Les avo­cats tou­lon­nais, ac­teurs de la tran­sac­tion im­mo­bi­lière L’ac­tu

A Tou­lon, les avo­cats di­ver­si­fient leur champ d’ac­tion en al­lant no­tam­ment dans le do­maine de la tran­sac­tion im­mo­bi­lière. Une ac­ti­vi­té peu connue du pu­blic mais as­sez ré­pan­due

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - L’économie - CA­THE­RINE HENAFF

l’ins­tar d’autres pro­fes­sions ju­ri­diques, celle d’avo­cat em­brasse une ère de mu­ta­tion. Au bar­reau de Tou­lon, les dé­fen­seurs de­vant les tri­bu­naux évo­luent de plus en plus vers leur rôle pre­mier, de conseil et d’in­for­ma­tion du client. Par­mi les mis­sions au­to­ri­sées par le Rè­gle­ment in­té­rieur na­tio­nal de la pro­fes­sion d’avo­cat, il en est une qui sé­duit de plus en plus de pro­fes­sion­nels tou­lon­nais : celle de man­da­taire en tran­sac­tion im­mo­bi­lière. Ils sont dé­jà une cen­taine à in­té­grer ce do­maine d’ac­ti­vi­té dans leur champ d’in­ter­ven­tions. Tout avo­cat peut as­su­mer cette mis­sion sans for­ma­tion sup­plé­men­taire.

Con­crè­te­ment, com­ment ça se passe ?

Me Na­tha­lie Abran a été par­mi les pre­mières à pro­po­ser le ser­vice à ses clients. « Il s’agit d’une ac­ti­vi­té ac­ces­soire à un dos­sier, même si ce­lui-ci n’est pas conten­tieux, ex­pose-t-elle. Un di­vorce, une suc­ces­sion peuvent conduire à la mise en vente d’un bien. Con­crè­te­ment, l’avo­cat peut réa­li­ser la vente ou la re­cherche d’un bien pour le compte de son client. Il se charge de dif­fu­ser la pu­bli­ci­té pour trou­ver un ac­qué­reur. Il peut faire ap­pel à des ser­vices ex­té­rieurs pour faire pro­cé­der à une mi­ni-ex­per­tise. Mais c’est un man­dat de na­ture ci­vile. Un man­dat de cour­tage n’est pas pos­sible. L’avo­cat ne peut pas dé­lé­guer une par­tie de la vente. »

Quels ta­rifs?

À la lu­mière de tous ces élé­ments, avo­cat et client signent un man­dat sur le­quel fi­gure no­tam­ment un mon­tant d’ho­no­raires fixes. « Nos ta­rifs sont proches de ceux des no­taires, in­dique Me Eric Goi­rand. L’avo­cat a in­té­rêt à être le plus trans­pa­rent pos­sible avec son client, à lui ex­pli­quer en dé­tail le mon­tant es­ti­mé, pour le temps de tra­vail, la pu­bli­ci­té... Au­jourd’hui, grâce à la loi Ma­cron, on a obli­ga­tion d’éta­blir une conven­tion d’ho­no­raires. Cette clar­té pro­fite à tout le monde. » Dans la pra­tique, les avo­cats du bar­reau de Tou­lon pra­tiquent des ta­rifs avan­ta­geux sur les man­dats de tran­sac­tion im­mo­bi­lière, entre 3 et 5 % du prix de vente.

Avan­tage pour le client ?

Une seule dé­marche au­près d’un seul in­ter­lo­cu­teur jus­qu’au com­pro­mis de vente in­clus. Le pas­sage chez le no­taire pour la ré­dac­tion de l’acte reste in­con­tour­nable. « On ne peut pas dire que c’est un sur­croît de tra­vail. C’est un dos­sier par­mi d’autres, pré­cise Me Abran. Ce n’est pas fa­cile mais c’est sa­tis­fai­sant en terme de temps pas­sé/coût client. Ce­la reste une ac­ti­vi­té ac­ces­soire, en dé­ve­lop­pe­ment et à dé­ve­lop­per. » Pour col­ler aux évo­lu­tions, s’adap­ter aux at­tentes et dans un sou­ci de di­ver­si­fi­ca­tion, les avo­cats tou­lon­nais sou­haitent al­ler vers des ser­vices mu­tua­li­sés et uni­fiés, no­tam­ment grâce à l’ou­til in­for­ma­tique. « Nous n’en sommes qu’au stade de la ré­flexion. Ce se­ra long à mettre en oeuvre », pré­vient le bâ­ton­nier.

(Pho­to C.H.)

Me Na­tha­lie Abran avec le bâ­ton­nier tou­lon­nais Eric Goi­rand. Elle a été l’une des pion­nières dans le do­maine de la tran­sac­tion im­mo­bi­lière.

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