Le lea­der du FN ar­rête la po­li­tique

Alors que son par­ti est ar­ri­vé en tête dans la ci­té di­manche soir, comme aux Dé­par­te­men­tales et aux Ré­gio­nales, le lea­der du FN maxi­mois a dé­ci­dé de quit­ter la vie po­li­tique

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Front Page - PROPOS RECUEILLIS PAR CHRISTIANE GEORGES

Cinq com­munes sur douze. Près de la moi­tié des villes du Golfe ont pla­cé le Front na­tio­nal en tête lors du se­cond tour de la pré­si­den­tielle di­manche. Ça fait ain­si trois scru­tins consé­cu­tifs que le FN se re­trouve de­vant au se­cond tour. C’est pour­tant dans ce contexte que Gé­rald Hay­mann, le lea­der maxi­mois du par­ti d’ex­trême droite a dé­ci­dé, su­bi­te­ment, de quit­ter la vie po­li­tique. Un vrai coup de théâtre ! Une an­nonce la­co­nique, pos­tée sur sa page Fa­ce­book per­son­nelle: « Mes chers amis, j’ai dé­ci­dé de me re­ti­rer de la vie po­li­tique. Mer­ci à tous ceux qui m’ont sou­te­nu du­rant toutes ces an­nées. Je n’ou­blie rien… » Au len­de­main du dé­part de Ma­rion Ma­ré­chal-Le Pen et après l’an­nonce par Ma­rine Le Pen de grands bou­le­ver­se­ments au sein du par­ti, qu’est-ce qui a mo­ti­vé cette dé­ci­sion de Gé­rald Hay­mann ? In­ter­view.

Quelle est la rai­son de votre dé­part ?

Je sou­haite me consa­crer à ma vie pri­vée, à ma fa­mille que j’ai mis entre pa­ren­thèses de­puis deux ans en m’in­ves­tis­sant pour le Front Na­tio­nal. J’ai pris une sec­tion qui n’exis­tait pas avec seule­ment neuf adhé­rents au mo­ment des élec­tions ré­gio­nales. Au­jourd’hui, il y a  adhé­rents FN à Sain­teMaxime.

Pen­dant les Ré­gio­nales j’étais der­rière Ma­rion Ma­ré­chal-Le Pen où j’ai vé­cu une cer­taine fer­veur qui n’est plus la même au­jourd’hui. On est ar­ri­vé en tête aux Ré­gio­nales et j’ai dé­ve­lop­pé le mou­ve­ment jus­qu’à la Pré­si­den­tielle. J’ai en­voyé ma dé­mis­sion au len­de­main de cette élec­tion, bien que ma dé­ci­sion ait été prise de­puis un cer­tain temps. J’ai at­ten­du pour ne pas nuire aux der­nières élec­tions.

Votre dé­ci­sion a-t-elle un lien avec le dé­part de Ma­rion Ma­ré­chal-Le Pen ?

C’est une dé­ci­sion conco­mi­tante. Il est vrai que je n’ai pas re­trou­vé à la Pré­si­den­tielle la fer­veur des Ré­gio­nales. Ma­rion, c’est la jeu­nesse, le renouveau. Au­jourd’hui, on est à la croi­sée des che­mins po­li­tiques : à gauche, à droite mais aus­si au FN. On a be­soin d’une vraie re­fonte.

Qui vous rem­place?

Le se­cré­taire dé­par­te­men­tal du FN Fré­dé­ric Boc­ca­let­ti dé­ter­mi­ne­ra avant les législatives un nou­veau res­pon­sable de com­mune qui re­join­dra l’équipe dé­jà en place.

Avez-vous été dé­çu de la cam­pagne de Ma­rine Le Pen ?

Force est de consta­ter que l’en­semble des mi­li­tants, des adhé­rents et des ci­toyens ont été dé­çus de sa pres­ta­tion, no­tam­ment pen­dant le dé­bat du se­cond tour.

L’at­taque de votre per­ma­nence lors du

er

tour a-t-elle joué un rôle ?

Cette at­taque a cho­qué beau­coup d’adhé­rents et de sym­pa­thi­sants. Ce qui s’est pas­sé n’est pas très dé­mo­cra­tique. Un mi­li­tant a été gra­ve­ment bles­sé par le jet de ca­nettes et souffre d’une frac­ture de la mâ­choire et d’un oeil abî­mé. Nous avons fer­mé la per­ma­nence le len­de­main pour ne prendre au­cun risque par rap­port aux mi­li­tants. Ce qui m’a re­froi­di, c’est l’agres­si­vi­té que nous avons su­bie.

Vous par­tez pour­tant au mo­ment où le FN est en forte pro­gres­sion à Sain­teMaxime...

Je pars au mo­ment où l’on est ar­ri­vé à l’apo­gée de la pro­gres­sion du FN au ni­veau lo­cal. Si j’étais par­ti avant, on m’au­rait re­pro­ché de quit­ter le na­vire dans la tem­pête. Je pré­fère par­tir par la grande porte. Pour au­tant, le ré­sul­tat des der­nières élec­tions était pré­vi­sible. On n’est pas un par­ti de e tour, il ne faut pas se voi­ler la face. Il faut un nou­vel élan.

Êtes-vous dé­çu aus­si que le Ra­phaë­lois Phi­lippe Lot­tiaux ait été choi­si pour l’in­ves­ti­ture aux législatives dans la e’cir­cons­crip­tion ?

Je ne suis pas dé­çu. C’est la dé­ci­sion de la com­mis­sion d’in­ves­ti­ture et de Ma­rine le Pen. Mais pour moi, le can­di­dat na­tu­rel était MarcE­tienne Lan­sade. Les législatives se sont sou­vent ga­gnées dans le Golfe. Re­gar­dez Jean-Mi­chel Couve.

Par­tez-vous en désac­cord avec le FN?

Je pense seule­ment qu’il faut chan­ger son fonc­tion­ne­ment avec un nou­veau pro­gramme, de nou­velles ac­tions et de nou­veaux vi­sages. On peut se re­trou­ver de­main sur un nou­veau che­min.

(Pho­to N.Sa.)

Lors du dé­pouille­ment du deuxième tour de la pré­si­den­tielle di­manche soir en mai­rie, Gé­rald Hay­mann (à gauche au cô­té de Vincent Mo­risse), ne lais­sait rien trans­pa­raître de sa fu­ture dé­ci­sion.

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