Contrôles rou­tiers: un été sous haute sur­veillance

Les gen­darmes des bri­gades mo­biles ont pro­cé­dé jeu­di à une vaste opé­ra­tion de sen­si­bi­li­sa­tion et de ré­pres­sion. Sur les six der­niers mois, le Golfe a connu une hausse de 34 % des ac­ci­dents

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - L’info Du Jour - S. CHAUDHARI

Au beau mi­lieu de la chaus­sée, en gi­let jaune et ca­lot sur la tête, un gen­darme de la bri­gade mo­to­ri­sée siffle le conduc­teur d’un deux­roues et lui in­dique, d’un signe de la main, de s’ar­rê­ter sur le cô­té. Il s’exé­cute. « Vous sa­vez pour­quoi on vous ar­rête? », in­ter­roge le mi­li­taire. « Je n’ai pas mes gants? », avance ti­mi­de­ment le jeune pi­lote en short et basket. Les gants ho­mo­lo­gués sont obli­ga­toires de­puis no­vembre 2016. «Tout à fait. L’amende est de 68 € ! », an­nonce le gen­darme. « Aïe… ».

Une quin­zaine de mi­li­taires

Cette scène s’est, peu ou prou, ré­pé­tée 22 fois jeu­di en fin de jour­née à la sor­tie de Saint-Tro­pez, lors de l’opé­ra­tion de contrôles rou­tiers or­ga­ni­sée par la pré­fec­ture du Var. Une ac­tion de sen­si­bi­li­sa­tion et de ré­pres­sion qui en a sur­pris plus d’un. Conduc­teurs, pas­sa­gers, mais aus­si pié­tons et ré­si­dents se sont d’abord éton­nés du vaste dis­po­si­tif mis en place. À tel point que, pour cer­tains, il s’agis­sait même d’un « bar­rage » des­ti­né à re­cher­cher une per­sonne en fuite ! Étaient pos­tés, de part et d’autre de l’ave­nue du Gé­né­ral-de-Gaulle, au ni­veau du Pi­lon, pas moins de 15 mi­li­taires de la bri­gade mo­bile de Gas­sin, de Pu­get, des ré­ser­vistes opé­ra­tion­nels et une équipe cy­no­phile. « Nous tra­vaillons sur ré­qui­si­tion du Pro­cu­reur, pré­cise le co­lo­nel Ch­ris­tophe Herr­mann, com­man­dant le grou­pe­ment de gen­dar­me­rie du Var.

Tou­jours les mêmes causes mor­telles

« Ce­la per­met de pro­cé­der à des contrôles d’iden­ti­té des conduc­teur et pas­sa­gers. Et de prendre en­suite connais­sance, via un fi­chier, des an­té­cé­dents ju­di­ciaires et un éven­tuel clas­se­ment en fi­chier S. » L’opé­ra­tion vi­sait, en pre­mier lieu, à faire chu­ter le nombre de dé­cès sur la route, y com­pris dans le Golfe où la ten­dance est à l’aug­men­ta­tion. Si l’al­coo­lé­mie, les stu­pé­fiants, la vi­tesse et les in­frac­tions au code de la route res­tent les prin­ci­pales causes des ac­ci­dents mor­tels, Ke­vin Mazoyer, di­rec­teur de ca­bi­net du pré­fet du Var, pré­cise : « Nous avons de plus en plus de cas de per­sonnes qui ont un ac­ci­dent tous seuls. La plu­part du temps, ils étaient en train de consul­ter leur té­lé­phone. » De­puis le 1er jan­vier 2017, la route a fau­ché 33 vies dans le Var (le der­nier ac­ci­dent s’étant pro­duit le week-end der­nier à Ca­va­laire). Sur ces 33 dé­cès, 15 cir­cu­laient en deux-roues. Dans le Golfe, sur la même pé­riode, 41 ac­ci­dents ont été ré­per­to­riés (contre 27 en 2 016) et cinq per­sonnes tuées (contre 3).

Bi­lan : plus de  PV dres­sés

Le bi­lan des 3 h 30 de contrôles ? « Vingt-trois non-port de gants en deux-roues mo­to­ri­sés, deux al­coo­lé­mies, deux cein­tures (conduc­teur et pas­sa­ger) man­quantes, un té­lé­phone en condui­sant, un fran­chis­se­ment de ligne conti­nue, un dé­faut d’as­su­rance, un dé­faut de per­mis de conduire, deux non-port du casque (ou mal at­ta­chés, c’est pa­reil), un casque non ho­mo­lo­gué », fait sa­voir le chef d’es­ca­dron Sé­bas­tien Gi­bier, com­man­dant l’EDSR du Var. Toutes ces per­sonnes ont été ver­ba­li­sées. D’autres ac­tions d’en­ver­gure an­nonce la pré­fec­ture. Les conduc­teurs et pi­lotes sont donc pré­ve­nus : le nombre et la fré­quence des contrôles rou­tiers ne flé­chi­ront pas cet été !

(Pho­tos S. Ch.)

Di­li­gen­tée par le pré­fet du Var, l’opé­ra­tion in­cluait de nom­breux contrôles d’iden­ti­té.

Gros dis­po­si­tif in­cluant «Gun», le ma­li­nois de l’équipe cy­no­phile.

Une at­ten­tion par­ti­cu­lière a été por­tée sur les deux-roues.

Ra­dar mo­bile de vi­tesse.

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