En­core un conseil mu­ni­ci­pal hou­leux

La réunion a tour­né au pu­gi­lat ver­bal une fois de plus. Entre le Dr Couve, très « de­sin­hi­bé » et le maire, mé­pri­sant, les trois heures de dé­bat ont été éprou­vantes

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Front Page -

Cette séance de juillet du conseil mu­ni­ci­pal a os­cil­lé jeu­di soir, entre gui­gno­lades et franche dis­pute. Tout y est pas­sé. Qua­li­fié de « né­vro­sé com­pul­sif » par JeanMi­chel Couve, le maire, JeanPierre Tu­ve­ri, n’a ces­sé de rap­pe­ler des man­que­ments de la mu­ni­ci­pa­li­té Couve. Quelques in­sultes pour notre titre sont aus­si sor­ties de sa bouche. Des sous-en­ten­dus dou­teux ont été lâ­chés sur la qua­li­té de « Tro­pé­zienne » de Ch­ris­tine Ha­mel et sa lé­gi­ti­mi­té en tant qu’élue. Des pro­pos désho­no­rants ont été lan­cés sur les re­marques de Mi­chel Mède con­cer­nant la sécurité sur la place des Lices (Il n’y a rien de plus mé­pri­sable que de sur­fer sur la peur des gens avec le risque de nuire à la re­nom­mée de Saint-Tropez), et sur celle de Pa­trick Gas­pa­ri­ni à pro­pos de Kauf­man&Broad (un ga­li­ma­tias dé­nué de sens). Tout le monde en a pris pour son grade, ve­nant du pre­mier ma­gis­trat.

«M.Ex» et « tête de gon­dole »

En face de lui, Jean-Mi­chel Couve, au­jourd’hui simple conseiller mu­ni­ci­pal, puis­qu’il a re­non­cé à la dé­pu­ta­tion au prin­temps der­nier, avait aus­si dé­ci­dé de « se lâ­cher ». Ar­ri­vé en re­tard mais avec l’air guille­ret, ne fai­sant pas cas des dé­bats dé­jà en­ta­més au­tour de la table, il s’est mis à dis­tri­buer à cha­cun un tract de contes­ta­tion de la politique mu­ni­ci­pale. Qua­li­fié « d’ex-dé­pu­té, ex-maire et dis­tri­bu­teur de tract » par Jean-Pierre Tu­ve­ri, qui n’a pas hé­si­té par ailleurs à lui glis­ser une pe­tite peau de ba­nane fiel­leuse : « C’est vrai que main­te­nant, vous avez le temps... Je vais vous ap­pe­ler M. l’Ex! ». « Oh oui, j’ai le temps ! » a ré­tor­qué Jean-Mi­chel Couve, tou­jours sou­riant et tout en conti­nuant sa dis­tri­bu­tion. Le ton était don­né et ce ne fut qu’un dé­but. Du­rant les trois heures du conseil on a eu les en­vo­lées scan­da­li­sées de J.-M. Couve : con­cer­nant la ca­pi­tai­ne­rie, confis­quée aux Tro­pé­ziens, et « tête de gon­dole »(1) pour les meubles Ri­va et la Roche-Bo­bois qui ornent le lounge. « Cette men­di­ci­té est in­digne pour les Tro­pé­ziens de tendre ain­si la main à des pri­vés. (...) La ca­pi­tai­ne­rie est un bâ­ti­ment pu­blic et n’a pas vo­ca­tion à être une salle d’ex­po­si­tion de meubles de marque.»

Le dé­ni du maire

Le fait que le maire roule dans une BMW pu­bli­ci­taire (pour la pro­mo­tion des vé­hi­cules élec­triques), l’a éga­le­ment ou­tré, mais aus­si que les en­fants de Saint-Tropez ne puissent pas al­ler jouer au golf à Gas­sin alors que le par­cours porte le nom de la ci­té. Que les an­ciens abat­toirs soient dé­vo­lus à un pri­vé (même si la Ville pour­ra jouir du rez-de-chaus­sée et du jar­din, une fois le tout ré­no­vé), l’a tout au­tant ré­vol­té, sans ou­blier l’af­faire Kauf­man & Broad, tou­jours pen­dante au tri­bu­nal pour la ques­tion in­dem­ni­taire. Car évi­dem­ment entre les noms d’oi­seaux et les pe­tites re­marques cruelles, les dos­siers im­por­tants ont néan­moins été abor­dés. Mais pas vrai­ment éclair­cis. Le maire a tout le temps bot­té en touche, pré­fé­rant l’in­vec­tive et le dé­ni­gre­ment de ses ad­ver­saires. L’af­faire Kauf­man et Broad no­tam­ment, dans la­quelle la Sa­gem s’ap­prête à de­man­der 54 mil­lions d’eu­ros à la com­mune en dé­dom­ma­ge­ment d’une conces­sion qui a été at­tri­buée à K&B lors d’une pro­cé­dure truf­fée d’illé­ga­li­tés, est ar­ri­vée dans le dé­bat à l’oc­ca­sion des ques­tions di­verses. Vé­rane Gué­rin, Pa­trick Gas­pa­ri­ni et Ma­rie-Ch­ris­tine Ha­mel ont de­man­dé des comptes au maire. Ce­lui-ci s’est vou­lu «droit dans ses bottes» et sur de son fait et de l’ave­nir. « J’ai tou­jours as­su­mé et j’as­su­me­rai mes actes. Je ne com­prends pas com­ment la Sa­gem peut se ré­jouir de l’ar­rêt de la cour d’Ap­pel de Lyon, puisque la nul­li­té de la conces­sion n’a pas été pro­non­cée. La cour a ren­du le même dé­li­bé­ré que le tri­bu­nal administratif de Tou­lon.» (NDLR : tout en confir­mant dé­fi­ni­ti­ve­ment les ir­ré­gu­la­ri­tés com­mises par la ville) a-t-il ré­pon­du à M. Ch­ris­tine Ha­mel qui s’in­quié­tait du fait que les Tro­pé­ziens al­laient as­su­mer les consé­quences fi­nan­cières de ce dos­sier.

Pour­quoi condam­ner la ville ?

Quant aux in­si­nua­tions de Pa­trick Gas­pa­ri­ni sur la bonne in­for­ma­tion dont avaient bé­né­fi­cié ou non les élus lors de leur prise de dé­ci­sion pour at­tri­buer la conces­sion(, JeanPierre Tu­ve­ri a fait un ré­ca­pi­tu­la­tif du dé­rou­le­ment de la pro­cé­dure, qua­li­fiant de « graves » les pro­pos du conseiller d’op­po­si­tion, qui sous-en­tend clai­re­ment qu’il y au­rait peut-être eu une dés­in­for­ma­tion vou­lue. Et de ré­ité­rer, sur une ques­tion de Vé­rane Gué­rin, quant aux seuls 100000 eu­ros de pro­vi­sions ef­fec­tués dans cette af­faire « sur le conseil de l’avo­cat de la Ville ». « Je ne vois pas ce qui au­to­rise à dire que la ville se­ra condam­née », a-t-il conclu. C’est vrai ça, on ne voit pas en ef­fet... P. PLEU 1.Tête de gon­dole : ex­tré­mi­té d’un rayon dans un­su­per­mar­chéoùon­met­les­pro­duitsd’ap­pel.

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