At­teinte à la pro­prié­té!

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Détente - Le billet de Phi­lippe Bou­vard

Les his­to­riens de ce quin­quen­nat qui s’achève dans la pa­nique et le désordre re­tien­dront sans doute que, d’un bout à l’autre, il a été do­mi­né par l’idée fixe de sup­pri­mer la ri­chesse faute de pou­voir faire dis­pa­raître la pau­vre­té. En , le ca­deau d’ar­ri­vée du plus ca­la­mi­teux pré­sident de la Ve Ré­pu­blique s’était pré­sen­té sous la forme d’une taxa­tion des lo­caux in­oc­cu­pés par leurs pro­prié­taires. En , le ca­deau de dé­part se­ra tou­jours un im­pôt frap­pant les pro­prié­taires. Mais plus pré­ci­sé­ment ceux qui ha­bitent les lo­caux qu’ils ont ache­tés. C’est-à-dire, en prin­cipe, les moins ai­sés. Les ac­tuels lo­ca­taires très pré­caires et à titre gra­cieux des pa­lais na­tio­naux vont donc lé­gi­fé­rer pour que la pro­prié­té d’un bien ne dis­pense plus d’ac­quit­ter l’équi­valent d’un loyer. Au­tant dire que la pierre ces­se­ra d’être un re­fuge pour de­ve­nir un bou­let. Car les jeunes couples qui s’en­dettent pour un quart de siècle ne fe­ront plus au­cune éco­no­mie. Bien au contraire, puis­qu’à leur cré­dit s’ajou­te­ra un nou­veau pré­lè­ve­ment obli­ga­toire. Hol­lande lais­se­ra à son suc­ces­seur un parc im­mo­bi­lier qui ne se­ra plus qu’un vaste champ de ruines se­mé de mines an­ti-per­son­nelles comme en usent les fuyards de Daesh. Ain­si, de sur­croît, ren­dra-t-il im­pos­sible le dé­tri­co­tage à l’heure où son suc­ces­seur vou­dra rha­biller de neuf les Fran­çais.

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