« Un film tous les trois ans »

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Détente -

Quel a été le pro­ces­sus d’écri­ture du scé­na­rio ? Eric To­le­da­no : « C’est un pro­ces­sus clas­sique. D’abord on choi­sit l’angle. Là, l’idée est de dé­crire un ma­riage en ren­trant dans le mo­teur, en re­gar­dant du cô­té de ceux qui tra­vaillent. Fi­na­le­ment on a tous par­ti­ci­pé à des ma­riages, ou vu des cen­taines de films là-des­sus alors on a eu l’idée d’in­ver­ser le re­gard, on prend la fête de l’autre cô­té d’où le titre Le sens de la fête. C’est notre point de dé­part. Après, on glane des idées pen­dant deux trois mois, par exemple comment le pe­tit en­tre­pre­neur gère ses équipes, etc. Puis on passe au ré­su­mé com­plet des sé­quences, sans dia­logue. La phase la plus agréable est de pas­ser au dia­logue, deux-trois scènes par jour qu’on ré­dige en ping-pong, une mé­thode un peu ar­ti­sa­nale de

po­lish. Ce­la dure trois, quatre mois où on se passe la balle, de temps en temps on sort, on montre à quel­qu’un, un ac­teur, un pro­duc­teur, on at­tend le re­tour, on tra­vaille sur les dé­fauts… Puis un jour, on dit stop, on dé­cide de le mettre en pro­duc­tion. Fi­na­le­ment l’écri­ture se ter­mine sur le pla­teau. Quand vous écou­tez la scène pour la pre­mière fois, il faut pou­voir ré­pa­rer très vite le truc qui ne va pas. Je di­rai que c’est à peu près dix-huit mois de tra­vail de scé­na­rio avant de pou­voir en­trer en fa­bri­ca­tion. » Oli­vier Na­kache : « On a sui­vi des bri­gades de ser­veur, on a été dans des ma­riages pen­dant la phase d’écri­ture, on a été au contact. Dans une cui­sine, il y a des termes qu’on ne peut pas in­ven­ter. Et on cherche des anec­dotes, des ga­lères, comme le trai­teur et ses feuille­tés au fro­mage, ou le pho­to­graphe dépassé par les smart­phones. On prend la réa­li­té et on in­vente au­tour. » Eric To­le­da­no : « Ce qui est bien avec la fic­tion, c’est qu’on n’est comp­table de rien vis-à-vis de la réa­li­té. Quand vous avez une su­per-ins­pi­ra­tion, ça peut prendre un an. Mais en moyenne, on n’a ja­mais réus­si à faire moins d’un an et de­mi. On a fait six films en quinze ans, en moyenne un tous les trois ans ; il n’y a qu’une seule fois où on a fait deux de suite, parce qu’on n’ar­ri­vait pas à faire des films et qu’on en avait écrit deux d’avance (sou­rire ). »

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