Mo­na­co - Ju­ven­tus : l’autre duel de la soi­rée

Deux ans après l’éli­mi­na­tion en quart de fi­nale, les Mo­né­gasques re­trouvent sur leur route la Ju­ven­tus Tu­rin avec l’es­poir de se qua­li­fier en fi­nale... comme en 2004

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Front Page - FA­BIEN PI­GALLE

La re­vanche ». De­puis le ti­rage au sort qui a dé­si­gné la Ju­ven­tus comme ad­ver­saire pour une place en fi­nale de Ligue des Cham­pions, les Mo­né­gasques n’ont que ce mot à la bouche. Même la di­rec­tion du club, par l’in­ter­mé­diaire de son vice-pré­sident Va­dim Va­si­lyev, y est al­lée de sa ré­fé­rence his­to­rique. Car, ici, sur le Ro­cher, per­sonne n’a ou­blié ce quart de fi­nale 2015 entre la Vieille Dame et Mo­na­co. Une double confron­ta­tion qui avait fait jaser. A l’al­ler en Ita­lie, les Bian­co­ne­ri avaient bé­né­fi­cié d’un pe­nal­ty in­exis­tant puisque la faute de Car­val­ho avait été com­mise à l’ex­té­rieur de la sur­face. Ar­tu­ro Vi­dal s’était char­gé de trans­for­mer l’af­faire et ce fut l’unique est seul but de ce quart (1-0, 0-0). « J’aime la jus­tice. Les droits et les de­voirs doivent être les mêmes pour tous, que ce soit dans le foot­ball ou dans la vie. Ce match a bas­cu­lé en rai­son d’une er­reur d’ar­bi­trage », avait dé­cla­ré à l’époque Leo­nar­do Jar­dim en confé­rence de presse. Bis re­pe­ti­ta au match re­tour à Louis-II. « Je suis fair-play, mais il est temps que la vi­déo fasse son ap­pa­ri­tion dans le foot­ball mon­dial, rous­pé­tait à son tour Va­si­lyev alors que Chiel­li­ni au­rait dû être ex­pul­sé ce soir­là. Ça se joue sur ce genre de dé­tails. Mais je suis fier (...), on a mon­tré une belle image du foot­ball fran­çais ». Et c’est en­core plus vrai au­jourd’hui. La sai­son mo­né­gasque est tout bon­ne­ment ex­cep­tion­nelle. La pré­sence de Mo­na­co en de­mie pro­fite à tout le foot hexa­go­nal. Une joie de jouer en­semble com­mu­ni­ca­tive. Les Mbap­pé, Fal­cao, Fa­bin­ho et Ber­nar­do Sil­va élec­trisent les foules et dans le ves­tiaire tout le monde prend conscience du bon­heur im­mense d’être im­pli­qué dans cette aven­ture. D’au­tant qu’à l’heure de jouer sa place en fi­nale de Ligue des cham­pions, 13 ans après l’épo­pée de 2004, les Mo­né­gasques ont le titre de cham­pion à moi­tié en poche. De­puis di­manche 23 heures. La dé­faite du PSG ce wee­kend à Nice tombe en ef­fet au meilleur des mo­ments.

« Et pour­quoi pas ? »

Sur la scène eu­ro­péenne, la bande à Jar­dim a tou­jours joué très “li­bé­ré” de­puis qu’elle est sor­tie des poules. Dans les têtes, le cham­pion­nat est une prio­ri­té. Mais de­puis que ce­lui-ci est qua­si ac­quis - même si le “qua­si” ne veut pas dire grand-chose dans le foot, on vous l’ac­corde -, il se pour­rait bien que les joueurs de la Prin­ci­pau­té soient por­tés par un sup­plé­ment d’âme. Pour al­ler plus loin. Voire au bout. Un re­la­che­ment ré­fu­té par Jar­dim hier en confé­rence de presse. « Il est très im­por­tant que Mo­na­co conti­nue sans se po­ser de ques­tions. Il ne faut rien chan­ger car, pour l’ins­tant, on n’a rien ga­gné », in­sis­tait-il. De son cô­té, le coach ita­lien as­su­rait que la ren­contre n’al­lait en rien res­sem­bler à celle d’il y a deux ans. « Parce que Mo­na­co est une équipe très dif­fé­rente tout sim­ple­ment », as­su­rait Al­le­gri. Une équipe si trans­for­mée, qu’elle in­vite au rêve. « Et pour­quoi pas ? », lâ­chait Ra­da­mel Fal­cao après la vic­toire contre Tou­louse. C’est vrai ça... Pour­quoi pas prendre sa re­vanche et al­ler cher­cher un tro­phée con­ti­nen­tal ? Pour­quoi pas ren­ver­ser la meilleure dé­fense de la com­pé­ti­tion (seule­ment deux buts en­cais­sés) ? « Pour­quoi pas ?» a dit El Tigre avec le sou­rire en coin de ce­lui qui pré­pare un coup. Un gros. « Ils ont mar­qué une ava­lanche de buts cette an­née. Ils jouent un foot­ball to­tal », flat­tait même l’em­blé­ma­tique gar­dien de la Juve, Gi­gi Buf­fon. Dans le sec­teur of­fen­sif, Leo­nar­do Jar­dim peut comp­ter sur tout le monde à l’ex­cep­tion de Car­rillo et Bo­schi­lia, bles­sés. Ba­kayo­ko, tou­ché au nez, de­vrait te­nir son rang après avoir été au re­pos for­cé contre Tou­louse. Cô­té ita­lien, la Ju­ven­tus se pas­se­ra de Khe­di­ra, sus­pen­du, qui forme avec Pja­nic le socle du mi­lieu de ter­rain. Si, en France, on a ra­pi­de­ment dé­si­gné la Ju­ven­tus comme le pire des ti­rages, de l’autre cô­té des Alpes, per­sonne ne s’est em­pres­sé de crier vic­toire en in­terne. Ou peut-être si, la presse ita­lienne, qui se de­man­dait où les écus­sons des titres pas en­core ga­gnés cette an­née pour­raient être cou­sus sur le maillot de la sai­son pro­chaine. Un di­lemme pré­mé­di­té qui en dit long sur l’état de confiance ita­lien. En onze confron­ta­tions, la Ju­ven­tus n’a ja­mais été éli­mi­née par un club fran­çais. Mais Mo­na­co, c’est pas tout à fait la France. Mo­na­co, c’est pas Cro­tone. Ni Bo­logne. Et comme Mo­na­co, ce n’est pas non plus Gi­jon, tout est per­mis. L’his­toire a mon­tré qu’une soi­rée suf­fit pour ren­ver­ser des sta­tis­tiques. A par­tir de là, plus rien est im­pos­sible...

(Pho­tos Cy­ril Do­der­gny)

Les Mo­né­gasques très concen­trés hier après-mi­di lors de leur der­nier en­traî­ne­ment.

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