Se lais­ser por­ter

Et si le por­tage sa­la­rial était la so­lu­tion pour ceux qui sou­haitent agir en en­tre­pre­neur tout en bé­né­fi­ciant du sta­tut et de la sé­cu­ri­té du sa­la­rié ?

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Emploi Et Formation -

So­phie Vi­gier est dé­lé­guée ré­gio­nale d’ITG, le lea­der fran­çais du por­tage sa­la­rial. Son champ d’ac­tion et d’ob­ser­va­tion couvre le Var et les Bouches-du-Rhône. Elle ex­plique : « Même si le sta­tut existe de­puis vingt ans, la ré­forme de 20131 a per­mis de le dé­fi­nir plus clai­re­ment et d’har­mo­ni­ser les pra­tiques entre les so­cié­tés de por­tage. Son prin­cipe est dé­sor­mais mieux connu, l’APEC2 et Pôle em­ploi re­laient l’in­for­ma­tion. L’ex­plo­sion du chô­mage chez les cadres, la dif­fi­cul­té à trou­ver un em­ploi bien ré­mu­né­ré au-de­là de 50 ans les in­citent à créer leur ac­ti­vi­té. Or, le por­tage per­met d’être in­dé­pen­dant sans de­voir être une en­tre­prise. Il per­met aus­si de sai­sir des op­por­tu­ni­tés de mis­sions et de tes­ter de nou­velles voies pro­fes­sion­nelles ». Le mé­ca­nisme re­pose sur le prin­cipe sui­vant : l’in­dé­pen­dant fac­ture ses ho­no­raires grâce au nu­mé­ro de Si­ret de la so­cié­té de por­tage à la­quelle il est lié en tant que sa­la­rié par un contrat de tra­vail. Il re­verse en­suite son chiffre d’af­faires à la­dite so­cié­té, la­quelle cal­cule et re­tranche ses co­ti­sa­tions so­ciales pour lui éta­blir un bul­le­tin de sa­laire clas­sique. Le por­tage sa­la­rial sé­duit . per­sonnes en France et il connaît une crois­sance de  % par an de­puis trois ans.

La so­cié­té de por­tage est com­mis­sion­née

« La com­mis­sion de la so­cié­té de por­tage va­rie entre 6 % et 12 %, tou­te­fois le choix du por­teur ne peut se faire en fonc­tion de ce seul cri­tère. Il faut de­man­der une si­mu­la­tion sur la base d’un chiffre d’af­faires et des be­soins du fu­tur sa­la­rié por­té. La so­cié­té de por­tage ne doit pas être en­vi­sa­gée comme un pres­ta­taire, mais bien comme un par­te­naire de l’ac­ti­vi­té. » Cette pra­tique sa­la­riale est his­to­ri­que­ment ré­pan­due chez les cadres. Néan­moins, une

ordonnance du 2 avril 2015 du Code du tra­vail mo­di­fie et étend son ap­pli­ca­tion. Le sa­laire mi­ni­mum né­ces­saire pour ac­cé­der au por­tage est dé­sor­mais de 2 380 eu­ros bruts, contre 2 900 eu­ros au­pa­ra­vant. Le por­té peut être em­bau­ché en CDD ou en CDI et il n’est plus obli­ga­toi­re­ment cadre. Dans un contexte d’ubé­ri­sa­tion3 du mar­ché du tra­vail, le por­tage s’avère aus­si une ré­ponse ef­fi­cace à la pro­tec­tion des in­dé­pen­dants. « L’en­tre­prise a be­soin de com­pé­tences qui ne né­ces­sitent pas for­cé­ment de créa­tion de poste. Il existe

donc la pos­si­bi­li­té de faire tra­vailler une mul­ti­tude de per­sonnes par le biais de mis­sions. De­puis 2006, je fonc­tionne moi­même en tant que consul­tante for­ma­trice en por­tage sa­la­rial », pré­cise en­core So­phie Vi­gier.

CLAU­DINE FRANCINI/ SOPRESS

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.