Les bou­gies pour Serge, du souffle chez Ron­di­ni

Cé­ré­mo­nie ré­jouis­sante dans l’ate­lier où Serge Ron­di­ni a cé­lé­bré ses 90 ans. La même lon­gé­vi­té que cette bou­tique fon­dée en 1927, au 18 rue Cle­men­ceau

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Saint-tropez - N. SA.

En pro­ve­nance de l’ate­lier, la sen­teur du cuir tra­vaillé flotte dans l’air mais c’est un par­fum de fête qui s’est dis­til­lé ce mer­cre­di, au coeur de la bou­tique tro­pé­zienne, rue Cle­men­ceau. Une ef­fer­ves­cence qui n’avait rien à voir avec la clien­tèle en quête d’une paire de san­dales si­gnée Ron­di­ni : Serge Ron­di­ni était de re­tour au nu­mé­ro 18, pour cé­lé­brer ses 90 ans par­mi les siens. Toutes les gé­né­ra­tions Ron­di­ni étaient là : Serge et Ro­se­line, Alain et Anne, Xa­vier, Clara et Pau­line. Ain­si que les em­ployés de la bou­tique, ra­vis de re­trou­ver le pa­triarche. Une date-an­ni­ver­saire qui va de pair avec les 90 ans de l’en­seigne créée en 1927 par Do­mi­nique, le père de Serge.

Un ate­lier res­té ar­ti­sa­nal

Au­jourd’hui, c’est Alain qui pré­side aux des­ti­nées de l’en­tre­prise fa­mi­liale. Même avec le dé­ve­lop­pe­ment de la marque, qui s’est struc­tu­rée peu à peu de­puis les an­nées 90, l’en­seigne a conser­vé cette touche ar­ti­sa­nale. Et tou­jours, cette « unique bou­tique. Comme on ne dis­tri­bue pas, on vou­lait gar­der l’es­prit d’un ate­lier-bou­tique. Et c’est ce qui plaît de plus en plus , se ré­jouit Alain. Si­non, il n’y au­rait plus guère de choses au­then­tiques dans le village, pointe-il. An­cré au nu­mé­ro 18, de­puis l’ori­gine, en 1927. L’étage a été ré­no­vé pen­dant l’hi­ver 2014 pour ga­gner un peu d’es­pace où évo­luent 8 à10 sa­la­riés en hi­ver. « Des gens que l’on a for­més, car il n’y a pas d’école pour ce­la », ra­conte Alain. Sou­vent des lo­caux « qui vou­laient plus vivre sim­ple­ment à la sai­son ». Loin de la mé­ca­ni­sa­tion dé­vo­rante, la patte hu­maine est en­core pri­mor­diale ici pour confec­tion­ner une paire : en­vi­ron 72 h contre 14 jours au­pa­ra­vant. Par pe­tites touches, la gamme s’est élar­gie comp­tant une qua­ran­taine de mo­dèles de­ve­nus in­tem­po­rels. Mais en ce 5 juillet, c’est Serge qui a toutes les at­ten­tions. Plu­sieurs ma­ga­zines sont là afin d’im­mor­ta­li­ser l’ins­tant et le frin­gant no­na­gé­naire joue le jeu avec dé­lec­ta­tion. « Alain, tu ne viens pas voir la ve­dette ?», lan­cet-il, es­piègle, à son fils. Pour la photo, il pose avec des san­dales en cours de fa­bri­ca­tion. Son fils le ta­quine aus­si­tôt : « tu sais en­core les mon­ter les san­dales, pa­pa ?» Ce der­nier ins­pecte mi­nu­tieu­se­ment le nou­veau mo­dèle et l’avis tombe, tran­ché : « le cuir est un peu dur...» Le duo s’at­telle à la tâche, com­plice et professionnel. Les bou­gies sont souf­flées, on peut trin­quer et Serge Ron­di­ni ne perd par le nord. « Pour les 100 ans, on fait quoi ? », lance-t-il à l’as­sem­blée sou­riante. « Ce se­ra d’abord mes 90 ans l’an­née pro­chaine », lui glisse son épouse, Ro­se­line.

(Pho­tos et So­phie Lou­vet)

Ro­se­line, Xa­vier et Alain Ron­di­ni réunis pour cé­lé­brer les  ans de Serge prêt à at­ta­quer le gâ­teau. Serge et Alain, père et fils, ob­servent et jaugent le nou­veau mo­dèle...

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