L’es­croc aux tra­vaux sur­fac­tu­rés avait mis deux re­trai­tés sur la paille

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Grand Sud - G. D.

Cin­quante-deux chèques en­cais­sés en qua­torze mois, pour un mon­tant to­tal de 61480€, au pré­ju­dice d’un couple d’oc­to­gé­naires de Roquebrune-sur-Ar­gens aux re­ve­nus mo­destes. C’est l’escroquerie et l’abus de fai­blesse sur per­sonnes vul­né­rables qui ont conduit Jé­ré­my, un ser­veur de 28 ans, de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Dra­gui­gnan. La ma­tu­ri­té ve­nant avec l’âge, il a je­té un re­gard nou­veau sur ces faits, com­mis entre août 2013 et oc­tobre 2014, et il y a ex­pri­mé des re­grets. Il a été condam­né à un an de pri­son avec sur­sis et mise à l’épreuve, com­por­tant l’obli­ga­tion de tra­vailler et d’in­dem­ni­ser ses vic­times. L’une d’elles est au­jourd’hui dé­cé­dée.

Ta­rifs pro­hi­bi­tifs

L’en­quête des gen­darmes, après la plainte de Char­lotte, 87 ans, a mon­tré que les tra­vaux de ré­no­va­tion de sa mai­son, que Jé­ré­my l’avait per­sua­dée de lui confier sans le moindre de­vis, avaient été lar­ge­ment sur­fac­tu­rés. Leur coût avait même été ju­gé exor­bi­tant, eu égard à la piètre qua­li­té des ma­té­riaux uti­li­sés et leur mise en oeuvre aléa­toire. Ain­si le sys­tème d’alarme, pro­po­sé à 399€ en ma­ga­sin de bri­co­lage, avait été fac­tu­ré 14000€ à Char­lotte. Le pot aux roses a été dé­cou­vert en août 2015, quand la fille de Char­lotte a été dé­si­gnée comme tu­trice de sa mère, après que le diag­nos­tic de la ma­la­die d’Alz­hei­mer a été po­sé. À ce mo­ment-là, il ne res­tait plus sur le compte de Char­lotte que 800€. Son pa­tri­moine avait été di­la­pi­dé et elle ne pou­vait plus dé­sor­mais comp­ter que sur une pen­sion de 790€, après le dé­cès de son com­pa­gnon à l’âge de 89 ans.

Prise de conscience à re­tar­de­ment

Au cours de l’en­quête, Jé­ré­my avait re­con­nu qu’il n’avait ja­mais rien dé­cla­ré au fisc de ces gains. Mais que pour ce qu’il lui avait sem­blé, les re­trai­tés étaient en bonne san­té et avaient toute leur tête. Ve­nu libre à l’au­dience, il a conve­nu que ce qu’il avait fait n’était pas bien jo­li. « Mal­gré tout, les tra­vaux ont été exé­cu­tés. À l’époque j’étais jeune. J’ai fait une grosse bê­tise. » Le pro­cu­reur a re­quis deux ans de pri­son, dont un as­sor­ti d’un sur­sis avec mise à l’épreuve, et de­man­dé au tri­bu­nal d’or­don­ner un man­dat de dé­pôt à la barre pour la par­tie ferme de la peine. Les ma­gis­trats ne sont pas al­lés jusque-là. Au plan ci­vil, ils ont condam­né Jé­ré­my à rem­bour­ser à Char­lotte, dé­sor­mais at­teinte de dé­mence et gra­ba­taire, les 61480€ de ce chan­tier, outre 1000€ de pré­ju­dice mo­ral.

(Pho­to DR)

Le jeune es­croc de Roquebrune-sur-Ar­gens a évi­té la case pri­son ferme.

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