Nos lec­teurs ont la pa­role

Tous les mois, Var-ma­tin vous pro­pose de par­ti­ci­per à un dé­bat sur un thème d’ac­tua­li­té. Le su­jet du jour: SNCF, pen­sez-vous qu’il faut ou­vrir le mar­ché à la concur­rence ?

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Var-matin C’est Vous -

Le dé­bat existe de­puis des an­nées, et il vient d’être re­lan­cé par Ch­ris­tian Es­tro­si. Le pré­sident de la Ré­gion sou­haite l’ou­ver­ture à la concur­rence du mar­ché fer­ro­viaire. Il dé­nonce «un ser­vice de mau­vaise qua­li­té pour  mil­lions d’eu­ros

par an», et an­nonce la mise en place d’une ré­flexion sur le su­jet en .

Pen­sez-vous que l’ou­ver­ture à la concur­rence est le meilleur moyen d’avoir un meilleur ser­vice?

Est-ce la so­lu­tion aux pro­blé­ma­tiques évo­quées sans cesse par les usa­gers?

Le seul moyen de faire avan­cer les choses

L’ou­ver­ture à la concur­rence est le seul moyen de faire avan­cer les choses face à la ges­tion ca­tas­tro­phique de la SNCF. La­quelle ou­blie­trop­sou­vent­son­rô­led’uti­li­té pu­blique et pro­fite de sa si­tua­tion de mo­no­pole pour im­po­ser ses mé­thodes condui­sant à prendre les pas­sa­gers en otage via les grèves à ré­pé­ti­tion, les re­tards de train in­ex­pli­qués voire les sup­pres­sions. J’es­père que cette concur­rence pour­ra se mettre en place le plus ra­pi­de­ment­pos­si­ble­pour­le­bie­nêtre de tous les usa­gers.

MAR­TINE LEROY

Aug­men­ter le pour­cen­tage des chô­meurs fran­çais

Ou­vrir à par­tir de 2019 à la concur­rence ce mar­ché fer­ro­viaire, c’est: - Per­mettre à des so­cié­tés étran­gères de pro­fi­ter des in­ves­tis­se­ments payés par les contri­buables fran­çais et de faire du pro­fit sur leur dos. - Aug­men­ter le pour­cen­tage des chô­meurs fran­çais car ces trains pour­ront être conduits, en­tre­te­nus par des tra­vailleurs étran­gers dé­pla­cés qui ne paie­ront ni im­pôts ni taxes sur leurs sa­lai­re­senF­rance,quin’au­ront­pasde contrat de tra­vail fran­çais et ne se­ront donc pas pro­té­gés par les lois fran­çaises. Certes, M. Es­tro­si se­ra content de ne plus avoir de tra­vailleurs en grève et les bé­né­fices réa­li­sés par leurs em­ployeurs leur per­met­tront de fixer des prix de billets ex­cep­tion­nel­le­ment bas. Ils’en­sui­vrau­ne­failli­te­de­laSNCF ac­tuelle qui a au­jourd’hui un pas­sif de 45 Md€ que les taux d’em­prunt ac­tuels pour le rem­bour­ser ac­croissent de jour en jour. Cette faillite va mettre com­bien de tra­vailleurs fran­çais au chô­mage?

YVES AYME, COL­LEC­TIF EST VAR POUR LES TRANS­PORTS DE PROXI­MI­TÉ

On ne peut pré­ju­ger du ré­sul­tat

« Faut-il ou­vrir le mar­ché à la concur­rence ? » Sans autre pré­ci­sion, on ne sait s’il est ques­tion de li­vrer les lignes SNCF, le ma­té­riel, l’ex­ploi­ta­tion, à des en­tre­prises. On ne peut pré­ju­ger du ré­sul­tat que si l’on a em­prun­té les che­mins de fers dans d’autres pays ce que pra­ti­que­ment au­cun Fran­çais n’a fait. État du ré­seau, ki­lo­mètres pas­sa­ger, ta­rifs, fré­quence des trains, des­serte ru­rale, confort, etc. On se plaint sou­vent du TGV, mais si une en­tre­prise en re­pre­nait l’ex­ploi­ta­tion, elle com­men­ce­rait par sup­pri­mer un train sur deux car ils sont beau­coup trop près les uns des autres, le moindre in­ci­dent fai­sant boule de neige. En­suite, elle ré­dui­rait la vi­tesse de ces trains, car cette vi­tesse est gour­mande en éner­gie, (crois­sance ex­po­nen­tielle), exige des voies et un ma­té­riel rou­lant par­fai­te­ment en­tre­te­nus ce qui aug­mente consi­dé­ra­ble­ment le coût d’ex­ploi­ta­tion. En­fin, elle aug­men­te­rait les prix et sup­pri­me­rait tous les avan­tages jeunes ou vieux. Un exemple, la Deutch Bahn al­le­mande, qui était le meilleur ré­seau du monde, est re­tom­bée à un ni­veau très bas après les ré­formes mises en place. Et par com­mi­sé­ra­tion, je n’évo­que­rais pas l’état des che­mins de fers an­glais, après le trai­te­ment That­cher, alors qu’on nous pré­sente sou­vent le Royaume-Uni comme un exemple !

