Bar­det ne pro­met rien

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Sports -

Je ne vends pas du rêve, je ne pro­mets pas un ré­sul­tat », a in­sis­té Ro­main Bar­det à la veille du dé­part du Tour de France qu’il a ter­mi­né l’an pas­sé à la deuxième place. A la fois am­bi­tieux et réa­liste, le grim­peur de l’équipe AG2R La Mon­diale in­vite à «ne pas avoir une vi­sion stricte du ré­sul­tat ».

Vous ne vou­lez pas dire ‘‘Je veux ga­gner le Tour’’ ?

Tout le monde veut me le faire dire, et de plus en plus. Mais je suis là pour faire le mieux possible. Comp­tez sur moi pour me battre jus­qu’à Pa­ris au maxi­mum et don­ner le meilleur de moi-même. Je prends le dé­part de mon cin­quième Tour de France, le qua­trième dans l’op­tique du clas­se­ment gé­né­ral, je sais ce que c’est. Je n’ai ja­mais adop­té de pos­ture dé­fen­sive. A for­tio­ri après avoir ter­mi­né deuxième du Tour, je vais m’au­to­ri­ser à prendre en­core plus de risques pour le meilleur, quitte à le payer un peu plus tard. Je pré­fère me mettre en dan­ger pour es­sayer de conti­nuer à tu­toyer les som­mets. La réus­site passe par l’at­taque. La prise de risque doit aus­si être cal­cu­lée, je sais qu’il faut être pa­tient, puisque l’an­née der­nière j’ai cons­truit mon po­dium sur les der­niers jours de course. Mais je ne vends pas du rêve, je ne pro­mets pas un ré­sul­tat.

Etes-vous plus fort phy­si­que­ment que l’an der­nier ?

On a plus de cer­ti­tudes au dé­part, la pré­pa­ra­tion s’est faite dans la sé­ré­ni­té. En , j’avais an­non­cé que l’ob­jec­tif à moyen terme se­rait un po­dium dans un grand tour. C’est ve­nu dès l’an der­nier et c’est tant mieux car ça va­li­dait toute une dé­marche d’entraînement, de pro­gres­sion, de struc­tu­ra­tion d’une équipe. Main­te­nant, on est ar­ri­vé à notre rythme de croi­sière. L’ob­jec­tif, c’est d’être à ce ni­veau de per­for­mance an­née après an­née. Mais le dé­ter­mi­nant du ré­sul­tat brut n’est pas seule­ment la per­for­mance phy­sique.

Comment ana­ly­sez-vous vos ad­ver­saires ?

Phy­si­que­ment, c’est Porte qui m’a fait la plus grosse im­pres­sion. Il a do­mi­né son su­jet dans la mon­tagne et les chro­nos. Il n’a ja­mais ga­gné un grand tour ou même mon­té sur le po­dium mais il a une équipe forte au­tour de lui et il a pris ses marques l’an der­nier. Pour moi, il est le cou­reur à battre avec Froome qui se dit prêt et doit l’être. L’an der­nier, il (Froome) nous avait dé­jà im­pres­sion­né en at­ta­quant là où on ne l’at­ten­dait pas. Quin­ta­na et Con­ta­dor ont une ex­pé­rience énorme des grands tours, ils les ont ga­gnés, mais il y a toute une pléiade de cou­reurs, huit ou dix, qui vont fi­na­le­ment se ré­par­tir les bonnes places dans les étapes de mon­tagne. L’as­pect tac­tique aus­si pour­ra faire la différence. En fait, au ni­veau des fa­vo­ris, il y a une den­si­té as­sez rare cette an­née.

(Pho­tos AFP)

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