Le sau­ve­tage en mer ré­vèle le meurtre d’une femme

Le nau­fra­gé re­pê­ché par la Ma­rine na­tio­nale mar­di ma­tin au large de Six-Fours, s’était je­té à l’eau pour fuir. Dans la nuit, il avait tué sa femme au cours d’une vio­lente dis­pute, à Tou­lon

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Var - SO­NIA BON­NIN sbon­nin@var­ma­tin

C’est une cir­cons­tance tout à fait in­croyable. Un sau­ve­tage en mer, me­né avec réus­site au large de Six-Fours, a per­mis d’élu­ci­der un ho­mi­cide com­mis quelques heures plus tôt, dans le huis clos d’une villa à Tou­lon. Mar­di ma­tin, les hommes d’équi­page d’un na­vire de la Ma­rine na­tio­nale re­pèrent un voi­lier qui file droit vers le large. Ils réus­sissent à ob­ser­ver que, à bord, la barre est blo­quée. Per­sonne n’est vi­sible. Aus­si­tôt, dé­marre une opé­ra­tion de se­cours en mer, pour vé­ri­fier s’il y a un homme à la mer. À plus d’un ki­lo­mètre et de­mi du ri­vage et à 300 m du voi­lier, un homme est en­fin re­pé­ré. Vers 9 h du ma­tin, le nau­fra­gé est ré­cu­pé­ré, sain et sauf, mais en état de choc. Il lui est im­pos­sible de par­ler. Ra­me­né à terre, il est pris en charge à l’hô­pi­tal Sainte-Anne à Tou­lon.

Un corps sans vie

Sur le plan d’eau, les re­cherches conti­nuent, mais au­cune autre vic­time n’est lo­ca­li­sée. La gen­dar­me­rie ma­ri­time est sai­sie. Un hé­li­co­ptère de ser­vice pu­blic rentre à sa base. « Le pro­blème, c’est qu’il y avait des vê­te­ments fé­mi­nins dans le voi­lier et on ne trou­vait rien », confie une source proche de l’en­quête. Dans le même temps, des in­ves­ti­ga­tions dé­butent à terre. La po­lice na­tio­nale est sai­sie pour se rendre au do­mi­cile du nau­fra­gé, qui ré­side à Tou­lon, dans une pe­tite im­passe près du parc des Lices. La mai­son est fer­mée, mais des clés sont trou­vées à proxi­mi­té. Stu­peur en ou­vrant le lo­ge­ment. Le corps sans vie d’une femme est dé­cou­vert au sol. Il n’y a au­cune trace d’ef­frac­tion, ni de lutte. Le nau­fra­gé hos­pi­ta­li­sé fait l’ob­jet d’une garde po­li­cière. En fin de jour­née, alors qu’il a re­çu des soins, il est ame­né au com­mis­sa­riat cen­tral de Tou­lon, dans les lo­caux de la sû­re­té dé­par­te­men­tale. Et pla­cé en garde à vue. «Pen­dant un jour, il s’est mu­ré dans le si­lence», ex­plique un po­li­cier. Puis, le Tou­lon­nais de 61 ans a re­con­nu les faits. Dans la nuit de lun­di à mar­di, une dis­pute a écla­té avec son épouse de 72 ans. Le ma­ri au­rait alors « pé­té les plombs » et se se­rait je­té sur elle, en­ser­rant son cou avec ses deux mains. La femme au­rait été as­phyxiée, ce qui est com­pa­tible avec l’exa­men mé­di­co-lé­gal du corps.

Pa­nique à bord

Dans un état de grande confu­sion men­tale, il se­rait en­suite al­lé à son voi­lier pour prendre la mer. Alors qu’il s’éloi­gnait à peine du ri­vage, il a croi­sé la sil­houette du Plu­ton, un bâ­ti­ment de plongeurs dé­mi­neurs. La pré­sence du na­vire mi­li­taire l’a com­plè­te­ment pa­ni­qué. Pen­sant que les ma­rins ve­naient l’ar­rê­ter, il a sau­té à la mer. C’est donc lui qui a pro­vo­qué l’opé­ra­tion de se­cours qui al­lait per­mettre de le confondre. Hier, après une nou­velle au­di­tion, le re­trai­té du bâ­ti­ment a fait une crise de dé­mence. Il a dû être hos­pi­ta­li­sé sous contrainte. La pro­cé­dure a été trans­mise au par­quet de Tou­lon, en vue de l’ou­ver­ture d’une in­for­ma­tion ju­di­ciaire.

(Pho­tos doc M. A. et DR Pre­mar)

Le Tou­lon­nais ve­nait de tuer son épouse de  ans, quand il a aper­çu le na­vire mi­li­taire. De pa­nique, il a sau­té à l’eau.

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