Tou­jours pas au haut ni­veau

Les Tou­lon­nais se sont ti­ré une balle dans le pied en chu­tant, à do­mi­cile, face au te­nant du titre. Au-de­là du résultat, c’est l’in­cons­tance des Va­rois qui est pré­oc­cu­pante

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Sports - PAUL MASSABO

Cette pre­mière mi-temps, elle n’a pas fi­ni de nous faire mal à la tête» lâ­chait contrit un membre du staff tou­lon­nais désa­bu­sé par la pres­ta­tion in­digne du haut ni­veau de ses pro­té­gés au cours d’une in­si­pide pre­mière pé­riode. Alors, certes, en se vou­lant po­si­tif, on re­tien­dra la se­conde mi-temps au cours de la­quelle les joueurs tou­lon­nais ont fait, cette fois, hon­neur au maillot. Pour au­tant, il est évident qu’en jouant les in­ter­mit­tents du spec­tacle, les Rouge et Noir ne pou­vaient pré­tendre à beau­coup mieux face à une écu­rie du ni­veau des Sa­ra­cens. Des Lon­do­niens, soit dit en pas­sant, qui res­sem­blaient à la ma­chine va­roise d’il y a deux ou trois ans quand le RCT écra­sait tout sur son pas­sage.

Certes de belles ré­ac­tions

Mais au­jourd’hui, Tou­lon n’évo­lue pas au haut ni­veau. Il ne compte au­cun match ré­fé­rence de­puis le dé­but de sai­son. La for­ma­tion em­me­née par Ver­meu­len sait faire preuve de ré­ac­tion comme on l’a vu à Tou­louse au len­de­main du ca­mou­flet re­çu à Mayol par les Bri­vistes, d’ab­né­ga­tion comme face à Cler­mont ou en­core de ri­gueur quand elle a af­fron­té Mont­pel­lier. Mais pour ce pre­mier match de coupe d’Eu­rope, les hommes de Do­min­guez, ins­crits dans une autre di­men­sion, avaient trois prio­ri­tés: ga­gner leur duel, faire preuve d’agres­si­vi­té et bien se dé­ga­ger au pied. Dans ces trois sec­teurs pré­cis, ils ont été in­ca­pables de ré­pondre à ces ob­jec­tifs du­rant au moins les qua­rante pre­mières mi­nutes au cours des­quelles ils ont été ré­duits à l’im­puis­sance. Constam­ment sous pres­sion, Trinh-Duc et les siens presque pas­sifs étaient dé­pas­sés dans tous les com­par­ti­ments du jeu. La ma­na­ger ita­lo-ar­gen­tin qui n’a pas pour ha­bi­tude de com­men­ter l’ar­bi­trage ou en­core l’ab­sence de cer­tains de ses joueurs pour­ra comp­ter mal­gré tout, d’ici le mois de jan­vier, sur le re­tour de quelques cadres à l’image no­tam­ment de Gi­teau, le ma­gi­cien aus­tra­lien qui donne une autre di­men­sion au jeu tou­lon­nais.

Dès ven­dre­di on se­ra fixé

Reste dé­sor­mais à sa­voir si Tou­lon pour­ra rem­por­ter les cinq pro­chains matches de poule. Re­le­ver un tel dé­fi semble faire, au­jourd’hui, fi­gure de ga­geure. Mais quel se­ra le ni­veau des Tou­lon­nais dans quelques se­maines ? Pour es­pé­rer se qua­li­fier, les hommes du quin­tet Do­min­guez - Del­mas - Dal Ma­so - Mee­han - Ford de­vront concé­der moins de pé­na­li­tés (13 face aux Sa­ra­cens), moins de tur­no­vers (14) et réus­sir da­van­tage de pla­quages (90 %) tout en main­te­nant leur pour­cen­tage ir­ré­pro­chable tant en touche qu’en mê­lée (100 %). Dès ven­dre­di, après le dé­pla­ce­ment à Man­ches­ter, on en sau­ra un peu plus sur la ca­pa­ci­té des Tou­lon­nais à se dé­pas­ser, se sur­pas­ser. La for­ma­tion de Sale, bat­tue face aux Scar­lets n’a plus - elle aus­si - le moindre droit à l’er­reur. Ce match se­ra donc dé­jà éli­mi­na­toire pour l’une ou l’autre des équipes. Reste aus­si à sa­voir éga­le­ment si no­tam­ment avec toutes les bles­sures, les Tou­lon­nais ont la ca­pa­ci­té, cette sai­son, de jouer sur les deux ta­bleaux?

(Pho­to Luc Bou­tria/Franck Mul­ler)

Sous le re­gard im­puis­sant de Guil­hem Gui­ra­do (au sol), Flo­rian Fre­sia et Ma’a No­nu (en ar­riè­re­plan), Sé­bas­tien Tillous-Borde es­saie de s’échap­per. En vain…

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