Nou­velle ca­pi­tai­ne­rie : l’op­po­si­tion scan­da­li­sée

Lors du der­nier conseil mu­ni­ci­pal, les di­vers membres des op­po­si­tions ont fait sa­voir com­bien ils trou­vaient anor­mal que le bâ­ti­ment pu­blic, soit en par­tie qua­si­ment pri­va­ti­sé

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Saint-Tropez - P. PLEU

On l’a dit, le conseil de jeu­di der­nier fut ex­plo­sif à bien des égards. Avec un maire, jean-Pierre Tu­ve­ri sur la dé­fen­sive en per­ma­nence, pré­fé­rence ma­nier l’hu­mi­lia­tion ver­bale à de vraies ex­pli­ca­tions de­man­dées par les membres des di­verses op­po­si­tions. Par­mi les dos­siers « chauds » de la soi­rée, la ca­pi­tai­ne­rie et son lounge grand luxe, qui pour­tant n’était pas par­ti­cu­liè­re­ment à l’ordre du jour, fut cer­tai­ne­ment l’un des points d’ac­cro­chage les plus sé­rieux. D’en­trée de jeu, c’est Vé­rane Gué­rin qui a po­sé la pre­mière ques­tion res­tée sans ré­ponse. Dans la liste des dé­ci­sions prises par le maire (c’est-à-dire juste une in­for­ma­tion pour les élus de ce que le pre­mier ma­gis­trat a sou­ve­rai­ne­ment dé­ci­dé), la n°237 fait état des ta­rifs d’uti­li­sa­tion de la ca­pi­tai­ne­rie.

Ta­rifs ac­tés sans vote du conseil

L’op­po­sante a donc lé­gi­ti­me­ment de­man­dé pour­quoi, à l’ins­tar des autres ta­rifs mu­ni­ci­paux, ceux-ci n’avaient pas été sou­mis préa­la­ble­ment au vote des élus. «Ily en a plus de 300. Ça n’était pas pos­sible. Ils sont à votre dis­po­si­tion au­près de la di­rec­tion gé­né­rale. » Et Vé­rane Gué­rin de de­man­der alors si, concer­nant le port, il n’y avait pas be­soin de va­li­da­tion en conseil, s’il re­le­vait de condi­tions spé­ciales. Et le maire de ré­pondre que les ta­rifs avaient été va­li­dés... « Nous n’avons rien à ca­cher.» s’est-il éner­vé. On n’en sau­ra pas plus. Fin du pre­mier acte.

Plus de 50 000 eu­ros de dons

La ca­pi­tai­ne­rie est re­ve­nue à l’ordre du jour à l’oc­ca­sion de la dé­ci­sion mo­di­fi­ca­tive n°2 du bud­get du port. On y note 50 540 eu­ros de dons au lounge club de la ca­pi­tai­ne­rie. Après une en­vo­lée ver­bale du Dr Couve, scan­da­li­sé par le fait de faire ap­pels à des dons comme une main ten­due à la men­di­ci­té des pri­vés de luxe, Vé­rane Gué­rin s’est in­ter­ro­gée sur la lé­gi­ti­mi­té de ces dons : « On est au de­là des 25000 eu­ros qui de­mandent un ap­pel d’offres. » Jean-Pierre Tu­ve­ri, s’est em­por­té en jus­ti­fiant que les tra­vaux de la ca­pi­tai­ne­rie avaient été réa­li­sés sans em­prunt et sur les re­cettes du port. « En­core heu­reux, a glis­sé Marie-Paule Pé­lé­pol, les Tro­pé­ziens n’y ont pas ac­cès ! » Une ré­flexion bien­tôt sui­vie par une autre de Marie-Ch­ris­tine Ha­mel : « Cet es­pace pu­blic leur est confis­qué ». « En vi­si­tant les lieux, j’ai vu un amé­na­ge­ment du bar es­tam­pillé «Ri­va». On est vi­si­ble­ment dans une scé­na­ri­sa­tion de la marque. Est-ce que la com­mune doit être le por­te­dra­peau d’une marque ? On est dans quelque chose qui n’est pas clair et qui laisse pen­ser à du fa­vo­ri­tisme.» a en­core ren­ché­ri Vé­rane Gué­rin. Et le pre­mier ma­gis­trat de sou­li­gner alors que les meubles ne sont là qu’en ex­po­si­tion et peuvent être re­pris à tous moments. D’où la re­marque du Dr Couve, par­lant du lounge comme d’une « tête de gon­dole » d’ex­po­si­tion des meubles, comme dans une grande sur­face.

Le fan­tôme de Car­lo Ri­va à la res­cousse

Au­tant de cri­tiques qui ont fait bon­dir Jean-Pierre Tu­ve­ri qui a rap­pe­lé que Car­lo Ri­va , créa­teur de la cé­lèbre marque de ba­teau, avait contri­bué au dé­ve­lop­pe­ment pas­sé du port de Saint-Tro­pez. (Ce qui, soit dit en pas­sant, n’a pas beau­coup de rap­port avec le fait de ré­ser­ver la ca­pi­tai­ne­rie à de riches clients, mais bon, au point où on en était de la dis­cus­sion, pour­quoi pas faire ap­pel au fan­tôme du grand homme ita­lien, hein?). « Quels que soient vos ar­gu­ments, la ca­pi­tai­ne­rie est un bâ­ti­ment pu­blic qui n’a pas vo­ca­tion à être une salle d‘ex­po­si­tion de marques », a conclu Jean-Mi­chel Couve. Fin du deuxième acte.

2000 eu­ros le ti­cket d’en­trée

Au­tant dire que l’ac­cès très res­treint au luxueux es­pace de ré­cep­tion du pre­mier étage de la nou­velle ca­pi­tai­ne­rie ne fait pas l’una­ni­mi­té. Par­mi les re­marques cer­tains se sont en­core of­fus­qué que seuls cer­tains pro­fes­sion­nels de la res­tau­ra­tion soient ha­bi­li­tés y tra­vailler au dé­tri­ment de tous les autres. En fin de réu­nion, au cha­pitre des ques­tions di­verses, les ta­rifs de lo­ca­tion de l’es­pace ont été dé­voi­lés : 500 eu­ros pour la salle de réu­nion, 6500 eu­ros pour l’es­pace pri­vi­lège avec hô­tesse et agent de sé­cu­ri­té, 3000 eu­ros en basse sai­son, 5 000 eu­ros pour un sé­mi­naire, avec une cau­tion de 10000 eu­ros. À no­ter que le « ti­cket » d’en­trée (abon­ne­ment) du lounge, est à 2000 eu­ros. Bref, on n’ira pas pro­fi­ter de la vue tous les jours, ni y boire un ca­fé. Ma­nants s’abs­te­nir...

(Photo D. R.)

Aux cou­leurs Ri­va, la ter­rasse du lounge de la ca­pi­tai­ne­rie. Un en­droit très « ré­ser­vé ».

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