Die­go Do­min­guez vi­ré, Mike Ford pro­mu

Mou­rad Boud­jel­lal, le pré­sident du RCT, a sus­pen­du le ma­na­ger ita­lo-ar­gen­tin de ses fonc­tions hier ma­tin. L’An­glais Mike Ford, jusque-là en­traî­neur des lignes ar­rières, le rem­place

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Front Page - FAN­NY RO­CA

On ne sait pas si l’avion du re­tour a tra­ver­sé une zone de tur­bu­lences, après la vic­toire peu en­thou­sias­mante des Tou­lon­nais à Sale, en Cham­pions cup, ven­dre­di soir (15-5). Ce qui est sûr, c’est que ça s’est agi­té, ce wee­kend, dans la tête de Mou­rad Boud­jel­lal, qui n’était pas du dé­pla­ce­ment en Angleterre. Alors qu’on sa­vait l’am­biance ten­due au sein d’un staff plé­tho­rique, le pré­sident du RCT a mis fin, hier ma­tin, au «sus­pense» et au flou qui en­tou­raient le cas Die­go Do­min­quez. État des lieux.

Que s’est-il pas­sé hier ma­tin?

Avant la séance d’en­traî­ne­ment pro­gram­mée hier ma­tin au stade LéoLa­grange, Mou­rad Boud­jel­lal a an­non­cé à son ma­na­ger gé­né­ral Die­go Do­min­guez qu’il était «mis à pied et dé­char­gé de l’en­traî­ne­ment de l’équipe pro­fes­sion­nelle» et de toutes ses fonc­tions. Le pré­sident tou­lon­nais pré­cise: «C’est d’abord mon échec per­son­nel, puisque c’est moi qui l’ai choi­si. C’était mon idée. Et ce n’est pas une dé­ci­sion fa­cile à prendre. On gère de l’hu­main, là. Ce ma­tin, je ne suis pas al­lé au bu­reau en chan­tant.» Ce der­nier a en­suite réuni les joueurs, à 8h30, pour leur faire part de sa dé­ci­sion. Puis vers 10 h, il a par­lé plus pré­ci­sé­ment «avec les lea­ders, pour leur dire ce que j’at­ten­dais d’eux».

Qu’est-il re­pro­ché à Do­min­guez?

Of­fi­ciel­le­ment, rien. Ou pas grand­chose. Après avoir in­di­qué qu’il ne «com­men­te­rait pas cette dé­ci­sion», le pré­sident tou­lon­nais a d’ailleurs lâ­ché: «Sur l’éner­gie et la ca­pa­ci­té à mo­ti­ver les joueurs, il est ex­cep­tion­nel. Je n’ai rien à re­pro­cher à Die­go. J’adore ce mec, et je ne re­mets pas en ques­tion ses com­pé­tences. On est 3e du cham­pion­nat (4e, en fait) ,et­pas éli­mi­né en coupe d’Eu­rope. Son bi­lan n’est pas né­ga­tif. Mais je n’y crois plus, c’est tout. On a un désac­cord, ce sont des choses qui ar­rivent. Ça n’en­lève rien à l’es­time que j’ai pour lui.» Il sem­ble­rait ce­pen­dant que les vraies rai­sons de son li­cen­cie­ment soient à cher­cher en in­terne... (lire en page sui­vante).

Mike Ford, le nou­vel homme fort

L’An­glais, ar­ri­vé de Bath fin sep­tembre comme en­traî­neur des lignes ar­rières, di­ri­geait dès hier ma­tin l’en­traî­ne­ment. «J’ai dé­ci­dé de lui confier la to­tale res­pon­sa­bi­li­té et la di­rec­tion de l’équipe pro, et il a ac­cep­té cette mis­sion», a in­di­qué Boud­jel­lal de ma­nière très po­li­cée. As­su­rant dans la fou­lée que ce li­mo­geage n’était « pas du tout » quelque chose qu’il avait en tête en fai­sant ve­nir Mike Ford sur la rade.

Vers un autre « pro­jet de jeu»?

