Fin de l’opé­ra­tion fran­çaise San­ga­ris en Cen­tra­frique

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - France / Monde -

Le mi­nistre fran­çais de la Dé­fense, Jean-Yves Le Drian, est ar­ri­vé hier soir à Ban­gui pour ac­ter la fin de l’opé­ra­tion San­ga­ris

(1) qui au­ra mis fin aux tue­ries de masse en Cen­tra­frique, mais sans par­ve­nir à neu­tra­li­ser les bandes ar­mées qui ter­ro­risent la po­pu­la­tion. Si Pa­ris se veut ras­su­rant – «La France ne laisse pas tom­ber la Cen­tra­frique», a in­sis­té le mi­nistre des Af­faires étran­gères Jean-Marc Ay­rault – et met en avant la pré­sence de plus de 10 000 Casques bleus de la Mi­nus­ca, nombre de Cen­tra­fri­cains ne cachent pas leur in­quié­tude au su­jet du dé­part des sol­dats fran­çais, ar­ri­vés dans l’ur­gence en dé­cembre 2013.

La crainte de nou­velles of­fen­sives

«Les groupes ar­més sont en train de prendre leurs marques. Et je crains qu’ils ne lancent une of­fen­sive gé­né­rale une fois les Fran­çais par­tis», dit en de­man­dant l’ano­ny­mat – « car le su­jet est très sen­sible» – un res­pon­sable po­li­tique cen­tra­fri­cain de pre­mier plan, ajou­tant: « Les groupes ar­més re­doutent la force fran­çaise, pas la force onu­sienne.» Ces der­nières se­maines, les Cen­tra­fri­cains voient en ef­fet – la peur au ventre – les bandes re­prendre leurs exac­tions à grande échelle à l’in­té­rieur du pays. Se­lon la Mi­nus­ca, elles ont fait au moins plu­sieurs di­zaines de morts et contraint des vil­la­geois à se ca­cher dans la brousse. Jeu­di et ven­dre­di, au moins 25 per­sonnes, dont six gen­darmes, ont été tuées lors d’af­fron­te­ments à Bam­ba­ri (centre) et ses en­vi­rons, se­lon la Mi­nus­ca.

« Cette opé­ra­tion est un suc­cès »

Mal­gré ce cock­tail sé­cu­ri­taire ex­plo­sif, la France, an­cienne puis­sance co­lo­niale res­tée om­ni­pré­sente de­puis l’in­dé­pen­dance, consi­dère que la mis­sion de San­ga­ris est ache­vée. « Cette opé­ra­tion a été un suc­cès » , a as­su­ré le 19 oc­tobre de­vant l’As­sem­blée na­tio­nale à Pa­ris Jean-Yves Le Drian. « Nous avons évi­té des mas­sacres de masse [...] per­mis un pro­ces­sus de ré­con­ci­lia­tion in­ter­com­mu­nau­taire, la re­cons­ti­tu­tion de l’État cen­tra­fri­cain, une élec­tion pré­si­den­tielle, des élec­tions lé­gis­la­tives. [...] Même si la sta­bi­li­té n’est pas to­ta­le­ment re­ve­nue, il im­porte main­te­nant que [...] le re­lais soit pris et par les forces cen­tra­fri­caines et par la mis­sion des Na­tions unies». Si San­ga­ris – dont l’ac­tion a été ter­nie par des ac­cu­sa­tions de vio­lences sexuelles qui mettent en cause éga­le­ment la Mi­nus­ca – a ef­fec­ti­ve­ment mis fin à la ter­reur des bandes ar­mées, les Cen­tra­fri­cains at­ten­daient de la France qu’elle les dé­bar­rassent de ces « com­bat­tants» qui les mar­ty­risent de­puis des an­nées dans l’im­pu­ni­té la plus to­tale. 1. Se­lon Pa­ris, en­vi­ron 350 mi­li­taires fran­çais, équi­pés de drones d’ob­ser­va­tion, res­te­ront pré­sents, dont une cen­taine au sein de la force de l’ONU.

AFP)

Un sol­dat de l’opé­ra­tion San­ga­ris en jan­vier  à Boa­li, à  ki­lo­mètres au nord de Ban­gui.(Pho­to

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