Ch­ris­tophe Cas­ta­ner un Pro­ven­çal dé­ter­mi­né

Le dé­pu­té-maire de For­cal­quier (Alpes-de-Haute-Pro­vence) et ex-can­di­dat aux ré­gio­nales de­vient se­cré­taire d’État char­gé des re­la­tions avec le Par­le­ment, et porte-pa­role du gou­ver­ne­ment

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - France - K. M. kmi­chel@ni­ce­ma­tin.fr

Porte-pa­role d’Em­ma­nuel Ma­cron pen­dant la cam­pagne qui a me­né ce der­nier à l’Ély­sée, Ch­ris­tophe Cas­ta­ner voit sa fa­conde et son en­ga­ge­ment aux cô­tés du nou­veau pré­sident de la Ré­pu­blique ré­com­pen­sés du se­cré­ta­riat d’État char­gé des re­la­tions avec le Par­le­ment, et nou­veau porte-pa­role du gou­ver­ne­ment. Un poste clé, plus par­ti­cu­liè­re­ment en­core dans la pers­pec­tive du re­nou­vel­le­ment qui se des­sine à l’As­sem­blée na­tio­nale : car rien ne per­met au­jourd’hui de dire qu’Em­ma­nuel Ma­cron dis­po­se­ra d’une ma­jo­ri­té par­le­men­taire le 18 juin, au soir du se­cond tour des lé­gis­la­tives.

Rap­por­teur de la loi Ma­cron

Le Par­le­ment, Ch­ris­tophe Cas­ta­ner en­tend en faire à nou­veau par­tie en bri­guant, sous l’éti­quette «La Ré­pu­blique en marche ! », un nou­veau man­dat dans la même cir­cons­crip­tion que celle ga­gnée en 2012. Le dé­pu­té a été sé­duit par l’an­cien mi­nistre de l’éco­no­mie alors qu’il était l’un des rap­por­teurs de la loi Ma­cron. « J’ai ap­pré­cié l’homme, la mé­thode, le prag­ma­tisme » nous confiait Ch­ris­tophe Cas­ta­ner en no­vembre der­nier. Au point de voir en Em­ma­nuel Ma­cron la seule pos­si­bi­li­té « d’avoir un can­di­dat de gauche au se­cond tour » de la pré­si­den­tielle. Et d’ap­pe­ler au re­trait de Be­noît Ha­mon après la pri­maire de la gauche. Maire de For­cal­quier de­puis 2001, élu dé­pu­té PS en 2012, Ch­ris­tophe Cas­ta­ner est choi­si par les mi­li­tants PS comme tête de liste aux élec­tions ré­gio­nales de 2015. La Ré­gion dont il est un des élus de­puis 2004 aux cô­tés du pré­sident Vau­zelle. Mais la gauche ar­rive en troi­sième po­si­tion au soir du pre­mier tour. Ch­ris­tophe Cas­ta­ner res­te­ra donc ce­lui qui choi­sit de bar­rer la route de la jeune fron­tiste Ma­rion Ma­ré­chal-Le Pen en re­ti­rant sa liste au pro­fit de celle de Ch­ris­tian Es­tro­si. La lutte contre le FN est ins­crite dans son « ADN so­cia­liste », dit-il. En dé­but d’an­née 2016, il re­joi­gnait le mou­ve­ment «En marche!» avant de se mettre en congé du PS en mars der­nier. Le Pro­ven­çal, qui n’a ja­mais oc­cu­pé jusque-là de fonc­tions mi­nis­té­rielles, a ce­pen­dant tra­vaillé au ca­bi­net de Ca­the­rine Traut­mann, mi­nistre de la Culture en 1997, puis de Mi­chel Sapin, alors mi­nistre de la Fonc­tion pu­blique, de 2000 à 2002.

« Par­fait pour ré­ci­ter le ca­té­chisme ma­cro­nien »

Am­bi­tieux, dé­ter­mi­né, l’homme de gauche, qui a su voir en Ma­cron l’homme de la si­tua­tion, sus­cite ce­pen­dant quelques griefs dans son propre camp. Ses ré­flexions sur le PS, par exemple, ont du mal à pas­ser, comme cer­taines re­marques for­mu­lées à l’en­contre de Fran­çois Hol­lande. «C’est l’homme qui convient à ce mo­ment de grande confu­sion. Beau­coup d’am­bi­tion, moins de convic­tions, il est par­fait pour ré­ci­ter le ca­té­chisme ma­cro­nien... », glisse-t-on en­core dans quelque al­côve feu­trée ré­gio­nale. Né à Ol­lioules, dans le Var, il y a 51 ans, ju­riste de for­ma­tion, Ch­ris­tophe Cas­ta­ner, est ma­rié et père de deux en­fants.

(Pho­to d’ar­chives Franck Fer­nandes)

C’est une « mis­sion dif­fi­cile » dont Ch­ris­tophe Cas­ta­ner s’est dit « ho­no­ré » hier.

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