Du po­tage pour la fée

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Détente -

Il n’y a pas que la Ré­pu­blique à être en marche. La Science éga­le­ment. Ain­si, tan­dis que M. Ma­cron s’éver­tuait, hier, à faire pas­ser le cou­rant dans un châ­teau long­temps éclai­ré à la chan­delle, les in­gé­nieurs af­fec­tés à la tran­si­tion éner­gé­tique com­men­çaient-ils à faire de nos dé­chets ali­men­taires les nou­veaux pour­voyeurs de la Fée Élec­tri­ci­té. On ima­gine le chan­ge­ment de dis­cours à la table fa­mi­liale. Les pa­rents n’or­don­ne­ront plus au pe­tit der­nier « To­to, fi­ni ton po­tage ! ». Ils frei­ne­ront plu­tôt son ap­pé­tit. Avec des en­cou­ra­ge­ments cir­cons­tan­ciés : « Plus tu lais­se­ras d’épi­nards dans ton as­siette et plus on pour­ra fer­mer Fes­sen­heim ». Car plus be­soin de cen­trales nu­cléaires ni de bar­rages hy­drau­liques puisque les dé­chets ali­men­taires je­tés dans une pou­belle mar­ron se­ront pré­cieu­se­ment ra­mas­sés, ache­mi­nés vers des uni­tés de dé­con­di­tion­ne­ment puis trai­tés dans des usines où l’on mé­ta­mor­pho­se­ra les dé­tri­tus du jour en len­de­mains qui chantent, qui font rou­ler les TGV et qui illu­minent la pla­nète. De la France, fonc­tion­nant dé­sor­mais à l’aide de tout ce qu’on n’a pas man­gé on re­mar­que­ra qu’elle a de beaux restes comme on le dit de cer­taines char­mantes vieilles dames. En­core fau­drat-il ex­pli­quer aux po­li­ti­ciens qui se ruent à la soupe que le pa­trio­tisme éco­no­mique exige main­te­nant qu’on

reste sur sa faim.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.