La nou­velle mai­son d’ar­rêt

A l’oc­ca­sion de la si­gna­ture d’une conven­tion des­ti­née à dé­ve­lop­per la bi­blio­thèque de la mai­son d’ar­rêt, la di­rec­tion avait or­ga­ni­sé une vi­site des lieux. Si tout n’est pas en­core prêt, les choses avancent à grands pas. Fo­cus

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Draguignan -

Face à l’im­po­sante sta­ture de la mai­son d’ar­rêt, la porte d’en­trée des vi­si­teurs pa­raît toute pe­tite. Une porte qui res­semble à toutes les autres. Ou presque. Le pas fran­chi, on dis­tingue un sys­tème de contrôles aux rayons X et un dé­tec­teur de mé­taux. Avant de vé­ri­ta­ble­ment en­trer dans l’en­ceinte de la pri­son, on pé­nètre par un sas de sécurité avec tour­ni­quets. « Ce­la nous per­met de comp­ta­bi­li­ser les en­trées et sor­ties », ex­plique un agent pé­ni­ten­tiaire. Le dis­po­si­tif n’est pas en­core com­plè­te­ment fonc­tion­nel. Les choses se mettent en place dou­ce­ment. Mais sû­re­ment. Les postes de gardes sont pro­gres­si­ve­ment in­ves­tis par du per­son­nel en te­nue. « Tout s’or­ga­nise petit à petit, lance Claire Dou­cet, di­rec­trice de la mai­son d’ar­rêt de Dra­gui­gnan. Il y a en­core quelques ré­glages, mais le gros de la struc­ture est fonc­tion­nel. Dès jan­vier, nous al­lons ac­cueillir les pre­miers dé­te­nus. Ils se­ront 300 à 320 d’ici mars. Nous al­lons dé­mar­rer dou­ce­ment. » La mai­son d’ar­rêt bé­né­fi­cie d’une ca­pa­ci­té d’ac­cueil de 744 places au to­tal. Elle ac­cueille­ra uni­que­ment des hommes ma­jeurs pour un temps de dé­ten­tion moyen de huit mois.

Porte d’en­trée des dé­te­nus

On prend la di­rec­tion du quar­tier des ar­ri­vants où sont re­çus les dé­te­nus dans un pre­mier temps. On tra­verse une grande cour. Un dra­peau de la Ré­pu­blique flotte, en­tou­ré par quelques oli­viers. Le sol est blanc. Les murs des bâ­ti­ments éga­le­ment. De quoi être lit­té­ra­le­ment ébloui, au sens pre­mier du terme. On ar­rive face à la porte de dé­ten­tion. « Pour nous, elle est sym­bo­lique, ex­plique Alexis Hat­tin­guais, di­rec­teur des ser­vices pé­ni­ten­tiaires (DSP) ad­joint dé­ta­ché no­tam­ment aux ques­tions so­cio­cul­tu­relles. Der­rière, c’est la zone de dé­ten­tion. On y ac­cède grâce à des badges de cou­leur. Seules quelques per­sonnes sont ha­bi­li­tées à fran­chir cette porte. » À l’in­té­rieur du pre­mier bâ­ti­ment, là en­core, c’est lu­mi­neux. Co­lo­ré avec ces murs peints en orange. « Nous sommes dans le quar­tier des ar­ri­vants. C’est ici que nous ap­pre­nons à connaître les nou­veaux ve­nus », pour­suit le DSP. Cô­té in­car­cé­ra­tion, les cel­lules de 8,50 m2 sont toutes iden­tiques. Murs blancs et oran­gés là aus­si. Un lit simple, un bu­reau, quelques éta­gères, une plaque de cuis­son élec­trique. Té­lé­vi­sion et ré­fri­gé­ra­teurs sont quant à eux dis­po­nibles en plus, en lo­ca­tion. Les dé­te­nus res­tent dans cette aile de 24 places pen­dant une pé­riode qui va de quatre à huit jours. « Ils passent une série d’en­tre­tiens in­di­vi­duels et col­lec­tifs. On leur pré­sente l’éta­blis­se­ment et son fonc­tion­ne­ment, le dis­po­si­tif de lec­ture, l’au­mô­ne­rie re­li­gieuse, les as­so­cia­tions d’aide aux dé­te­nus et les dif­fé­rentes ac­ti­vi­tés pro­po­sées. » Ce bâ­ti­ment hé­berge éga­le­ment l’uni­té de soin, les cui­sines et la buan­de­rie.

