Un pape amé­ri­cain star du Va­ti­can

Le co­mé­dien in­carne Pie XIII, pape fic­tif, dans la nou­velle sé­rie ori­gi­nale de Ca­nal+, The Young Pope, réa­li­sée par Pao­lo Sor­ren­ti­no

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Détente Medias - CÉ­LINE FON­TA­NA

Jude Law (Sher­lock) est le hé­rosde TheYoungPope, au­da­cieuse créa­tion Ca­nal+ en dix épi­sodes. Le co­mé­dien prête ses traits à Len­ny Be­lar­do, de­ve­nu Pie XIII, pape amé­ri­cain fic­tif, adepte de la ci­ga­rette et du Cher­ry Coke ; un sou­ve­rain sé­dui­sant, mys­té­rieux, et qui ma­nie l’iro­nie avec dé­lice. «La­sé­rie­té­lé­vi­séeestl’en­fant bé­ni de la lit­té­ra­ture et du ci­né­ma. Elle a le temps long du ro­ma­net,dé­sor­mais,les­pos­si­bi­li­tés vi­suelles du sep­tième art », re­con­naît vo­lon­tiers Pao­lo Sor­ren­ti­no, créa­teur de The Young Pope .Le met­teur en scène ita­lien (La

Grande Bel­lez­za, Youth) n’a pas peur d’avouer qu’il a conçu­so­noeuvre«com­meun film de dix heures ».

The Young Pope fait ef­fec­ti­ve­ment­preu­ved’une­re­mar­quable li­ber­té sur le fond et la forme,mê­me­siPao­loSor­ren­ti­no a res­pec­té cer­tains prin­cipes de nar­ra­tion pour gui­der le té­lé­spec­ta­teur : « J’ai choi­si un pape amé­ri­cain parce qu’il n’y en a ja­mais eu dans l’his­toire et parce qu’il n’est pas fa­mi­lier du Va­ti­can et de ses mé­ca­nismes. Ce­la m’adon­né­la­pos­si­bi­li­té­deles ex­pli­quer au pu­blic. C’est aus­si une co­pro­duc­tion an­glo-saxonne, pro­po­ser un cas­ting amé­ri­cain a donc du sens. Diane Kea­ton est une im­mense ac­trice, trop long­temps can­ton­née aux co­mé­dies.En­fin,l’Égli­se­ca­tho­lique aux États-Unis est as­sez conser­va­trice et c’était utile pour le dé­ve­lop­pe­ment de mon his­toire ». Pour­tant la cri­tique n’était pas sa prio­ri­té. « L’im­por­tant est de par­ler de cette Église, de­bri­ser­le­ta­bou­con­cer­nant la re­pré­sen­ta­tion, les por­traits des prêtres et des nones au sein du cler­gé. Je sou­hai­tais les dé­peindre comme ils sont, des êtres hu­mains. C’es­ten­sui­teauxs­pec­ta­teurs de ju­ger. » « Pour construire mon per­son­nage, les sug­ges­tions de Pao­loé­taient­de­tou­jours­par­tir de l’homme, pré­cise Jude Law. Le plus gros du tra­vail a donc été ba­sé sur ce que je sa­vais de Len­ny Be­lar­do par le script. Je lui ai créé une his­toire avec un cadre, des règles de vie, quel type de ca­tho­lique il est, ce qui lui fait peur, ce qui lui a per­mis d’at­teindre cette po­si­tion aus­si jeune. Et, en­core plus im­por­tant, la fa­çon dont il traite les gens, comment il ré­agit dans les do­maines po­li­tiques… Il m’est alors ap­pa­ru plus clai­re­ment quel type de pape il vou­lait être, ce qu’il es­pé­rait ac­com­plir. »

Jude Law : « Pour construire mon per­son­nage, les sug­ges­tions du réa­li­sa­teur Pao­lo Sor­ren­ti­no étaient de tou­jours par­tir de l’homme ».

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