Mar­tin Bo­dard : « J’ai trou­vé ma voie »

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Var -

Comme beau­coup de jeunes gens, Mar­tin Bo­dard, 21 ans, avait une idée de sa vie pro­fes­sion­nelle as­sez vague. Dé­sor­mais, il sait où il va et à quoi il se destine. « J’ai pas­sé un bac Sciences et tech­no­lo­gie de l’agro­no­mie et du vi­vant, pour être pay­sa­giste, ex­plique-t-il. Mais il me man­quait quelque chose dans cette for­ma­tion et j’en cher­chais une où l’on est beau­coup plus en en­tre­prise. Je me suis ren­sei­gné sur des sa­lons pour étu­diants, où j’ai dé­cou­vert l’as­so­cia­tion des com­pa­gnons. J’ai d’abord vi­si­té la mai­son des com­pa­gnons à Nantes. Quand j’ai vu qu’ils pro­posent aus­si le mé­tier de vi­gne­ron, je m’y suis in­té­res­sé. J’ai trou­vé ce que je cher­chais pour ma for­ma­tion et ma vie fu­ture »

Le voyage et la dé­cou­verte des ré­gions

Le jeune Nan­tais ter­mine fin juillet sa pre­mière an­née de BTS. Il par­tage son temps entre les cours du lun­di au ven­dre­di de 20 h à 22 h et le sa­me­di de 8 h à 17 heures dans la mai­son des com­pa­gnons de la Tou­lon (à la Grande Tour­rache) et l’im­mer­sion dans le vi­gnoble du Châ­teau Mal­herbe, à Bormes-les-Mimosas. « C’est as­sez strict, et on est très bien ac­com­pa­gné, pré­cise-t-il. J’ai aus­si six se­maines par an pour le BTS dans des CFA en Al­sace, dans le Gers et dans le Ju­ra à rai­son de trois fois deux se­maines. C’est ce­la qui me plaît beau­coup chez les com­pa­gnons, le voyage et la dé­cou­verte des ré­gions. »

Une ex­pé­rience unique

En ar­ri­vant, il n’avait pas beau­coup de connais­sances sur la vigne. « J’ai fait beau­coup de che­min de­puis, as­sure-t-il. Je suis le deuxième com­pa­gnon ac­cueilli sur le do­maine Mal­herbe. J’ai été très in­té­gré dès le dé­but, car mon pré­dé­ces­seur est res­té un mois en même temps que moi. Mon pa­tron est gen­til et tout se passe bien ». L’état d’es­prit qui règne dans l’as­so­cia­tion lui convient tout au­tant. «Quand je suis ar­ri­vé chez les com­pa­gnons, je ne sa­vais pas à quoi m’at­tendre. Mais on est très en­ca­dré, épau­lé par les an­ciens qui ont ter­mi­né leur tour de France ». Il lui fau­dra cinq ans pour faire le sien en chan­geant chaque an­née de ville et de ré­gion.

Par­ta­ger les connais­sances et trans­mettre

La vie en col­lec­ti­vi­té dans la mai­son des com­pa­gnons ne lui a po­sé aucun pro­blème : «Ilyades tâches à ac­com­plir, comme pré­pa­rer le re­pas du soir, net­toyer les sa­ni­taires, tout ce qui par­ti­cipe à l’en­tre­tien. Mais aus­si l’or­ga­ni­sa­tion des loi­sirs, la pré­pa­ra­tion de sor­ties pour le groupe. Ce­la per­met aux gens d’être plus fra­ter­nels entre eux. Je suis dans mon élé­ment. Je me suis bien adap­té en ar­ri­vant à Tou­lon. Tout le monde s’en­tend bien. On met nos pro­blèmes de cô­té. On vit une ex­pé­rience unique et en­ri­chis­sante, que je recommande à tous les jeunes qui veulent une for­ma­tion en al­ter­nance, ré­mu­né­rée et qui n’ont pas peur de la vie en com­mu­nau­té. » En sep­tembre, il pour­sui­vra chez les com­pa­gnons du de­voir et dans un do­maine au­tour de Tou­louse. Après le BTS, il compte « voya­ger le plus pos­sible » dans di­verses ré­gions de l’hexa­gone puis à l’étran­ger pour «par­ta­ger les connais­sances et trans­mettre aus­si ce que j’ai ap­pris ». En plein ques­tion­ne­ment il y a un an, Mar­tin Bo­dard se pro­jette main­te­nant dans l’ave­nir. Avec as­su­rance : « Je vou­drais gra­vir les éche­lons, en com­men­çant par ou­vrier vi­ti­cole puis j’es­père mon­ter en sta­tut dans un do­maine. Ce qui est sûr, c’est que j’ai trou­vé ma voie. »

(Pho­to Laurent Mar­ti­nat)

Ori­gi­naire de Nantes, Mar­tin Bo­dard est en pre­mière an­née de BTS pour de­ve­nir vi­gne­ron. Il est en for­ma­tion au Châ­teau Mal­herbe, à Bormes-les-Mimosas.

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