Ac­cou­che­ment à do­mi­cile: une sa­ge­femme se dé­fend de­vant ses pairs

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - France -

Sage-femme à do­mi­cile, Isa­belle Koe­nig a nié, hier, de­vant la chambre dis­ci­pli­naire du Con­seil de l’Ordre avoir pris des « risques in­jus­ti­fiés » pour ses pa­tientes et dé­plo­ré l’hos­ti­li­té d’une par­tie du monde mé­di­cal à l’en­contre de cette pra­tique très mar­gi­nale.

Deux concep­tions qui s’op­posent

Avec fé­bri­li­té, la sage-femme de 58 ans, convo­quée de­vant ses pairs à Pa­ris, s’est le­vée en fin d’au­dience pour sou­hai­ter « ar­dem­ment que le dialogue re­prenne » avec ses confrères et gy­né­co­logues qui exercent dans les hô­pi­taux, non sans sou­li­gner que deux concep­tions de leur tra­vail les op­posent, se­lon elle : l’une « pri­vi­lé­giant l’hu­main », l’autre « ul­tra mé­di­ca­li­sée ». L’hôpital, Mme Koe­nig y a exer­cé pen­dant 32 ans, avant de dé­ci­der en 2015 de s’ins­tal­ler en li­bé­ral près de Tours (Indre-et Loire) sans pré­voir au dé­but de faire des ac­cou­che­ments à do­mi­cile. Elle noue une conven­tion avec la ma­ter­ni­té de Chi­non pour ac­cé­der au pla­teau tech­nique, mais « le con­tact passe mal » et l’éta­blis­se­ment, qui lui re­proche de ne pas res­pec­ter son pro­to­cole, met fin à l’ac­cord deux ans plus tard. Les cas de trois femmes prises en charge de ma­nière « ex­trê­me­ment chao­tique » et trans­fé­rées « tar­di­ve­ment à l’hôpital » de Chi­non et de Tours après des com­pli­ca­tions lors de leur ac­cou­che­ment chez elles sont no­tam­ment poin­tés du doigt par le con­seil de l’Ordre d’Indre-et-Loire, qui dé­pose plainte après des si­gna­le­ments du per­son­nel hos­pi­ta­lier. Si l’ac­cou­che­ment à do­mi­cile (AAD), est rare et re­pré­sente moins de 1 % des naissances en France, mais 90 % dans le monde, il est néan­moins « un droit », a re­le­vé ce ven­dre­di la chambre dis­ci­pli­naire, alors qu’on es­time à moins de 60 le nombre de sages-femmes qui le pra­tiquent.

Au­cune plainte dé­po­sée

Mais « quand on prend la dé­ci­sion de s’éloi­gner des pra­tiques ha­bi­tuelles, on se doit d’être ir­ré­pro­chable », a fus­ti­gé l’avo­cate de l’Ordre, Emmanuelle Des­cot, s’éton­nant que la sa­ge­femme n’ait pas vi­si­té le lo­ge­ment d’une de ses pa­tientes, où les se­cours ont dû em­prun­ter un es­ca­lier en co­li­ma­çon. Pour l’avo­cat, c’est en fait le pro­cès de l’ac­cou­che­ment à do­mi­cile qu’on tente de faire, bien que l’Ordre ait ten­té de s’en dé­fendre, hier. Au­cune de ces femmes n’a por­té plainte, in­siste-t-il.

(Pho­to d’illus­tra­tion N.M.)

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