Quand les chiffres parlent, ils ac­cusent…

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Détente - Le billet de Phi­lippe Bou­vard

De­puis Na­po­léon Ier, l’Etat ne jette ja­mais l’ar­gent des contri­buables par les fe­nêtres sans qu’il tombe dans la Cour des comptes. D’ha­bi­tude, la haute ins­tance pointe sur­tout la pro­di­ga­li­té des gou­ver­nants et l’aug­men­ta­tion ef­fré­née des im­pôts. Cette fois, et s’agis­sant du quin­quen­nat qui vient de s’ache­ver, les Sages de la rue Cam­bon dé­noncent les er­rances de la ges­tion, les men­songes du bi­lan et le ca­rac­tère ir­réa­li­sable des pro­messes. Avec, pour prin­ci­pale ac­cu­sé, un pré­sident di­plô­mé des grandes écoles sans sa­voir comp­ter. D’où la pro­li­fé­ra­tion de dé­penses sous-éva­luées et ja­mais fi­nan­cées ain­si que des re­cettes sur­es­ti­mées. A quoi s’ajoute la fâ­cheuse ha­bi­tude de cal­mer les mé­con­ten­te­ments à coup de mil­liards d’eu­ros. Dans ces condi­tions, on voit mal com­ment M. Ma­cron (qui, à Ber­cy, a te­nu les cor­dons de la bourse pen­dant deux ans) sa­tis­fe­rait aux exi­gences des tech­no­crates bruxel­lois. Ni le grain qu’il pour­ra en­core moudre lorsque les syn­di­cats s’éver­tue­ront à rendre la ren­trée so­ciale de sep­tembre en­core plus tor­ride que ne le fut l’été. Sauf à af­fa­mer les pe­tits re­trai­tés pour les faire dis­pa­raître plus vite, à n’ad­mettre dans les uni­ver­si­tés que les étu­diants connais­sant dé­jà l’al­pha­bet et à pas­ser un coup de fil à Fran­çois Fillon pour lui de­man­der com­ment il s’y se­rait pris pour se pas­ser de cinq cent mille fonc­tion­naires.

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