Trois bâ­ti­ments de dé­ten­tion

Di­rec­tion est en­suite prise vers les trois bâ­ti­ments où sont ins­tal­lés les dé­te­nus, après leur pas­sage au quar­tier des ar­ri­vants. On passe une grille de sécurité. Puis une nou­velle avec des grillages de près de 5 mètres de haut. Juste der­rière, des es­paces vides pour le mo­ment. « Nous en­vi­sa­geons de dé­ve­lop­per une formation es­paces verts pour que les dé­te­nus amé­nagent cette zone », pour­suit le DSP. Deux ter­rains de football syn­thé­tiques sont éga­le­ment ré­par­tis entre les trois bâ­ti­ments. On entre en­suite dans le quar­tier d’iso­le­ment, l’uni­té QI, com­po­sée de 15 cel­lules. « Les dé­te­nus y sont pla­cés sur dé­ci­sion de l’au­to­ri­té ad­mi­nis­tra­tive ou ju­di­ciaire com­pé­tente. Le ré­gime de dé­ten­tion est le même que pour les autres, ex­cep­tion faite qu’ils n’ont au­cun contact avec le reste de la po­pu­la­tion car­cé­rale. » Puis vient le quar­tier dis­ci­pli­naire et ses 10 cel­lules. « Ce quar­tier ac­cueille les dé­te­nus qui ont com­mis une faute dis­ci­pli­naire pré­vue dans le Code de pro­cé­dure pé­nale. La sanc­tion maxi­male est de 30 jours de cel­lule quand la faute est ac­com­pa­gnée ou sui­vie de vio­lence, no­tam­ment en cas d’agres­sion à l’en­contre d’un membre du per­son­nel, de tout in­ter­ve­nant ex­té­rieur ou d’une autre per­sonne dé­te­nue. » Les condi­tions de dé­ten­tions y sont plus sé­vères : sas de sécurité pour chaque cel­lule, lit fixé, toi­lettes en in­ox, pas de té­lé­vi­sion ni d’ac­ti­vi­tés. Seul le par­loir est au­to­ri­sé, une fois par se­maine. Le dé­te­nu bé­né­fi­cie d’une cour de pro­me­nade qu’il peut uti­li­ser seul. Pour y ac­cé­der, deux agents mu­nis de clés dif­fé­rentes sont né­ces­saires pour ouvrir la porte puis la grille d’ac­cès. Quant aux quar­tiers de dé­ten­tion, « ils ont été pen­sés avec un nou­veau pro­gramme. En cas­sant les an­ciens codes, no­tam­ment avec des cour­sives ou­vertes pour don­ner da­van­tage d’es­pace. Mais aus­si pour per­mettre aux per­son­nels d’avoir une vi­sion plus sé­cu­ri­sée sur plu­sieurs étages. Des puits de lu­mière ont éga­le­ment été ins­tal­lés. Les murs sont clairs. Il y a de la cou­leur. C’est une vraie vo­lon­té ar­chi­tec­tu­rale. » À l’is­sue de la vi­site, l’un des sur­veillants pé­ni­ten­tiaires lan­çait : « Vi­si­ter une pri­son de l’in­té­rieur per­met de cas­ser les codes et l’ima­gi­naire que l’on peut en avoir. » Sor­tis des quar­tiers de dé­ten­tion, les vi­si­teurs pou­vaient dif­fi­ci­le­ment le contre­dire. MATTHIEU BESCOND mbes­cond@ni­ce­ma­tin.fr

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