Mou­rad Boud­jel­lal ne cache pas son aga­ce­ment, de­puis le dé­but de la sai­son: «Je suis dé­çu de la ma­nière dont on joue. Je ne suis pas content de ce que je vois.» Et tient à res­pon­sa­bi­li­ser ses joueurs. «Tout n’est pas la faute des coaches. Je sou­haite un pro­jet de jeu par­ti­ci­pa­tif, où les joueurs s’im­pliquent. Quand je leur ai par­lé, je les ai sen­ti concer­nés. On va es­sayer de mettre en place un vrai plan de jeu.» Le pa­tron du club ajoute: «Moi, je veux que les gens aient en­vie de ve­nir au stade. Et à l’heure ac­tuelle, si j’étais sup­por­ter, je n’au­rais pas en­vie d’ache­ter ma place.»

Ce­la im­plique-t-il d’autres chan­ge­ments au sein du staff?

Non, à en croire le pré­sident tou­lon­nais. En tout cas, pas dans l’im­mé­diat... «Steve Mee­han ne re­de­vient pas l’en­traî­neur des trois-quarts» , in­dique Mou­rad Boud­jel­lal, et reste ana­lyste vi­déo char­gé de l’équipe ad­verse et res­pon­sable du tra­vail par ate­lier tech­nique. En plus de ses nou­velles fonc­tions de ma­na­ger gé­né­ral, Mike Ford as­su­re­ra le rôle, avant qu’une «autre per­sonne» ne re­joigne le staff. Ar­ri­vé il y a quelques se­maines, Marc Dal Ma­so est éga­le­ment «confir­mé» à son poste d’en­traî­neur des avants «et je lui ai de­man­dé de tra­vailler en bonne col­la­bo­ra­tion avec Jacques Del­mas». Le pa­tron du RCT se dé­fend d’ailleurs de sou­hai­ter le dé­part de ce­lui qui par­tage dé­sor­mais la place – qu’il oc­cu­pait seul avant l’ar­ri­vée de Dal Ma­so – de coach des « gros »: «Jacques Del­mas fait par­tie de l’his­toire du club. Il a ga­gné deux titres. Et quoi qu’on en dise, c’était mon choix. Ab­so­lu­ment. Ber­nard (La­porte) m’a sim­ple­ment don­né son nu­mé­ro de té­lé­phone.»

Les joueurs ont-ils eu leur mot à dire?

A prio­ri non. Le tech­ni­cien ita­lo-ar­gen­tin sem­blait avoir plu­tôt bonne presse au­près des joueurs. Mais au­cun n’a sou­hai­té s’ex­pri­mer sur cette dé­ci­sion, hier. Mou­rad Boud­jel­lal ne s’est pas, lui non plus, at­tar­dé sur le su­jet. Confir­mant sim­ple­ment: «Il n’y a pas un seul joueur qui m’ait de­man­dé la tête de Die­go Do­min­guez».

Quand Do­min­guez va-t-il ef­fec­ti­ve­ment par­tir?

C’est la pro­cé­dure clas­sique. Après s’être vu si­gni­fier sa «mise à pied» hier ma­tin, le dé­sor­mais ex-ma­na­ger du RCT se­ra re­çu en fin de se­maine. Un en­tre­tien au terme du­quel il se­ra dé­ci­dé de son sort dé­fi­ni­tif. Et même si Mou­rad Boud­jel­lal in­dique que «tout est pos­sible» ,y com­pris, donc, une ré­in­té­gra­tion «mais pas en tant qu’en­traî­neur», on se di­rige plus sû­re­ment vers un li­cen­cie­ment. À l’amiable? Tou­jours sous contrat avec le club, Die­go Do­min­guez pour­rait dé­ci­der de se tour­ner vers les Prud’hommes. «Je n’ai pas fait ce genre de cal­culs, éva­cue Mou­rad Boud­jel­lal. Nor­ma­le­ment, entre gens in­tel­li­gents, on doit pou­voir trou­ver des so­lu­tions. Il y a eu d’autres dos­siers qui ont traî­né, sur des en­traî­neurs, et je n’aime pas ça. Il tra­vaille pour nous et on a une forme de res­pect à avoir. Je crois que la cor­rec­tion en­vers ses col­la­bo­ra­teurs, quand ça va bien comme quand ça ne va pas bien, c’est l’image d’un grand club.»

(Pho­tos D. Le­riche et C. Ser­ra)

C’était quelque part au-des­sus de sa tête de­puis un mo­ment, mais le cou­pe­ret est tom­bé hier : l’an­cien de­mi de mê­lée ita­lo-ar­gen­tin, qui fai­sait ses pre­miers pas en tant qu’en­traî­neur au RCT, a été «mis à pied» hier ma­tin. L’An­glais Mike Ford (à droite) le rem­place.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.