Sexo

En at­ten­dant bé­bé, le couple peut conti­nuer à en­tre­te­nir la flamme et le dé­sir. Main­te­nir une ac­ti­vi­té sexuelle avant l’ac­cou­che­ment et la re­prendre après est bé­né­fique

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Santé - AXELLE TRUQUET atru­quet@ni­ce­ma­tin.fr

La gros­sesse est une pé­riode de grands chan­ge­ments dans le couple. L’ar­ri­vée pro­chaine d’un bé­bé fait pas­ser l’homme et la femme par dif­fé­rents états psy­cho­lo­giques et phy­siques. Pas tou­jours facile de conser­ver la même com­pli­ci­té dans l’in­ti­mi­té. «Et pour­tant, il y a peu de contre-in­di­ca­tions à la sexua­li­té pen­dant la gros­sesse!», ras­sure Ra­du Chi­sa, maïeu­ti­cien (un homme sage-femme). Pour mieux ai­der les fu­turs pa­rents à tra­ver­ser cette étape, il a ou­vert une consul­ta­tion sexo­lo­gie au sein du ser­vice de gy­né­co­lo­gie obs­té­trique du Dr Vi­gnoles, au Centre hos­pi­ta­lier de la Dra­cé­nie. « C’est un su­jet en­core très ta­bou. Pour les pa­tients comme pour les pro­fes­sion­nels, re­grette-t-il. Ilya­de­la gêne, un manque de connais­sances. En consé­quence, les fu­turs pa­pas et ma­mans se re­trouvent seuls face à leurs ques­tions. Or il est très rare qu’une femme en­ceinte dise qu’il n’y a ab­so­lu­ment au­cun pro­blème au ni­veau sexuel dans son couple.» Dans l’af­faire, il y a deux par­ties en pré­sence. La femme qui voit son corps chan­ger, qui peut su­bir les désa­gré­ments liés à la gros­sesse. Et l’homme qui as­siste, lui, à la mé­ta­mor­phose de sa com­pagne. «L’homme prend conscience as­sez tar­di­ve­ment que la femme est en­ceinte, parce qu’au pre­mier tri­mestre, son ventre ne s’est pas en­core beau­coup ar­ron­di. Alors, il a par­fois du mal à com­prendre qu’elle re­fuse un rap­port, qu’elle ait des dou­leurs alors qu’elle n’en avait pas au­pa­ra­vant. L’état hor­mo­nal vient aus­si bou­le­ver­ser les choses. On re­marque d’ailleurs sou­vent au deuxième tri­mestre un re­gain d’ac­ti­vi­té sexuelle… qui re­tombe à la fin du troi­sième.»

S’at­tar­der sur les pré­li­mi­naires

L’ob­jec­tif du maïeu­ti­cien est de don­ner à ses pa­tientes les clés pour vivre leur gros­sesse et le post-par­tum en toute sé­ré­ni­té et sur­tout sans in­ter­rompre leur sexua­li­té. « Même si le corps change, que le ventre prend de plus en plus de place, les couples peuvent conti­nuer à faire l’amour, en adap­tant les po­si­tions. Et il y a des al­ter­na­tives à la sexua­li­té clas­sique : la pé­né­tra­tion n’est pas obli­ga­toire ! Ils peuvent s’at­tar­der da­van­tage sur les pré­li­mi­naires. Pour ce­la, le dia­logue est pri­mor­dial.» Ra­du Chi­sa veut per­mettre aux hommes d’ex­pri­mer leurs doutes et de po­ser les ques­tions qui les ta­raudent. Il les ras­sure, leur ex­plique que le rap­port sexuel n’est pas dan­ge­reux pour l’en­fant à naître. Il les conseille aus­si sur le rôle qu’ils peuvent jouer vis-à-vis de leur com­pagne. «Celle-ci voit son corps chan­ger, par­fois avec une prise de poids im­por­tante. Le com­pa­gnon peut l’ai­der à vivre au mieux cette si­tua­tion en lui fai­sant com­prendre qu’elle est tou­jours sé­dui­sante. D’ailleurs, il faut qu’il ap­plique les mêmes conseils après l’ac­cou­che­ment, pé­riode dif­fi­cile pour la jeune maman qui a sou­vent du mal à se ré­ap­pro­prier son corps. Le jeune pa­pa peut par exemple ai­der sa femme, lui per­mettre de trou­ver du temps pour prendre soin d’elle.»

La sexua­li­té évo­lue avec le couple

Car le risque est que les pro­blèmes liés au sexe s’ag­gravent jus­qu’à par­fois mettre le couple en pé­ril. «Ce n’est pas facile d’en par­ler, mais ce­la vaut la peine. La sexua­li­té est fon­da­men­tale dans un couple, et elle évo­lue avec lui.» Le maïeu­ti­cien ap­pré­hende les dif­fi­cul­tés du couple dans leur glo­ba­li­té, et n’hé­site pas à l’adres­ser à d’autres pro­fes­sion­nels si né­ces­saire. « Je ne fais pas d’exa­mens cli­niques, c’est le rôle du gy­né­co­logue. Et si je dé­cèle une dé­tresse qui semble mas­quer d’autres pro­blèmes, j’oriente les pa­tients vers un psy­cho­logue. » Se­lon Ra­du Chi­sa, le plus dur fi­na­le­ment, est de pous­ser la porte de la consul­ta­tion, et à deux, c’est en­core mieux. Ra­du Chi­sa est di­plô­mé de sexo­lo­gie. Il re­çoit les femmes en­ceintes et celles ayant dé­jà ac­cou­ché ain­si que les couples au Centre hos­pi­ta­lier de la Dra­cé­nie. Pour prendre ren­dez-vous : 04.94.60.50.80.

(Pho­to archive Pa­trice La­poi­rie)

Sauf cas très rares, il n’y a pas de contre-in­di­ca­tion à pour­suivre sa vie sexuelle pen­dant la gros­sesse.

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