PRÉ­SEN­TA­TION DES RE­CRUES «J’ai vrai­ment faim»

Très at­ta­ché à sa Dor­dogne, le troi­sième ligne Jean Mon­ri­bot s’est éloi­gné de sa ré­gion pour re­le­ver de nou­veaux dé­fis. Avec hu­mi­li­té, mais sûr de ses forces

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Sports -

Il n’est pas le plus connu des pe­tits nou­veaux du RCT, qui se sont re­trou­vés avec les jeunes, lun­di der­nier, pour une re­prise an­ti­ci­pée. Peu im­porte. Du haut de sa grande car­casse, Jean Mon­ri­bot se trim­balle au centre d’en­traî­ne­ment de Berg avec un large sou­rire. Franc. « Bon, on a at­ta­qué très fort la pré­pa­ra­tion phy­sique avec Thi­bault (Gi­roud, le nou­veau pré­pa­ra­teur phy­sique), glisse-t-il, alors ça pique un peu, d’au­tant qu’il fait très très chaud. Mais on re­trouve le bal­lon, il fait beau... Ce n’est que du plai­sir pour l’ins­tant. » Le pla­cide troi­sième ligne a aus­si trou­vé une pe­tite mai­son sur les hau­teurs de Hyères, où il s’est ins­tal­lé avec sa com­pagne et son bé­bé de quatre mois. Au calme. His­toire de re­créer ce pe­tit co­con dont il a tant be­soin. « Je suis vrai­ment quel­qu’un de très fa­mille ,té­moigne-t-il. Çaa tou­jours été im­por­tant pour moi de res­ter proche de mon pays, de ma ré­gion. Là je m’isole un peu, mais avec ma pe­tite fa­mille avec moi, quand même. » Son pays, sa ré­gion. La­linde, en Dor­dogne. Jusque-là, le jeune homme ne s’en était ja­mais trop éloi­gné. Pas­sant d’abord douze ans à Agen, puis quatre un peu plus au sud, à Bayonne. Quitte à re­fu­ser quelques offres plus hup­pées. « J’ai par­fois été contac­té par des clubs qui évo­luaient à un meilleur ni­veau, confirme-t-il. Mais je ne le re­grette pas du tout, même si ça a pu être dur psy­cho­lo­gi­que­ment parce qu’on se bat­tait tou­jours pour le main­tien. » Et puis il y a quelques mois, as­sez tôt dans la sai­son, Jean Mon­ri­bot re­çoit un ap­pel de Tou­lon. L’autre sud. « Par­tir si loin de la base, c’était com­pli­qué pour moi, re­prend-il. Peut-être que je n’étais pas prêt avant. Mais j’ai fait un bon bout de che­min, main­te­nant. Et je crois que c’était le bon mo­ment. » En oc­tobre, le gar­çon au­ra 30 ans. L’âge de la ma­tu­ri­té. «Je prends un peu plus de re­cul sur les choses. Je sais ce que je vaux, j’ai en­vie d’ap­prendre énor­mé­ment, de voir une autre fa­çon de tra­vailler. Pour moi, tout ça est en­ri­chis­sant. Je suis ra­vi de me lan­cer dans cette aven­ture. J’ai sai­si cette op­por­tu­ni­té, c’est une chance pour moi. J’ar­rive par la pe­tite porte, je ne suis pas in­ter­na­tio­nal, com­pa­ré à 80 % de l’ef­fec­tif. Mais je me suis fixé des ob­jec­tifs. Et j’ai vrai­ment faim. » Il a retrouvé, aus­si, la pleine pos­ses­sion de ses moyens, psy­cho­lo­giques et phy­siques, après une mise au re­pos for­cé que ré­cla­mait son corps. « J’avais fait deux com­mo­tions l’an der­nier, ra­conte-t-il. De­puis 18 ans, je suis sur le cir­cuit pro­fes­sion­nel, j’évolue à un poste où on s’en­gage énor­mé­ment, et j’ai pris pas mal de ‘‘pèt’s’’. Très vite, on a été en der­nière po­si­tion, avec Bayonne, et on a donc dé­ci­dé de me mettre trois mois à l’arrêt com­plet, pour que je ré­cu­père comme il faut. » Ja­mais, de toute sa car­rière, Jean Mon­ri­bot n’avait eu au­tant de re­pos. « Mais je pense que c’était une bonne dé­ci­sion. Parce qu’au­jourd’hui, tout ça, c’est du pas­sé. Je suis tout neuf. » Prêt à af­fron­ter l’énorme concur­rence in­terne en troi­sième ligne ? « Ça va me ti­rer vers le haut , as­sure-t-il. J’ai en­vie de me confron­ter à ce qui se fait de mieux, et puis j’ai tou­jours été un gros bos­seur. Il va fal­loir que je me serve de l’ex­pé­rience de tous les joueurs qui sont à cô­té de moi, et puis tra­vailler, tra­vailler, tra­vailler. Parce que le tra­vail, ça paye. J’ai très en­vie d’ap­por­ter à cette équipe. Je fe­rai le maxi­mum. Je ne lâ­che­rai rien. » Et ce n’est pas le bouillant Mayol qui de­vrait in­hi­ber le Pé­ri­gour­din... «Il me tarde de connaître ce stade ! lâche-t-il dans un grand sou­rire. Je pense que Bayonne et Tou­lon sont deux clubs qui se ressemblent au ni­veau de la fer­veur. Quand je suis par­ti d’Agen, il me tar­dait de connaître Jean-Dau­ger. La peña. Là, j’ai hâte de vivre l’ar­ri­vée des joueurs, le Pi­lou-Pi­lou... Toute cette am­biance et cette proxi­mi­té qu’il y a entre les gens et les joueurs. Je trouve ça gé­nial de par­ta­ger cette pas­sion. » Avant d’al­ler re­trou­ver sa pe­tite fa­mille, à Hyères, dans son nou­veau chez lui. Au calme le plus com­plet.

Textes : Fan­ny ROCA Pho­to : Pa­trick Blan­chard

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