Coeur chaud et tête froide

Vé­ri­table hé­ros de cette de­mi-fi­nale, le jeune An­tho­ny Bel­leau sa­voure son bon­heur. Mais ne veut sur­tout pas s’y at­tar­der : « Le plus dur reste à faire... »

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Sports - PHI­LIPPE BERSIA

Ce ma­tin comme hier, il ne va rien lire, rien re­gar­der. Juste s’en­fer­mer dans sa bulle pour sa­vou­rer en­core un peu avant de se pro­je­ter... Car il sait qu’il n’a en­core rien ga­gné, rien prou­vé sur la du­rée. Mais de­puis ce ven­dre­di soir et ce drop mer­veilleux qui a ponc­tué une pres­ta­tion de qua­li­té et don­né la vic­toire au RCT, An­tho­ny Bel­leau est dé­jà sor­ti de l’ombre et de l’ano­ny­mat. Du haut de ses 21 ans, le jeune de­mi d’ou­ver­ture tou­lon­nais im­pres­sionne par son calme et sa ma­tu­ri­té.

« Je n’avais rien à perdre »

Comme il a dé­clen­ché ce drop sans se po­ser de ques­tions sous la pres­sion, il ne cille sous les feux des mi­cros et des pro­jec­teurs : « À mon âge, on pour­rait être ten­té de pro­fi­ter à fond, d’écou­ter tout ce qui se dit, tout ce qui est bien, mais ça peut al­ler très vite dans l’autre sens. Je vais res­ter tran­quille, calme et je vais me pro­je­ter sur le match de la se­maine pro­chaine », ex­pli­quait-il sim­ple­ment après-coup. Ap­plau­di par ses co­équi­piers, en­cen­sé par Ri­chard Co­cke­rill, et dé­jà as­sailli de coups de té­lé­phone, Bel­leau, trois ti­tu­la­ri­sa­tions au­jourd’hui, ap­prend le haut ni­veau en ac­cé­lé­ré. « Pour mes dé­buts, en oc­tobre dé­jà face à La Ro­chelle, je m’étais mis beau­coup de pres­sion. J’étais sor­ti à la mi-temps. J’avais fait une pres­ta­tion un peu ca­tas­tro­phique, ex­plique l’ou­vreur. Ça m’a ser­vi de le­çon. Je l’avais dans un coin de la tête, mais il ne fal­lait pas que ce sen­ti­ment prenne le des­sus sur l’en­jeu du match. Je ne de­vais pas pen­ser à moi. Même si, c’est vrai, j’avais à coeur de me ra­che­ter. Vu notre sai­son, il y avait beau­coup d’émo­tion avant-match, mais une fois que le coup d’en­voi est don­né, c’est un match de rug­by. Il faut jouer, et voi­là... » Aus­si sim­ple­ment que ça, le mi­not a su ap­pri­voi­ser cette de­mi-fi­nale et même s’y illus­trer au-de­là des es­poirs les plus fous.

Les conseils de Jon­ny

Mais il ne risque pas de ti­rer la cou­ver­ture à lui : « À mon âge, se re­trou­ver ti­tu­laire en de­mi-fi­nale, je n’avais rien à perdre. J’ai sur­tout été très bien en­ca­dré par tous les an­ciens qui ont dé­jà ga­gné des titres. Je les re­mer­cie. Ça m’a énor­mé­ment ser­vi pen­dant le match. » Tout à son bon­heur conte­nu, An­tho­ny évoque aus­si le tra­vail pas­sé qui, sur ce coup, a payé : « J’es­saie tou­jours de res­ter sé­rieux. On ne sait ja­mais... Quand j’ai ap­pris ma ti­tu­la­ri­sa­tion, ça m’a fait énor­mé­ment plai­sir. On s’en­traîne pour ça, pour es­sayer de jouer le plus pos­sible. Le contexte a fait que j’ai pris ce drop à la fin. Mais le plus dur va ar­ri­ver. J’en ai mis un ce soir (ven­dre­di, Ndlr). Je sou­haite en mettre d’autres, mais bon... Je m’en­traîne avec Jon­ny et je suis ses conseils. C’est sur des mo­ments comme ça que ça peut payer… » Pour au­tant, il a en­core du mal à réa­li­ser que sa vie va peut-être bas­cu­ler sur cette qua­li­fi­ca­tion in­es­pé­rée et ce coup de pied ma­gis­tral. Car il pa­raît évident au­jourd’hui que Mou­rad Boud­jel­lal ne le prê­te­ra pas l’an pro­chain à Agen. Sur ce su­jet aus­si, An­tho­ny Bel­leau ne veut rien sa­voir : « Je n’en ai pas dis­cu­té avec lui. Au­jourd’hui, le plus im­por­tant est de pro­fi­ter de ce mo­ment et de me pro­je­ter sur la fi­nale. On ver­ra après ce qu’il se pas­se­ra… ».A prio­ri, c’est tout vu.

(Pho­tos Luc Bou­tria/Do­mi­nique Le­riche)

Ap­pe­lé à rem­pla­cer Trinh-Duc au pied le­vé, An­tho­ny Bel­leau,  ans, a don­né ven­dre­di la vic­toire au RCT sur un drop as­sas­sin que son maître, Jon­ny Wil­kin­son, n’au­rait pas re­nié...

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