Ta­pis dans l’ombre

Dans le sillage de Nice, lea­der, les Mo­né­gasques se rendent à Saint-Etienne pour ga­gner

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Sports - M. FAURE

La chance est une com­po­sante, plus ou moins im­por­tante, de la réus­site d’un pro­jet dans le foot­ball. La folle réus­site du voi­sin ni­çois (26 points et in­vain­cu après dix jour­nées) éclipse le bon dé­but de sai­son de l’AS Mo­na­co. Avec 22 points, le club de la Prin­ci­pau­té réa­lise pour­tant sa meilleure en­tame de­puis 2003. Mal­gré tout, c’est le Gym qui tire la cou­ver­ture de­puis plu­sieurs se­maines par sa ca­pa­ci­té à se rendre sym­pa­thique aux yeux des ama­teurs de foot­ball mais aus­si au­près des no­vices. Là où le pré­sident ni­çois Jean-Pierre Ri­vère oc­cupe avec une fa­ci­li­té dé­con­cer­tante le ter­rain mé­dia­tique, son ho­mo­logue mo­né­gasque Dmi­try Ry­bo­lov­lev pré­fère la dis­cré­tion pour ne pas dire le se­cret. Pour vivre heu­reux, vi­vons ca­ché. C’est un peu comme ça que pros­père l’ASM, per­chée sur son Ro­cher. Le re­lief des lieux dé­li­mi­tant fa­ta­le­ment l’état d’es­prit : ter­rain d’en­traî­ne­ment ni­ché au fond d’une im­passe, au pied d’une fa­laise et bor­dé par le vide. Par­fait pour voir ar­ri­ver l’ad­ver­si­té...

Jar­dim n’aime pas la lu­mière

Cette se­maine, le big boss russe est pour­tant sor­ti de sa ta­nière lors d’une prise de pa­role in­at­ten­due dans Le Pa­ri­sien. Le di­ri­geant a dres­sé un bi­lan de son quin­quen­nat sur le Ro­cher : «Je pense qu’on peut par­ler de réus­site. Certes, nous de­vons en­core nous amé­lio­rer pour ga­gner des tro­phées, mais avoir re­pris l’AS Mo­na­co pour lui re­don­ner le pres­tige qu’il mé­rite est une grande fier­té», dé­cla­rait, en sub­stance, le pré­sident. Alors que l’OM est en­tré dans une nou­velle ère afin de rat­tra­per le PSG, que Lille pour­rait en faire de même avec un an­cien du Ro­cher en cou­lisse en la per­sonne de Luis Cam­pos, Mo­na­co gran­dit dans son coin. Sans bruit ni re­mous. Au risque de ne pas faire la Une des mé­dias. Choix presque vo­lon­taire. Gran­dir en si­lence, c’est sou­vent une his­toire de per­son­na­li­té. Leo­nar­do Jar­dim n’aime pas tel­le­ment la lu­mière. Dans son ef­fec­tif, c’est un peu la même chose. Les tau­liers brillent sur­tout par leur dis­cré­tion : Joao Mou­tin­ho et Fal­cao en tête. Mo­na­co, c’est un col­lec­tif. Un en­semble de très bons joueurs mais peu de per­son­nages pu­blics. Rien ne dé­passe. Ja­mais. A force de tout bar­ri­ca­der, on pour­rait presque pas­ser son che­min...

Meilleure at­taque avec le Bar­ça

Mais c’est comme en foot­ball, quand on in­siste, une porte peut fi­nir par s’ou­vrir. En at­ten­dant, Mo­na­co doit conti­nuer son pe­tit bon­homme de che­min en cham­pion­nat. Ce soir, après une se­maine de re­pos à la suite du set de ten­nis in­fli­gé à la dé­fense de Mont­pel­lier (62), c’est le bruyant chau­dron sté­pha­nois qui ac­cueille l’ASM. Une équipe tou­jours dé­li­cate à ma­noeu­vrer sur son ter­rain où Mo­na­co ne s’est pas en­core im­po­sé de­puis sa re­mon­tée en Ligue 1 (2 nuls, 1 dé­faite). Ce­la dit, «Sain­té» est aus­si une équipe qui peine à em­bal­ler ses matches. C’est simple, les hommes de Ch­ris­tophe Gal­tier n’ont plus mar­qué dans une pre­mière pé­riode de Ligue 1 de­puis le 2 avril der­nier, soit 16 matches de rang. C’est beau­coup. Et comme en face, Mo­na­co pré­sente la meilleure at­taque d’Eu­rope (à éga­li­té avec le FC Bar­ce­lone), le dé­but de ren­contre pour­rait être dé­ter­mi­nant pour la suite des évé­ne­ments. Dans ce pre­mier acte d’un tun­nel de trois matches en une se­maine, l’ASM se­rait bien ins­pi­rée de re­ve­nir du Fo­rez avec une vic­toire, his­toire de mettre la pres­sion sur le voi­sin de pa­lier. Au cas où.

(Photo C.D.)

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.