L’em­preinte ADN qui pour­rait tout chan­ger

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Front Page - GUILLAUME BERTOLINO gber­to­li­no@ni­ce­ma­tin.fr

L’af­faire Omar Rad­dad se­rait-elle sur le point de connaître un nou­veau re­bon­dis­se­ment? Sans doute l’ul­time. Ce­lui que la dé­fense de Rad­dad at­tend de­puis des an­nées. À sa­voir la ré­vi­sion im­pa­rable et dé­fi­ni­tive de la culpa­bi­li­té du plus cé­lèbre jar­di­nier ma­ro­cain. Trente ans plus tard, grâce au pro­grès tech­no­lo­gique, les en­quê­teurs viennent en ef­fet de mettre un nom sur l’un des ADN re­cueilli sur la scène de crime. Jus­qu’à pré­sent en ef­fet, si au­cune des traces ne cor­res­pon­dait à la si­gna­ture gé­né­tique d’Omar Rad­dad in­cul­pé d’ho­mi­cide vo­lon­taire, ce­la ne suf­fi­sait pas à l’ex­clure de sa pré­sence sur les lieux du crime. Mais il y a dix jours, le pro­cu­reur de Nice ré­vé­lait que les pre­miers re­tours d’ana­lyses gé­né­tiques des scel­lés de l’af­faire Rad­dad cor­res­pon­daient aux ADN de quatre hommes mê­lés à l’em­preinte gé­né­tique de Mme Mar­chal, as­sas­si­née à Mou­gins en 1991. Joint hier, le pro­cu­reur de Nice, Jean-Mi­chel Prêtre, a confir­mé que l’une de ces em­preintes gé­né­tiques « semble cor­res­pondre avec un Fi­chier na­tio­nal des em­preintes gé­né­tiques [FNAEG, ndlr] ».

« Une ex­cel­lente nou­velle pour la dé­fense »

Mais, pru­dent, il n’en a pas dé­voi­lé l’iden­ti­té. Pré­fé­rant at­tendre des ana­lyses com­plé­men­taires pour s’as­su­rer à 100 % du ré­sul­tat qui vient d’être mis au jour. C’est l’Ins­ti­tut gé­né­tique de Nantes At­lan­tique, comme le pré­voit la pro­cé­dure en cours, qui en a la charge. Pour Me Gé­rard Bau­doux, avo­cat his­to­rique d’Omar Rad­dad, «c’est une ex­cel­lente nou­velle pour la dé­fense. Quant à la cor­res­pon­dance avec une em­preinte au FNAEG, c’est de na­ture à bou­le­ver­ser com­plè­te­ment la vi­sion de l’af­faire. Car, a prio­ri, cette em­preinte de­vrait, se­lon toute vrai­sem­blance, cor­res­pondre avec l’ADN d’une per­sonne qui a eu af­faire avec la jus­tice. Et qui semble donc écar­ter l’hy­po­thèse de ma­ni­pu­la­tions ul­té­rieures par des en­quê­teurs ou des huis­siers». Un avis que ne par­tage pas Jean-Mi­chel Prêtre : «Qui nous dit qu’en trente ans un po­li­cier, un huis­sier ou un avo­cat n’a pas fait l’ob­jet d’une ins­crip­tion au fi­chier ? Sans par­ler des très nom­breuses per­sonnes qui ont été ame­nées à ma­ni­pu­ler des ob­jets de la scène de crime… Et qu’il fau­dra d’ailleurs ré­per­to­rier ». Il n’em­pêche, pour ce­lui qui fut l’un des tous pre­miers dé­fen­seurs d’Omar Rad­dad, «cet ADN ac­cré­dite la théo­rie que nous avions avec Me Gi­rard se­lon la­quelle Mme Mar­chal n’était pas seule dans la cave. Et avait pu ins­crire la fa­meuse phrase sous la conduite d’une autre per­sonne. Je pense même qu’elle a vo­lon­tai­re­ment com­mis cette faute d’or­tho­graphe, car elle n’était pas cou­tu­mière, pour l’in­di­quer aux po­li­ciers… » pré­cise en­core Me Bau­doux.

(Pho­to AFP)

Omar Rad­dad, le er dé­cembre , de­vant le mi­nis­tère de la Jus­tice à Pa­ris.

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