Des so­lu­tions pra­tiques contre l’éro­sion des sols

Pré­sen­tée hier au Val, une étude montre que les terres amen­dées par des en­grais na­tu­rels conservent leur sta­bi­li­té. Un es­poir pour l’agri­cul­ture et contre le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Var - V.G. vgeorges@ni­ce­ma­tin.fr

Le mou­ve­ment as­so­cia­tif Vert Car­bone s’est as­so­cié au Ca­bi­net d’Agro­no­mie Pro­ven­çale (CAP), si­tué au Val, pour me­ner une étude sur des in­di­ca­teurs de per­for­mance des sols se­lon l’ap­port qui leur est don­né (mi­né­ral, in­dus­triel, com­post). Ses ré­sul­tats ont été pré­sen­tés hier par leur au­teur, Vir­gile Giuge, étu­diant à SupA­gro Mont­pel­lier. Me­née d’avril à sep­tembre der­nier sur des par­celles mises à dis­po­si­tion par des par­te­naires(1), cette ex­pé­rience prouve que les terres amen­dées par des en­grais na­tu­rels (com­post) re­trouvent ra­pi­de­ment leur fer­me­té et leur main­tien (sta­bi­li­té). À l’in­verse, avec l’uti­li­sa­tion d’en­grais in­dus­triels « pas­teu­ri­sés », y com­pris bio­lo­giques, elles fondent lors­qu’on les plonge dans l’eau (lire ci-des­sous).

Sau­ver des sols en dan­ger

L’in­té­rêt de cette étude est ca­pi­tal. « 26 m2 de terres agri­coles dis­pa­raissent chaque se­conde en France. Certes l’ur­ba­ni­sa­tion est en par­tie res­pon­sable, mais l’agri­cul­ture aus­si », rap­pelle Eric Na­var­ro, fon­da­teur du mou­ve­ment Var Car­bone. Cet in­gé­nieur agro­nome, éga­le­ment di­rec­teur de l’en­tre­prise Terre et com­post, se qua­li­fie lui-même de « re­pen­ti de l’agro­chi­mie». Au­jourd’hui, il veut « faire prendre conscience aux agri­cul­teurs, aux élus et aux ci­toyens que les sols sont en dan­ger ». La so­lu­tion passe par le trai­te­ment des dé­chets vé­gé­taux et leur re­tour aux sols. « Il faut re­ve­nir à ce qui exis­tait avant. Les sols ap­por­taient à la plante ce dont elle avait be­soin. Ils n’en sont plus ca­pables parce qu’ils ont été ap­pau­vris par des pra­tiques agri­coles », sou­ligne Lau­rence Ber­le­mont, fon­da­trice as­so­ciée du CAP. Avec Pierre Gué­rin, son ex­pert en bio­dy­na­mie, elle conseille une cin­quan­taine de pro­prié­taires (vignes, oli­viers, truffes, cultures di­verses), dont 80 % en agri­cul­ture bio­lo­gique. « Nous voyons, grâce au bio et à l’agroé­co­lo­gie, que c’est peut-être plus in­té­res­sant de fa­bri­quer nous-mêmes nos propres en­grais, même si c’est plus com­pli­qué à mettre en place, pré­cise le spé­cia­liste. Éco­no­mi­que­ment, c’est aus­si in­té­res­sant ». La ma­tière pre­mière (dé­chets verts pro­duits par les par­ti­cu­liers et les col­lec­ti­vi­tés) se trou­vant sur place, cette éco­no­mie cir­cu­laire ne de­mande plus qu’à être or­ga­ni­sée sur le ter­ri­toire. Ces hommes et ces femmes y tra­vaillent. (1) Do­maine de Beau­pré (SaintCan­nat), Châ­teau du Seuil (Aix-enP­ro­vence), Do­maine les Fouques (Hyères), ly­cée d’en­sei­gne­ment gé­né­ral et tech­nique agri­cole Va­labre (Gar­danne). D’autres par­te­naires, comme Mi­cro Terre, deux la­bo­ra­toires (Ce­les­ta, Eli­sol) et l’uni­ver­si­té de Tou­lon, ont per­mis la réa­li­sa­tion de cette étude.

(Pho­tos Frank Mul­ler)

Les sols sont na­tu­rel­le­ment vi­vants, comme le montre cette par­celle non trai­tée de­puis plus de deux ans. Mais cer­taines pra­tiques agri­coles ont ap­pau­vri les terres…

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