Elles ont 20, 40, 60 ans... cha­cune ra­conte sa Si­mone Veil

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Décès De Simone Veil - STÉ­PHA­NIE GASIGLIA sga­si­glia@ni­ce­ma­tin.fr

Ses actes et ses pa­roles nous ont tou­jours ins­pi­rées et nous ins­pi­re­ront tou­jours »... Et pour Alice, co­mé­dienne, écrivain et met­teur en scène de théâtre, ce « nous», ce sont les femmes. Toutes. Sans ex­cep­tion, pour peu qu’elles érigent leur li­ber­té en prio­ri­té ab­so­lue. « Nous », toutes les femmes pour qui Si­mone Veil est un mo­dèle. Une com­bat­tante... Cette Ni­çoise de 38 ans, ma­man d’un pe­tit gar­çon de 12 ans, Ma­this, évoque l’an­cienne mi­nistre de la San­té avec un im­mense res­pect. Gra­vée en­core elle, cette phrase lan­cée en 1974 dans une As­sem­blée na­tio­nale où le cos­tume cra­vate est roi : «Jene suis pas de ceux et de celles qui re­doutent l’ave­nir ». Si­mone Veil dé­fen­dait alors son texte sur la lé­ga­li­sa­tion de l’avor­te­ment avec le cou­rage et la dé­ter­mi­na­tion d’une lionne qui joue sa vie.

« Non à la clan­des­ti­ni­té à la honte »

Pour Alice, Si­mone Veil est et res­te­ra une ré­fé­rence. Un che­min à suivre...

« Cette femme de com­bat a chan­gé le monde, notre monde, en nous per­met­tant à nous les femmes de dire “non” à la clan­des­ti­ni­té, à la honte et à la mu­ti­la­tion, aus­si, trop sou­vent ». En re­gar­dant son fils avec un amour in­fi­ni, la co­mé­dienne sou­rit. Les en­fants, l’ave­nir

du monde... « Si­mone Veil avait foi en la jeu­nesse. Elle de­man­dait à ce qu’on fasse confiance aux jeunes pour conser­ver à la vie sa va­leur su­prême ». « Sans Si­mone Veil, je ne se­rai sans doute pas la femme et la mère que je suis au­jourd’hui », tranche la dy­na­mique jeune femme à la chevelure de feu.

« Plus de cou­rage que beau­coup d’hommes »

Katia, de confes­sion juive, veut, de son cô­té, rendre hom­mage à Si­mone Veil,

la sur­vi­vante. « J’ai trois fillettes de 9, 12 et 13 ans et de­mi et je leur ai dé­jà par­lé d’elle. Qu’elle avait sur­vé­cu à l’hor­reur. Qu’elle avait fait de ses souf­frances une force. C’est un mo­dèle pour nous toutes. Et pour les hommes aus­si ! Elle a eu bien plus de cou­rage dans sa vie que la plu­part d’entre eux. Elle était fière de ce qu’elle était, de son his­toire. Contrai­re­ment à d’autres elle a tou­jours conser­vé sur le bras le tatouage de son ma­tri­cule à Au­sch­witz. »

« Une vraie féministe »

Pour Sté­fa­ny, tout juste 20 ans, étu­diante en so­cio­lo­gie, Si­mone Veil, ça veut en­core dire quelque chose. « C’était pour moi une vraie féministe. Pas comme la plu­part de celles qui disent l’être et qui s’of­fusquent parce que dans une pu­bli­ci­té, une femme montre un bout de sein. Si­mone Veil était libre et li­bé­rée. Elle nous a per­mis d’une cer­taine fa­çon de dis­po­ser de notre corps comme on le vou­lait. Elle a fait avan­cer les droits des femmes à pas de géant », lâche cette grande et jo­lie blonde. Sa

tante, Sandra, 47 ans, ac­quiesce : «Je ne sais pas s’il existe des femmes po­li­tiques de sa trempe en­core au­jourd’hui. Des femmes po­li­tiques de qui on pour­ra dire dans des di­zaines d’an­nées : elles ont fait bou­ger les choses... Pour l’ins­tant, je n’en vois pas ».

(Pho­to S.G.)

Alice et son fils Ma­this. Pour cette Ni­çoise, Si­mone Veil res­te­ra un che­min à suivre...

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.