MI­CHEL RE­BUT

Du dum­ping so­cial

Je suis contre la pri­va­ti­sa­tion des TER. Il y a certes des dys­fonc­tion­ne­ments, mais le pri­vé c’est du dum­ping so­cial pour uni­que­ment ga­gner de l’ar­gent au dé­tri­ment des em­ployés.

GÉ­RARD LUU DINH

Don­ner avant tout des moyens à la SNCF

Non, il faut avant tout don­ner les moyens à l’en­tre­prise. Puisque sou­vent on prend en exemple ce qui se passe ailleurs en Eu­rope, ce n’est pas mieux en Al­le­magne, en Ita­lie, en Es­pagne et par­tout où la concur­rence a été mise en place. Sans moyens en per­son­nel, ma­té­riel, toute en­tre­prise est vouée à mou­rir.

GÉ­RARD NIEDDA

En der­nier re­cours

J’ha­bite Sa­na­ry et je tra­vaille sur Mar­seille. Je fais donc tous les jours les al­lers-re­tours en train. À la ques­tion, faut-il en­ga­ger la concur­rence ? Je di­rai en der­nier re­cours. La SNCF est une grande ins­ti­tu­tion, qui a de l’ex­pé­rience et une grande connais­sance du ré­seau fer­ré. C’est aus­si des femmes et des hommes qui croient en cette en­tre­prise. De­man­der à ce que la qua­li­té de ser­vice des TER soit la même que les TGV me semble un bon axe de né­go­cia­tion. Que la SNCF ait pris comme en­ga­ge­ment un chan­ge­ment en un mois, c’est ri­di­cule. Comment chan­ger des dé­fauts de plu­sieurs an­nées en un mois? À moins que la SNCF sache comment ré­gler des sou­cis qu’elle à elle-même créer, mais ce­ci est un autre dé­bat. Mettre la SNCF en concur­rence, mettre la pres­sion sur les dirigeants semble une bonne chose. Et, en der­nier lieu, lais­ser place à la concur­rence. Au­ra-ton mieux? Ce n’est pas sûr. DA­NIEL P.  ANS, SA­NA­RY

Les concur­rents eu­ro­péens en avance

Je dis oui à la concur­rence pour nos ré­seaux fer­ro­viaires. Grève, re­tards… Nous de­vons constam­ment jus­ti­fier nos propres re­tards au bou­lot. Le per­son­nel, pour­tant nom­breux sur les quais, ne pré­vient pas et ne semble pas in­for­mé. Nous chan­geons de trains pour un rien le ma­tin sur la gare d’Hyères, at­ten­dons des nou­velles en vain. Ce­la est dom­ma­geable pour nous usa­gers quo­ti­diens, mais aus­si pour les tou­ristes qui prennent une cor­res­pon­dance à Tou­lon ou ailleurs. Je vois tous les jours des gens in­quiets, per­dus, dans l’at­tente, Ce­la doit ces­ser. Nous sommes en 2016 et tous nos concur­rents eu­ro­péens ont beau­coup d’avance sur nous et sur ce mo­no­pole. JEAN-BAPTISTE PATUREL

Par des trains seule­ment

Je prends le train tous les jours pour al­ler tra­vailler du Cros-deCagnes à Mo­na­co. Il est clair que le ser­vice four­ni est loin d’être sa­tis­fai­sant. Je suis à cent pour cent pour la concur­rence, mais par des trains seule­ment. Le bus ne se­rait pas viable dans notre ré­gion à cause de la sa­tu­ra­tion de nos routes. Pour­quoi pas un fer­ry Nice-Mo­na­co? BER­NARD BENJAMIN

Re­mo­ti­ver tout le monde

Oui, je pense que la concur­rence est une bonne idée pour re­mo­ti­ver tout le monde à bien faire son tra­vail sans se re­gar­der le nom­bril mais en pen­sant aux consé­quences. On nous ra­bat les oreilles pour que la grande ma­jo­ri­té des ci­toyens prennent les trans­ports en com­mun mais il fau­drait peut-être les adap­ter d’abord. FIARDO CA­ROLE, CANNES-LA-BOC­CA

Sti­mu­ler les équipes par la concur­rence

En tant qu’an­cien com­mer­cial in­dé­pen­dant, je dis oui. La concur­rence a tou­jours sti­mu­lé les équipes en place. À ce jour, la SNCF a le mo­no­pole donc pour­quoi tra­vailler alors qu’en fai­sant grève je ne risque rien et touche ma paye à la fin du mois ? Pour­quoi faire des ef­forts ? Avec un concur­rent sur les rails, les usa­gers in­sa­tis­faits de la SNCF pour­ront op­ter pour l’autre opé­ra­teur et lorsque les em­ployés SNCF s’aper­ce­vront que la perte est im­por­tante et que pro­ba­ble­ment leur em­ploi se­ra en pé­ril, vous ver­rez qu’il y au­ra moins de grèves, moins de ma­lades et les ef­forts se­ront faits pour que les trains ar­rivent au maxi­mum à l’heure. Mais il se­ra peut-être trop tard. PIERRE COU­LON

(Pho­to doc F.Bou­ton)

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