Com­man­dant Gi­bier : « Prendre réel­le­ment conscience des risque s»

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Golfe De Saint-tropez -

Com­man­dant de l’Es­ca­dron Dé­par­te­men­tal de Sé­cu­ri­té Rou­tière (EDSR) ba­sé à La Va­lette, Sé­bas­tien Gi­bier re­con­naît la spé­ci­fi­ci­té du Golfe où il était pré­sent en­core la se­maine der­nière pour une cam­pagne de pré­ven­tion de la route. Après la sé­rie d’ac­ci­dents dra­ma­tiques en deux-roues qui touche le Golfe, ce spé­cia­liste ré­pond à nos ques­tions.

Six morts dans le Golfe de­puis trois mois. Etes­vous sur­pris ?

Hé­las pas vrai­ment. Le Golfe de Saint-Tro­pez est un sec­teur aty­pique où se conjuguent les conduites à risque, la vi­tesse ex­ces­sive, par­fois sous l’em­prise de stu­pé­fiant ou d’al­cool, et une cir­cu­la­tion dé­cu­plée. Un cock­tail ex­plo­sif qui se vé­ri­fie mal­heu­reu­se­ment dans ces chiffres.

Quel est le bi­lan du pre­mier se­mestre ?

On est ap­proxi­ma­ti­ve­ment à % d’ac­ci­dents cor­po­rels de la route en deux-roues, alors que l’on s’alarme dé­jà à %. Com­pa­ra­ti­ve­ment, on est à % au ni­veau dé­par­te­men­tal. De plus, la pro­por­tion d’ac­ci­dent aug­mente ver­ti­gi­neu­se­ment : dé­jà % dé­but juin. Et pa­ra­doxa­le­ment, alors que les ha­bi­tants connaissent les risques, ce sont bien eux qui sont im­pli­qués dans ces ac­ci­dents et non les tou­ristes. Quelle est la so­lu­tion ? Conti­nuer à tra­vailler sur trois axes : la pré­ven­tion, la ré­pres­sion et la com­mu­ni­ca­tion, un tryp­tique in­dis­so­ciable. En amont, nous in­ter­ve­nons dès l’école mais aus­si dans les en­tre­prises . En aval, nous sanc­tion­nons les contre­ve­nants pour leur faire pas­ser l’en­vie de re­com­men­cer.

La pré­ven­tion seule, est-ce suf­fi­sant ?

Non. La balle est avant tout dans le camp des usa­gers. Près de la to­ta­li­té des ac­ci­dents sont le ré­sul­tat de com­por­te­ments à risque ou d’une mau­vaise an­ti­ci­pa­tion. Je rap­pelle no­tam­ment qu’en cas d’ar­rêt de la cir­cu­la­tion, la vi­tesse des deux-roues doit être adap­tée. On ne peut pas re­mon­ter la file à vi­tesse ex­ces­sive, sans te­nir compte des sor­ties de lo­tis­se­ments, des car­re­fours. On par­tage la route. A bord d’un deux­roues, ça ne par­donne pas : la seule chose qui pro­tège c’est un équi­pe­ment vrai­ment adap­té. Tout le corps doit être pro­té­gé. Quand on va sau­ter en pa­ra­chute, on at­tache bien son pa­ra­chute.

Al­lez-vous ren­for­cer les moyens dans le Golfe ?

notre pré­sence dans le Golfe. Les usa­gers de la route doivent s’at­tendre à beau­coup de contrôles par­tout et à toute heure : aux sor­ties de plages, de boites de nuit mais aus­si de re­pas de fa­mille ou de res­tau­rant. Le but de la ma­noeuvre est que tout le monde rentre en­tier.

Mal­gré vos ef­forts, la si­tua­tion n’est-elle pas dé­cou­ra­geante ?

Non, si­non on chan­ge­rait de mé­tier. Chaque an­née, on re­met du coeur à l’ou­vrage. On se fixe des ob­jec­tifs et on se donne les moyens de réus­sir. Nous ne re­lâ­chons pas nos ef­forts. Une vie épar­gnée c’est dé­jà une vic­toire.

(Pho­to E.M.)

Sé­bas­tien Gi­bier, com­man­dant de l’EDSR.

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