Em­ma­nuel Ma­cron, pré­sident de la Ré­pu­blique

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Décès De Simone Veil -

En Si­mone Veil, la France perd une de ses plus émi­nentes fi­gures. Mar­quée par la dou­leur in­ef­fa­çable de la dé­por­ta­tion, à la­quelle elle sur­vé­cut, mais où elle per­dit ses pa­rents et son frère, elle consa­cra sa vie aux plus nobles causes de la Ré­pu­blique. Les femmes, fil rouge de tous ses com­bats, par­ti­cu­liè­re­ment quand elle por­ta avec un cou­rage in­las­sable la loi sur l’in­ter­rup­tion vo­lon­taire de gros­sesse, qui mit un terme à tant de si­tua­tions in­hu­maines. La jus­tice, comme ma­gis­trate, où elle dé­fen­dit le sort des pri­son­niers, puis comme membre du Con­seil consti­tu­tion­nel. La san­té et la pro­tec­tion so­ciale, sous les sep­ten­nats de Va­lé­ry Gis­card d’Es­taing et de Fran­çois Mit­ter­rand, du­rant les­quels elle me­na des ré­formes im­por­tantes. Elle dé­fen­dit avec une éner­gie in­épui­sable l’Eu­rope, en par­ti­cu­lier comme dé­pu­tée puis pré­si­dente du Par­le­ment eu­ro­péen. Son hu­ma­nisme in­tran­si­geant for­gé par l’hor­reur des camps fit d’elle l’al­liée constante des plus faibles et l’en­ne­mie ré­so­lue de la moindre com­pro­mis­sion po­li­tique avec l’ex­trême-droite. Elle por­tait haut ces va­leurs comme membre de l’Aca­dé­mie fran­çaise. Elle tra­vailla sans re­lâche pour la mémoire de la Shoah, avec gra­vi­té et di­gni­té. En tant que pre­mière pré­si­dente de la Fon­da­tion pour la Mémoire de la Shoah, elle fit com­prendre à des gé­né­ra­tions de Fran­çais la sin­gu­la­ri­té du gé­no­cide juif. L’es­prit de la Na­tion se nour­rit de vies exem­plaires. La vie de Si­mone Veil fut de celles-ci. Elle fit hon­neur à la France et nous montre ce que nous sa­vons être lorsque nous li­vrons les com­bats de la li­ber­té et du pro­grès.

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