La sé­cu­ri­té rou­tière dans le Golfe, un pro­blème ré­cur­rent

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Golfe De Saint-tropez -

Conscients de la gra­vi­té de la si­tua­tion, les ser­vices de gen­dar­me­rie mul­ti­plient les cam­pagnes de pré­ven­tion ci­blées sur les deux-roues. En  dé­jà, le ca­pi­taine Phi­lippe Mau­ri de la bri­gade de Gas­sin, en avait fait son che­val de ba­taille : «Le com­por­te­ment des deux-roues dans le Golfe est très aty­pique. Je n’avais ja­mais consta­té ce­la dans mes pré­cé­dentes af­fec­ta­tions, même dans des sec­teurs très ur­ba­ni­sés»

, an­née noire ?

Mal­gré cette prise de conscience, les chiffres ne baissent pas ou trop peu : l’an­née  a été meilleure que  en terme de mor­ta­li­té en deux-roues ( au lieu de ). Mais  est sur une ter­rible pente as­cen­dante. Alors, quelles so­lu­tions pour stop­per cette hé­mor­ra­gie ? En plus des cam­pagnes or­ches­trées par les gen­dar­me­ries, les éta­blis­se­ments sco­laires se sont em­pa­rés du pro­blème, comme le Ly­cée du Golfe qui consacre une jour­née par an à sen­si­bi­li­ser les élèves de se­conde aux dan­gers de la route et no­tam­ment des deux-roues. L’an der­nier, le choc du crash test a lais­sé bouche-bée  élèves d’ha­bi­tude plus ex­pan­sifs. Mais est-ce suf­fi­sant ? Pro­ba­ble­ment pas au vu du nombre d’ac­ci­dents pro­vo­qués le plus sou­vent, il faut bien l’avouer, par une vi­tesse ex­ces­sive et par des re­mon­tées de file mal né­go­ciées qui pro­voquent des chocs fron­taux. Mais pour­quoi les routes du Golfe sont-elles si im­pac­tées ? Du fait d’un en­com­bre­ment maxi­mal qui in­cite les usa­gers à cir­cu­ler à deux­roues, en même temps qu’elle les in­cite à des prises de risque ex­ces­sives. L’autre grand pro­blème est « Un mé­lange d’usa­gers qui rend com­pli­qué le par­tage de la route : des tra­vailleurs pres­sés face aux tou­ristes non­cha­lants... et des voies qui né­ces­si­te­raient plus d’amé­na­ge­ments

», avait com­men­té le chef d’Es­ca­dron Mou­ra en dé­but d’an­née, au su­jet de l’ac­ci­den­to­lo­gie dans le sec­teur. Outre la res­pon­sa­bi­li­sa­tion des usa­gers de la route, cet of­fi­cier avait pour ob­jec­tif  une sen­si­bi­li­sa­tion des po­li­tiques en ma­tière d’amé­na­ge­ments à en­vi­sa­ger dans le sec­teur : «

Le Golfe est comme une ville de  ha­bi­tants qu ne bé­né­fi­cie­rait pas, ou peu, de trans­ports en com­mun. Le moindre dé­pla­ce­ment se fait en voi­ture, en mo­to ou à vé­lo. Il n’y a pas as­sez de pistes cy­clables, pas de bus la nuit et les VTC ou taxis re­pré­sentent un bud­get par­fois trop im­por­tant pour les usa­gers. De plus, les voies sont trop étroites, cer­taines manquent d’éclai­rage. D’autres né­ces­si­te­raient des sys­tèmes de ra­len­tis­se­ment et les points dan­ge­reux de­vraient être si­gna­lés plus clai­re­men t».

Le désen­cla­ve­ment, une ar­lé­sienne ?

Où en est-on six mois après? Ou même vingt - trente ans après, de­puis que l’on évoque le désen­gor­ge­ment du Golfe et ses voies de contour­ne­ment. Un dos­sier lourd qui pèse sur les épaules des po­li­tiques et qui se heurte à la réa­li­té : coût du pro­jet et fai­sa­bi­li­té. Avant les Ré­gio­nales de , en vi­site à Sainte-Maxime, Ch­ris­tian Es­tro­si, aux cô­tés de Vincent Mo­risse maire de Sainte-Maxime et pré­sident de l’in­ter­com­mu­na­li­té en avait fait un ar­gu­ment de cam­pagne. Il était ques­tion de l’ins­crire dans le contrat de plan -, sans pou­voir don­ner d’échéance, le tout étant condi­tion­né par le fi­nan­ce­ment. Pour­tant au­jourd’hui, la réa­li­té rat­trappe les cam­pagnes et les in­ten­tions : le pro­blème des ac­ci­dents de deux-roues doit de­ve­nir une prio­ri­té ab­so­lue.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.