Pri­son à per­pé­tui­té pour Sa­mir Dar­dou­ri

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - France -

Un ver­dict qua­si conforme aux ré­qui­si­tions de l’avo­cat gé­né­ral: hier, la cour d’as­sises des Bouches-du-Rhône a condam­né à la ré­clu­sion cri­mi­nelle à per­pé­tui­té et 21 ans de sû­re­té Sa­mir Dar­dou­ri pour le meurtre de Jé­ré­mie La­brousse. La veille, Oli­vier Ci­vi­gnou avait re­quis la per­pé­tui­té et 22 ans de sû­re­té pour ce « chas­seur aguer­ri à l’ex­trême dan­ge­ro­si­té ». «La vraie per­pé­tui­té réelle, c’est pour Jé­ré­mie », avait-il ajou­té. Ce jeune de 21 ans, d’ori­gine vos­gienne, étu­diait à l’école de com­merce mar­seillaise Kedge Bu­si­ness School et ve­nait de s’ins­tal­ler à Nice et de dé­bu­ter un stage à l’hô­tel Fair­mont Mon­teCar­lo.

Ver­sions contra­dic­toires

Dé­crit comme « brillant et sans his­toires » par ses proches, il avait été sau­va­ge­ment agres­sé et égor­gé vers 23 h 30 le 9 août 2013, à deux pas de la gare SaintC­harles, à Mar­seille, où il se ren­dait pour al­ler cher­cher une amie. « J’ar­rive dans deux mi­nutes », fut le der­nier tex­to écrit par Jé­ré­mie La­brousse à cette amie. Quelques mi­nutes plus tard, il était frap­pé à la gorge avec un tes­son de bou­teille. Il était mort deux jours après. L’en­quête mi­nu­tieuse avait conduit à Sa­mir Dar­dou­ri, un Ma­ro­cain de 32 ans qui avait dé­jà eu, sous plu­sieurs iden­ti­tés, maille à par­tir avec les jus­tices belge, al­le­mande et ita­lienne et qui était in­car­cé­ré de­puis la fin août en Bel­gique pour ten­ta­tive de vol avec vio­lences et arme : un tes­son de bou­teille. Le meur­trier, qui avait mul­ti­plié les ver­sions des faits lors de l’en­quête, a d’abord nié au tout dé­but de son pro­cès avant d’avouer, quelques mi­nutes plus tard : « C’est moi qui l’ai as­sas­si­né. » Aux po­li­ciers, il avait ex­pli­qué avoir vou­lu vo­ler la montre de Jé­ré­mie, une Swatch va­lant quelques di­zaines d’eu­ros.

« On ne sait pas exac­te­ment qui il est »

L’air toujours ab­sent et qua­si­ment muet tout au long du pro­cès, Dar­dou­ri n’est pas consi­dé­ré comme fou par les ex­perts psy­chiatres. «C’est un sur-si­mu­la­teur, il a des troubles mais en ra­joute », a conclu l’un d’eux. Du­rant l’en­quête et son pro­cès, l’ac­cu­sé, connu sous 140 alias, a conti­nué d’en­tre­te­nir le flou sur son âge, sa na­tio­na­li­té, ses noms et pré­noms. « Dar­dou­ri n’est que l’une des iden­ti­tés qu’il a uti­li­sée, mais on ne sait pas exac­te­ment qui il est », a dé­cla­ré son avo­cat Me Jé­rôme Pouillaude, ad­met­tant la très grande dif­fi­cul­té à dé­fendre son client. «Nous sa­vons tous qu’il est bien l’au­teur de ce geste. » En por­tant le coup de tes­son à la gorge de Jé­ré­mie La­brousse, Dar­dou­ri «n’a lais­sé au­cune chance à la vic­time », avaient conclu les ex­perts.

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