Cé­dric Kla­pisch: Nice lui réus­sit mieux que Cannes

Le réa­li­sa­teur de L’Au­berge es­pa­gno­lea pré­sen­té son nou­veau film, Ce qui nous lie, en avant­pre­mière au ci­né­ma Pa­thé Mas­sé­na à Nice… Mais at­tend tou­jours une sé­lec­tion au fes­ti­val du film

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Grand Sud - PHI­LIPPE DU­PUY jp­du­puy@ni­ce­ma­tin.fr

Cé­dric Kla­pisch était à Nice ven­dre­di, pour l’avant-pre­mière de son nou­veau film, Ce qui nous lie. L’his­toire d’une fra­trie de vi­gne­rons de Bour­gogne (Pio Mar­maï, Ana Gi­rar­dot, François Ci­vil), confron­tés à la dif­fi­cile succession de leur père et qui vont devoir se battre pour la pré­ser­va­tion de leur vi­gnoble. Une très jo­lie sa­ga fa­mi­liale, ryth­mée par le pas­sage des sai­sons. L’équipe du film s’est ins­tal­lée en Bour­gogne pour le tour­nage, qui s’est éta­lé sur toute une an­née. L’oc­ca­sion pour Cé­dric Kla­pisch, ci­néaste es­sen­tiel­le­ment ur­bain jus­qu’ici, de fil­mer la na­ture : «J’y ai pris grand plai­sir, mais j’ai eu be­soin de m’im­mer­ger lon­gue­ment dans le pays. Je ne vou­lais pas que ça ait l’air d’un film de Pa­ri­sien. Le plus beau com­pli­ment qu’on m’ait fait pen­dant la tour­née c’est de me de­man­der si j’avais des ori­gines vi­gne­ronnes… »

« J’ai réa­li­sé à quel point le vin était par­ti­cu­lier »

Sous son ap­pa­rente lé­gè­re­té, ha­bi­tuelle des co­mé­dies de Cé­dric Kla­pisch (Un Air de fa­mille, L’Au­berge es­pa­gnole, Les Pou­pées russes, Cha­cun cherche son chat…), Ce qui nous lie aborde les ques­tions cru­ciales de l’éco­no­mie de la vigne, de la trans­mis­sion et de la spé­cu­la­tion fon­cière. « J’ai tou­jours ai­mé le vin, ra­conte le réa­li­sa­teur, mais c’est en voyant Mon­do­vi­no, de Jo­na­than Nos­si­ter, que j’ai réa­li­sé à quel point ce pro­duit était par­ti­cu­lier et par­lait du monde d’aujourd’hui, de la mon­dia­li­sa­tion, de l’iden­ti­té fran­çaise… J’ai eu en­vie d’en faire une fic­tion. Le ci­né­ma parle sou­vent mieux des pro­blèmes de so­cié­té que tous les dis­cours po­li­tiques. » À dé­faut d’avoir été sé­lec­tion­né au Fes­ti­val de Cannes (de mer­cre­di au di­manche 28 mai), Cé­dric Kla­pisch vien­dra tout de même sur la Croi­sette, le 24 mai, pour pro­mou­voir La­ci­ne­tek.com, le site in­ter­net qu’il a créé avec quelques amis réa­li­sa­teurs. «C’est une pla­te­forme de VOD sur la­quelle chaque réa­li­sa­teur pro­pose sa ci­né­ma­thèque idéale en cin­quante films, ex­pose-t-il. On en a dé­jà près de 700. » Pas trop dé­çu de ne pas être à Cannes pour Ce qui nous lie? «Non, j’ai l’ha­bi­tude. Au­cun de mes films n’a pas­sé l’épreuve de la sé­lec­tion. Il faut croire que je ne suis pas “can­nable ”… » «Can­nable» ou pas, on conseille­ra d’al­ler voir Ce qui nous lie, qui sor­ti­ra en salles le 14 juin.

(Pho­to Cy­ril Do­der­gny)

Cé­dric Kla­pisch et son com­plice ha­bi­tuel, Loïk Du­ry, qui signe une nou­velle fois la bande ori­gi­nale de son nou­veau film…

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