As­somp­tion: Oli­vier Bru­na vers de nou­veaux cieux

Après onze « belles » an­nées pas­sées à la di­rec­tion du col­lège pri­vé de la route des Mines, il a dé­ci­dé de re­joindre ses proches dans les Al­pilles

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Golfe De Saint-tropez - RE­CUEILLI PAR S. CHAUDHARI

Il était loin d’ima­gi­ner re­ce­voir au­tant de mes­sages de re­mer­cie­ment des élèves, an­ciens ou ac­tuels, et des pa­rents... Et pour­tant, force est de consta­ter qu’Oli­vier Bru­na, le di­rec­teur du col­lège, croule lit­té­ra­le­ment sous les « tou­chants » pe­tits mots qui louent son tra­vail, son dé­voue­ment et sa per­son­na­li­té. Après plus de dix ans à la tête de l’éta­blis­se­ment (qui pos­sède une an­tenne à Sainte-Maxime) M. Bru­na, re­tourne dans les Al­pilles. Il se­ra rem­pla­cé à la ren­trée par Fré­dé­ric Couy, ac­tuel­le­ment di­rec­teur ad­joint du col­lège de l’As­somp­tion de Mont­pel­lier. In­ter­view.

Ce dé­part, c’est un choix ?

Oui. Un choix de vie, pai­sible car je pars en bons termes. J’ai dé­ci­dé de re­tour­ner au­près des miens. C’est im­por­tant d’être là pour ses proches.

Vous par­tez à la re­traite ?

Je dis à mon en­tou­rage que je pars à la re­traite mais en fait non. Je vais oc­cu­per un poste d’en­sei­gnant (je suis pro­fes­seur de bio­lo­gie). En tant que di­rec­teur, j’ai été ame­né à prendre des dé­ci­sions im­por­tantes tous les jours, constam­ment. Oc­cu­per des postes de plus en plus hauts ne m’in­té­resse pas. Au­jourd’hui, je veux prendre du temps, du re­cul, di­gé­rer le tra­vail de toutes ces an­nées. J’en ai be­soin pour com­prendre le monde. C’est une forme de “re­traite ” !

En onze ans, avez-vous consta­té des évo­lu­tions dans le monde de l’Édu­ca­tion ?

Nous sommes en pleine ré­vo­lu­tion ! On entre ef­fec­ti­ve­ment dans le XXIe siècle. Au­jourd’hui, l’ac­cès au sa­voir n’est plus ré­ser­vé à l’école. L’équipe édu­ca­tive doit main­te­nant mon­trer les voies d’une uti­li­sa­tion in­tel­li­gente des sa­voirs, construire des connais­sances et don­ner des ou­tils pour sa­voir si une in­fo, vue à la té­lé­vi­sion ou lue sur Fa­ce­book, est cré­dible ou non. Nous avons tou­jours cher­ché à faire réus­sir tous les jeunes : ceux qui ont quelques dif­fi­cul­tés, en es­sayant de les com­prendre. Une ma­man s’éver­tuait pour son fils à faire de très nom­breux sché­mas. Et puis, fi­na­le­ment, on s’est aper­çu qu’il avait une mé­moire au­di­tive et non vi­suelle… Ce­la a tout chan­gé. Ceux qui réus­sissent ne sont pas ou­bliés : on sou­haite qu’ils soient en­core meilleurs et ne s’en­nuient pas en classe. Le plus im­por­tant est de leur don­ner con­fiance en eux. Le monde est stres­sant et ce­la crée des in­cer­ti­tudes. Le cadre fa­mi­lial a chan­gé. Par ailleurs, nous vi­vons une époque ex­tra­or­di­naire à bien des égards : on le voit en po­li­tique avec ce pro­fond re­nou­vel­le­ment de ceux qui exercent des res­pon­sa­bi­li­tés po­li­tiques. J’aime bien ci­ter cette phrase de Sainte Ma­rie Eu­gé­nie qui est un peu notre mis­sion : « Pré­pa­rer un en­fant à tous les de­voirs de la vie, le faire sor­tir de la ci­té de l’égoïsme pour le faire en­trer dans la ci­té du dé­voue­ment ». Bref, mon­trer qu’il y a un monde en de­hors de soi.

Avez-vous été confron­té à des pro­jets dif­fi­ciles ?

Oui, la ré­no­va­tion de notre col­lège de Cogolin. C’était très au­da­cieux. On m’a dit : « Tu n’y ar­ri­ve­ras ja­mais ». Autre vic­toire, l’ou­ver­ture d’une troi­sième classe de e à la ren­trée. Mon pré­cé­des­seur se bat­tait dé­jà pour ce­la à l’époque. D’ici quatre ans, nous pas­se­rons de  à  classes. C’était de­ve­nu trop im­por­tant : nous avons re­çu  de­mandes d’ins­crip­tion.  se­ront ac­cep­tées et  clas­sées sur la liste d’at­tente, avec grands re­grets.

Que di­rez-vous à votre suc­ces­seur ?

Tu as beau­coup de chances de di­ri­ger cet éta­blis­se­ment. Il y a une équipe qui fonc­tionne bien. Prends en soin.

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