Éro­sion cô­tière: la ville an­ti­cipe

Face au gri­gno­tage du lit­to­ral qui met en pé­ril notre pa­tri­moine na­tu­rel, la mu­ni­ci­pa­li­té a fait ap­pel à des fonds eu­ro­péens pour fi­nan­cer des études vi­sant à pro­té­ger son do­maine ma­ri­time

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Maures - Estérel - P. PAN­CHOUT

Dans notre édi­tion du 22 avril der­nier, nous re­la­tions la par­ti­ci­pa­tion de la Ca­vem à deux pro­grammes eu­ro­péens fi­nan­çant des pro­jets de lutte contre le risque inon­da­tion. L’un de ces deux pro­grammes, Ma­rit­ti­mo, sub­ven­tionne éga­le­ment une ini­tia­tive por­tée par la com­mune de Saint-Ra­phaël vi­sant cette fois à trou­ver une so­lu­tion pé­renne à la pro­blé­ma­tique du gri­gno­tage du lit­to­ral. Son nom ? Ma­re­got, pour Ma­na­ge­ment des risques de l’éro­sion cô­tière et ac­tions de gou­ver­nance trans­fron­ta­lière.

Bio­sphère dans la ba­lance

Dans la ci­té de l’Ar­change, le pro­jet consis­te­ra, pen­dant les trois pro­chaines an­nées, en une sé­rie d’études qui de­vront ap­por­ter une so­lu­tion à cette me­nace (tel qu’un ré­cif ar­ti­fi­ciel brise-lames par exemple)... Ou plu­tôt deux so­lu­tions, puisque la ville veut im­pé­ra­ti­ve­ment pro­fi­ter de cette oc­ca­sion pour sou­te­nir le dé­ve­lop­pe­ment de la bio­di­ver­si­té ma­rine. « L’éro­sion cô­tière est due à des tem­pêtes qui se font de plus en plus fré­quentes ex­plique Ma­thieu Giu­li, res­pon­sable lit­to­ral du ser­vice en­vi­ron­ne­ment. Or, non seule­ment ces flux ma­rins ex­traient le sable des plages, mais, de par leur vio­lence, ils dé­gradent éga­le­ment l’éco­sys­tème sub­aqua­tique en bor­dure de lit­to­ral. De plus, la ma­tière fraî­che­ment ar­ra­chée aux côtes se re­dé­pose par-des­sus la faune et la flore qui fi­nissent en­se­ve­lies ». Pas de pa­nique à bord pour au­tant puisque la mu­ni­ci­pa­li­té in­siste sur le fait qu’elle lance non pas une opé­ra­tion de sau­ve­tage mais plu­tôt de pré­ven­tion : « C’est jus­te­ment parce que nous ne sommes pas en­core dans l’ur­gence qu’on peut se per­mettre de nous oc­cu­per de ces deux fa­cettes en même temps ras­sure Mau­rice Cha­bert, ad­joint à l’en­vi­ron­ne­ment. Nous pre­nons sim­ple­ment les de­vants pour s’as­su­rer de la pré­ser­va­tion de nos res­sources naturelles ». À no­ter que les études por­te­ront sur la plage du Veillat, à la fois site em­blé­ma­tique et es­pace le plus tou­ché par le phé­no­mène.

Stra­té­gie trans­fron­ta­lière

De la même fa­çon que pour les pro­jets aux­quels par­ti­cipe l’ag­glo, ce­lui-ci est par­tie pre­nante d’une co­opé­ra­tion trans­fron­ta­lière entre la France et l’Ita­lie. Le but ul­time étant d’ac­cu­mu­ler des don­nées par­ta­gées sur l’éro­sion cô­tière et l’évo­lu­tion des lit­to­raux. Ce qui est vrai à Saint-Ra­phaël peut ain­si l’être par ailleurs pour Gênes, éga­le­ment membre du pro­gramme... et in­ver­se­ment. « On parle tou­jours de l’Eu­rope au tra­vers de ce qui ne marche pas plai­sante Mau­rice Cha­bert. En l’oc­cur­rence il s’agit d’une au­baine. Ce plan cor­res­pond à une vé­ri­table stra­té­gie trans­fron­ta­lière face à un pro­blème com­mun ». Là ou il n’y a pas de par­tage en re­vanche, c’est du cô­té du fi­nan­ce­ment, as­su­ré à 100% par l’Eu­rope. Et à 180 000€ la fac­ture, c’est ef­fec­ti­ve­ment une au­baine.

(Pho­to Michel Joh­ner )

La plage du Veillat va être l’ob­jet de trois ans et  € d’études vi­sant à mettre en place un plan de lutte contre l’éro­sion cô­tière.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.