Il cultive les der­niers chry­san­thèmes dra­cé­nois

Hé­ri­tier d’une ex­ploi­ta­tion fa­mi­liale, Jean-Marc Peyre a tour­né le dos au mar­ché du gros et re­lan­cé, l’an der­nier, une pe­tite pro­duc­tion ven­due en di­rect. Rencontre avec un pas­sion­né

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Dracénie - EMERIC CHAR­PEN­TIER.

Ne cher­chez pas: Jean-Marc Peyre est bien le der­nier hor­ti­cul­teur dra­cé­nois à pro­duire des chry­san­thèmes. À 48 ans, il a dé­ci­dé de faire re­naître une ex­ploi­ta­tion fa­mi­liale fon­dée par ses pa­rents en 1972, au quar­tier Mor­gay. « J’ai re­pris l’an der­nier sur 800 m2 mais à l’époque, on culti­vait sur 1,8 hec­tare, jus­qu’à 10 000 plants ! Mon père est dé­cé­dé, ma soeur est par­tie tra­vailler ailleurs et je me suis re­trou­vé seul. » S’il a dû se ré­soudre un temps à ar­rê­ter la pro­duc­tion, Jean-Marc Peyre n’en est pas moins res­té au contact de la na­ture : tra­vaux agri­coles, dé­brous­saillage, éla­gage, abat­tage, en­tre­tien de parcs et jar­dins... Au­jourd’hui en­core, cette ac­ti­vi­té de pres­ta­taire lui as­sure 90 % de ses re­ve­nus. Mais l’an der­nier, sa pas­sion des fleurs, en même temps que le re­gret de voir toutes ses serres pri­vées de vie, le pousse à re­plan­ter. « Pen­dant les quatre ans où j’ai ar­rê­té, j’ai vrai­ment res­sen­ti un manque. La seule dif­fé­rence, c’est que je ne fais plus que du dé­tail. Pour le gros, il faut être quatre ou cinq à tra­vailler et puis, ce sont de­ve­nues des fi­lières où l’on vend au prix de re­vient. » « Pour l’ins­tant, je suis en pleine re­struc­tu­ra­tion et je ne re­fais que du chry­san­thème. C’est une fleur que j’ai tou­jours ai­mé faire pous­ser ! Je re­çois les bou­tures dé­but juin, en pro­ve­nance de Chal­let Hé­rault, une mai­son très bien avec la­quelle on a tou­jours tra­vaillé. Je les plante en pots et je suis leur évo­lu­tion, entre les en­grais­sages, les condi­tions cli­ma­tiques... »

Pro­té­gés des coups de cha­leur et du gel

Toute sa pro­duc­tion est réa­li­sée sous serres: « Avant je les fai­sais en plein champ mais avec la trem­blote dès qu’on voyait les nuages ar­ri­ver. La grêle, je l’ai connue deux fois ! Main­te­nant au moins, je suis tran­quille. » Et plus en­core cette an­née que la pré­cé­dente puisque Jean-Marc Peyre a in­ves­ti dans des om­brières, en rem­pla­ce­ment des bâches en plas­tique. « C’est un es­sai très sa­tis­fai­sant pour deux rai­sons : s’il y a des grê­lons, ils re­bon­dissent sur les fi­lets au lieu de dé­chi­rer la bâche. Et ce­la as­sure une ré­gu­la­tion ther­mique. Cette an­née par exemple, on a eu un mois de sep­tembre ca­ni­cu­laire. Mal­gré ce­la, les bou­tons qui étaient sous om­brières ont eu un très bon dé­ve­lop­pe­ment alors que ceux qui ne l’étaient pas ont avor­té. »

Ven­dus sur place et au ci­me­tière

À l’ap­proche de la Tous­saint, dont les chry­san­thèmes sont la fleur em­blé­ma­tique pour dé­co­rer tombes et ca­veaux, ses 600 plants ar­rivent à par­faite ma­tu­ri­té. Et de­puis hier, JeanMarc Peyre les vend au pu­blic, à la fois sur son ex­ploi­ta­tion et de­vant le ci­me­tière de Dra­gui­gnan où il est pré­sent tous les jours, de 8 h à 18 h, jus­qu’au 2 no­vembre. « En es­pé­rant tout vendre mais je pense que ça de­vrait al­ler. Je pré­fère re­dé­mar­rer dou­ce­ment et ne pas avoir à je­ter.» Il a aus­si le sou­ci de pro­po­ser un pro­duit loin des stan­dards de la grande dis­tri­bu­tion ou des im­menses ex­ploi­ta­tions. Ici, il cultive deux va­rié­tés : la pe­tite fleur, celle qu’on ap­pelle la «pom­pon­nette», et la grosse « qui a ten­dance à être ou­bliée car elle re­vient très cher en main-d’oeuvre. En su­per­mar­chés, on n’en trouve pas. » De même pour les gammes de cou­leurs : des teintes du jaune au vio­let, en pas­sant par les marrons, les rouges, les oranges... « L’avan­tage d’une pro­duc­tion au dé­tail, c’est qu’on a la pos­si­bi­li­té de choi­sir nos cou­leurs. Quand les in­dus­triels vont en faire cinq, moi j’en pro­pose une ving­taine. »

Un pro­duit « de qua­li­té »

Avec des as­sor­ti­ments qui risquent de vous plon­ger dans l’em­bar­ras du choix ! Les pre­mières sont ven­dues 10 eu­ros, les deuxièmes 12 eu­ros, un prix plus que rai­son­nable pour un pro­duit que Jean-Marc Peyre re­ven­dique «de qua­li­té ». Et de son­ger, dé­jà, à la pro­chaine sai­son : « Je vais évi­dem­ment conti­nuer le chry­san­thème, mais ce qui m’a tou­jours bot­té et que je n’ai ja­mais fait, c’est de la fraise. Avec les an­ciennes va­rié­tés, c’est un pro­duit ma­gique. Rien à voir avec les fraises d’Es­pagne », conclu­til, les yeux dé­jà brillants de plai­sir !

Sa­voir +

Jean-Marc Peyre, 347 im­passe Mor­gay. Contact : 06.12.58.10.05.

(Photos E. C.)

Jean-Marc Peyre a re­noué l’an pas­sé avec sa pas­sion pour les chry­san­thèmes, qu’il vend de­puis hier sur son ex­ploi­ta­tion et de­vant le ci­me­tière de Dra­gui­gnan.

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