève. Certes, les sept aspirants de la droite et du centre ont échan­gé des piques mais ils ont réus­si, quitte à sus­ci­ter un peu d’en­nui, et au prix d’une cer­taine hy­po­cri­sie, à dé­battre du fond et à of­frir une image res­pec­tacle du dé­bat pu­blic. Ont-ils, pour au­tant, convain­cu au-de­là de leur camp et de leurs par­ti­sans ? Une chose est évi­dente : au­cun d’entre eux n’est par­ve­nu « à tuer le match » même si trois d’entre eux, Alain Jup­pé, Ni­co­las Sar­ko­zy et François Fillon l’ont plu­tôt do­mi­né. Sans doute Bru­no Le Maire n’a-t-il pas réus­si à in­car­ner la nou­veau­té qu’il re­ven­dique, concur­ren­cé dé­sor­mais sur ce ter­rain par Na­tha­lie Kos­cius­ko-Mo­ri­zet. L’in­con­nu Jean-Frédéric Pois­son au­ra été la ré­vé­la­tion car il n’a pas som­bré. En étant ex­ces­sif et ca­ri­ca­tu­ral, Jean François Co­pé est pro­ba­ble­ment le seul vrai per­dant. Cette in­ca­pa­ci­té par­ta­gée à mar­quer net­te­ment des points ga­gnants – les en­quêtes sur l’émis­sion dé­crivent au fond un sta­tu quo – tient avant tout à une ap­proche très ges­tion­naire. Certes, la France est dans une telle si­tua­tion éco­no­mique et fi­nan­cière que des ré­ponses tech­niques sont né­ces­saires. Celles des sept can­di­dats sont in­fluen­cées, d’ailleurs, par une idéo­lo­gie li­bé­rale. Leurs dif­fé­rences sont plus mar­quées sur les ques­tions iden­ti­taires ou sé­cu­ri­taires mais elles tiennent à leurs choix stra­té­giques : Jup­pé pa­rie sur une mobilisation, au-de­là de la droite, de l’élec­to­rat du centre voire de gauche ; Ni­co­las Sar­ko­zy creuse son sillon sur l’élec­to­rat ré­pu­bli­cain et de droite, voire de droite ex­trême. Tous, ce­pen­dant, sont en échec sur la France de de­main : ils n’offrent pas une vision claire de sa place dans le monde et en Eu­rope, du rôle qu’elle doit jouer sur la scène mon­diale ; ils n’ont pas de grands pro­jets in­dus­triels ou d’amé­na­ge­ment qui pour­raient sou­le­ver l’en­thou­siasme des Fran­çais ; bref, ils sont en panne d’idées nou­velles qui per­met­traient de croire que notre pays a une chance de re­gar­der, à nou­veau, le reste du monde avec fier­té.

« L’in­con­nu Jean-Frédéric Pois­son au­ra été la ré­vé­la­tion car il n’a pas som­bré. »

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